‹ La France en alarmeChapitre 64 sur 79 · LES LIAISONS DANGEREUSES · texte numérisé non relu

LES LIAISONS DANGEREUSES

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Je déchet. un peu de son sens le titre du célèbre ou- 5 vrage de Laclos pour l’ appliquer à à ces liaisons historiques entre hommes et femmes de’ lettres qui constituent, à.

mon avis, le piège le plus dangereux de la gloire senti- mentale et partagée. Il y a quelques années M. Paul Mariéton, muni de documents nouveaux, nous avait conté.

D histoire amoureuse de George Sand et d’Alfred de Mus- + set. Plus récemment, M. Charles Maurras, utilisant, avec une rare finesse, des pièces désormais connues etincon- , testables, vient de tirer de cette équipée. vénitienne et romantique toutes les conclusions psychologiques qu elle comporte, Je ne me permettrai d'ajouter que quelques mots d'une portée d'ailleurs générale.

Ce qu’il y eut de plus frappant dans le romantisme, ce

fut le manque absolu de sincérité. Les meilleurs de cette se pléiade, dont nous admirons justement la puissance. Ter trice et visionnaire, ne pires jamais se résigner à accepter la vie telle qu’elle est, avec ses servitudes et ses grandeurs. Ils Considérèrent comme préjugés ce qui n’est que force traditionnelle. Le bon sens leur parut odieux, la règle insupportable, Le mot de « génie », donton abusa, devint synonyme Décor ute On crut que le lyrisme consistait à admirer et à produire des Dre, ë

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leva de S hommes celte incessante parade du. Moi.

grès ho: une jme Énétique et véndnbte, ne nine que absout, d'un grand nt les cha

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wi: mérite d’avoir inventé la figure du poète qui. : destin dans Ja bourrasque. Il connut aussi l'amour ( ni Fe nos el nos cœurs! + - dans

douilles ut idtes que suivit un mauvais i oune +

2 phlet. Byron, jadis adulé et encensé, trésor incomparable

. Glenarvon, un personnage atroce et blafard, une désillusion de tous les instants. ‘Remarquons en passant que 18

. du ciel, de la terre et des eaux, devint sous les traits de

à -torene seuouée dope per OR sur l'autel de la com- “

plus ra ue Vers cette cit des passions ru

que en et Alfred de Le Spsileë TS

ue premières années à défunt Hs dé rentrer ae rRogTeS du jeu, de se désespérer au sein. de da grande

surtout, selon le rite des parfaits amants qui se jettent sur leur papier et leur encrier dès qu ‘ils ont eu une pets alerte. On se fâche à l'ode et au sonnet, on se raccommode au grattoir. C'est en vérité une rude besogne que de.

mener de front, dans un même couple, le métier lité. raire et le délire du cœur, l'abandon Hbc et l’'auto- is

biographie, les pages et les baisers.

et en vers, de OL et de trois on se ni de

Songez que Benjamin Constant -même, le subtil Se U le raisonnable, y fut pris. Il nous a laissé dans l’Ellénore

d’Adolphe un portrait composite de Mme de Charrière, < de Mme de Staël et de Mme Récamier ; mais ce fut lase- conde qui tint sa vie sentimentale, tant par son ascendant moral que par son charme irrésistible. Dans cette

aventure de Coppet et de Weimar, car il la suivit en exil,

ça n’alla pas non plus tout seul, si l’on en croit Tone témoignage du bon Sismondi, Us le spectacle de leurs querelles et de leurs réconciliations épouvantait et émerveillait. Adolphe et Corinne étaient deux virtuoses avides

chacun d’influencer l’autre et de conserver sa propre in- CR dépendance. Les discussions, d’abord politiques et philo- es sophiques, dégénéraient en disputes véhémentes. Danse

l'aubaine de réviser un principe. Ce Paolo et cette Fran-

cesca se disputaient sur 1e même livre ets Achoraen à à

lire plus avant.

Gette liaison de Mme de Staël et de Benne Constante

les éclairs des regards croisés, chacun entrevoyait une métaphore immortelle, dans les arguments entrechoqués

rappelle par plus d’un point celle de Mme Sand et d'A

fred de Musset. L’analogie est surtout curieuse entre les

protagonistes féminins. Toutes deux avaient une sûreté

d’allures, une flamme inextinguible, un art de magnifier pr

le réel et d’entrecroiser les intrigues qui, sensuellement, sentimentalement et historiquement, les rapprochent.

Pendant que Benjamin Constant se bourrelait de re-. mords et de scrupules à l’occasion de sa trente- sixième dE rupture, la belle ennemie Je Noos écrivait, sans

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l'Itali es admirer che ble 1 s vestiges d'un d peuple... ce serait le bonheur pour moi... » Dans . lettre datée de the adressée au même, elle

H mr D Benjamin: Heureux Alfred is connurent ca

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à la ro extrémité “e son âge 4 se méfia des dames trop +. 1e: s et il est amusant delire les conseils de tech-

raire et HAE al aide ne il calme

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a qu’ on évite les tracas de Flaubert qui faisait la. grosse voix et se comportait, le pauvre grand homme, en petit garçon. es U Il faut lire dans les unie de Voie: de M. Chasles . Maurras, les chapitres intitalés : la Culture d'unscru pule, Musset expie, Musset répare. Il semble à peu près Fe … certain aujourd'hui que le poète des Nuits connut, danses ne nuit de here par une tasse de thé, un. miroir etun d. e

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‘Manfred.

illustres exemples. En tête de ces lignes, Fhi écrit :

hu voyageur fut da. ar celui 1 Le connaissait bien, un I

jusqu’ aux ER jours de ête ï mal gardé : « D'autres maitresses di M. Charles Maurras — ‘eurent par la suite 4 nt détours inévitables. Un trait farouche À ir $ visage, et sur son cœur des plis amers. que: rien ne défit De décadence en décadence, il connut, par le trouble de la pensée et la décomposition de la volonté, une sorte de mort vivante. Le. poison de Venise Jui. remonta aux lèvres jusqu a la np: + en ne Le poison de Venise... et celui surtout du romantisme | Cette grande école d’insincérité amenait ses disciplés aux pires douleurs quand elle ne les usait point dans aidés chéance. Car il vient toujours un moment où l'être in dupe et victime de son attitude, où son rôle colle à sa chair et le brûle, C'est avec l'étoupe de Jocrisse qu est faite la tunique de Nessus. Byron, qui brüla le COrPS, de Sels sur la plage de l’histoire, avec la pompe que l'on : sait, mourut lui- -même brûlé par sa figure héroïque . de Missolonghi. Magnificence, oubli de soi-même, direzvous. Hélas! surtout dégoût de soi- même pour s'être ‘trop regardé dans son miroir. Suicide à forme généreuse et classique qui nous laisse inquiet sur l intention vraie de sauver la Grèce ou de PARURE l'auteur de Don ue de ?

C’est une étrange mélancolie qui Fondé sur nous de. ce

liaisons dangereuses. N'eurent- elles pas le défaut, en effet, ces géniales essayeuses d'hommes de génie, d'exas pérer, par leur contact et le désir d'augmenter léurs con naissances, des sensibilités déjà trop vives? Elles furent pour la lignée littéraire, ce que. l'illicite est pour la : race. Elles poussèrent au paroxysme ce don. d'analyse et dé à tourment qu'il eût fallu plutôt apaiser. pes. tendres ou voluptueuses elles. superposèrent les ima €

violentes que charrigient leur propre PRRssR leur ] propr

| Staël, ces couples traversent bot “de mutuels reproches. Ils

11 destinées, us men- .

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