‹ La France en alarmeChapitre 71 sur 79 · FRÉDÉRIC MISTRAL · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC MISTRAL

À { Fa À “ À \ à 0

Je conéidère Frédéric Mistral, et £ es. je crois, l'avis. de tous, comme la gloire la plus pure de notre temps. Je considère Frédéric, Mistral, et nous sommes quelques-uns de cet avis, comme le plus grand poète. lyrique du dix-neuvième siècle français. Il est pour notre pays ce que Gœthe et Wagner sont pour l'Allemagne moderne, ce que Byron et Tennyson sont pour à terre, ce que déjà Lamartine fut chez nous. À Mistral est surtout un lyrique, en ce sens qu’il est. . contraire, j'allais dire lantidote d’un romantique. Alors À que le poète romantique, si grand qu'il soit, si tonitruant, si fameux, assembleur de nuées verbales où bruït le ci R quetis des métaphores, ne nous apparaît jamais que comme une individualité exaspérée, une sibylie du moi, à un Tyrtée révolutionnaire, alors qu'il nous saisit en. nous rebutant et nous ravit par la stupeur, le poète 1y- È rique nous tend, d’un geste harmonieux, la pleine cor-. ‘beiïlle de la tradition et de la légende. Il est chargé de la. race, soutenu, rythmé, guidé par elle. En lui chante Ja voix des ancêtres, sans intervention de clameurs in dignes ni de méprisables applaudissements. ju n'a rien d’un tribun, ni d’un virtuose. HART James un lyrique comme Mistral ne chercha, dans la

à ca Souvent 1 Dieu des mauvaises gens. Il ne : le Diable par la main pour le mener voir le as ème du ue

,en ai pe autour de ée préserver la Sérénité, cette du be “nique qu semble avoir Le .

l l'infatuation de de la hi dé date | se du succès top prompt où se mêlent des- , la vie de Mistral est telle qu’ une route bacs . deson pays, où la poussière parait la cendre des ancêtres, : une route bordée de souvenirs grandioses, où rôde et 8 ’assied la légende dans une nature humanisée.

| Suivant un dicton fameux, Mistral peut dire à tout. | autre poète : «J'aime mon village plus que ton village, de

“a ar ss Lo plus ie ta nee j aime la France. +

charrue dans son Sion, re se ao “or: des véto dange eurs. et à la cueillette des olives. U a, comme fit Te ne Dante, recueilli dans l'usage et remis en valeur épique. à ces mots et locutions admirables, chargés de sens comme. de à + nm De de suc et que mécoñnaissent ie pre ou les. sta

et

+ à Es HE ie = La 3 LS

Hanoi que enserrent et un à danot connaissence instinctive de la langue d'oc. ; En Mistral, Comme en tout vrai lyrique, s Éntrolacen étroiterhent la culture et l'instinct. Il n’ignore rien du terme quil emploie, de ses origines, de ses métamorphoses, mais il l'emploie au moment juste, en place et dans son plein éclat. Les paysans et les guerriers, tee. amoureux, les rois, les héros qu'il nous montre parlent Le langage qui leur convient, dans Îa lumière qui leur sied, “et accomplissent une destinée touchante où tra gique conforme aux jeux profonds de leurs âmes. Rien. de discordant et de sournois. Mireille, Nerte, Calendal, da reine Jeanne, le prince d° Orange | sont et dembnrerontd ; ‘des types universels et précis, ces images éternelles de 4 la poésie où se rencontrent, pour notre joie, la splendeur de la fresque et le liséré de la miniature. nuire « Aussi vous ai-je dit que chez Mistral comme chez nul | autre, palpitaient conjointement la force et la finesse. Or, À comme il paraît excessif aux hommes d'accorder à la fois à un autre homme, füt-il génial, la force et. la finesse, à gloire du poète de Mireille a mis longtemps à mürir et he Mais ce hui elle : nous étonne par ses He 4 Ra PU | . ss à

nous autres ee Lars de la dan dé noel gende, de notre terroir, nous qui, bien qu ss

ceux qui nous vantent lintenaoee Th man tairerie vague, la logomachie suisso-belge cet to +0

À PR is rte

e ne tbnte et ae comme à \ tas | beauté intime a bee et ces paysans.

PE

Ê de regarder ont en arrière, au | pOUVOIr “ , qu'il mit au niveau de ses œuvres les plus me He qu à cette c œuvre si curieuse du musée d ATIeSX ee :

r MisUa He -même due je ville grecque et Sarraans un dec ces vieux ae PUR. et ne

out don toire de % vie eo maiionile, ie aux et les robes de fête, SRE les rouels

- na on à avec une | courte avance sur Ja postérité, | oi e mistralien, en ici. Le 200 de és et de

“es es retrouvons aussi cet amour. ra de ux lares, ce pieux paganisme qui, chez l’auteur d Îles d'or, ne su en aucune HAS à un catholicisme sans

Na

-Aité qu ils arrivent en quelque sorte au verbe par l'intui-

traient es paroles j joyeuses et prolongeuieut fa fantaisie fe,

ne es ré ce re à ému. =. À manise l'enthousiasme et.lui permet He la te par la causerie. roue

mais en id et: qui est à Hière 4 Asa k.

Ce n était Fe l’âge a “du re mais Q en

th là cette Pres ation cf cette ee ot * prodigieuse course d'idées dans la vie que nul contemporain n° a oubliée. ne et lui na se leur nes

par leréve.. ; ‘ Au début de ces in. j'évoquais. 1e grand n nom. de Ÿ

-Goœthe qui fut pour l'âme allemande ce que Mistral est k . pur l'âme. française. Car à la en etlharmonisa dans di

rismes de te que l' on songe encore > qube on à che ss ces lumineuses paroles de Mistral que nul Eckermann k un et docile n’a nie. PR enregistrées. Sur.

se rejoignent. Tous re béni SI orierseae à ne réa x

tion profonde de la vie, au lieu que le verbe s’ impose à ï <eux et les ee Tous deux ont le miracule ux. et, Pr

Nul n'aura Comme moi si haut AlMé. 2 002 La lumière des jours et la douceur des choses,

L'eau luisante et la terre où la vie a ee FRS 4 1 Se CE KA

RERNX

: mème vitrine,

ne ns dilérences que “les plus gr ands

CS

Em Anglais, est le plus beau livre de Pierre Loti. Les dons divers el si particuliers de l'écrivain de notre temps le plus sensible au monde extérieur sont ici portés . aunre Hnsne On est es dans ces rs à Fe ne .

n'avait ainsi « éprouvée » avant lui.

ie crois bien que ce one riet. DIE sa NS

elle, pär ce qu il tagonte. ce nie du départ a. Nu, et de la surprise nous révèle une Inde qe aucun ue

On a dit de l'auteur de Mon Frère Yoes ( et “4 Fan

tout à fait inexact $i l’on groupait et one AE . le trait et par la couleur, les paysages qu’il nous ressus cite, tels qu ‘ils dormaient dans son nn mémoir %

pensées graves. La un source, chez les lyrisme mélancolique est la constante image.

Fe fuite a des heures. Aussitôt

sont des. prédicateurs ar Ils ont à | leur M Hâte- toi, mais sie que tu es transitoire. Dr Is

io moi d' ntendre te endeie et de tes de |

h de Hu ne Ils nous enchantent : à su de: sé

z aucun comme nu Pierre Lots ue préoccupe nt fut souveraine. Il est hanté par la déesse noire

( “e tie ien : derrière | tout pèlerin et il semble ne : marcher -

é par uni fièvre funèbre. Les termes de ruiné, de d

à ses. ne Roue 1 exprime in angoisse se cr te et il Jo a tant de beauté, : la diversifié e avec un.

30 du a .

“Par son de ROUE ne sa. hâte à à se > préter à la nature, à remplir d’ émotions renouvelées son # émotivité, tonneau des Danaïdes qu’une admirable’ ar- . - deur dessèche presque aussitôt, par Son inquiétude, par : sa porosité, il a l'air d’un mystique en chemin, d'un FE veur mobile et insatiable, qui cherche la stabilité et L s permanence du divin à travers les ruines de l'histoire, les civilisations disparues et superposées. C'est l'Etoile

qu il invoque à travers tant d'étoiles. C est.le havre de :

grâce qu'il convoité, oui pe courut tant de DOER de

mer.

Cela’ est tellement vrai que ne cette Fr sans les. Anglais, après avoir traversé les temples rl :

les villes roses et blanches où la population meurt de À

nisme, bercent sa perpétuelle anxiété, aiguisée par un tel

faim dans les rues, les grottes, les jungles et les déserts, il aboutit à Bénarès, à la maison des sages et des théo- sophes qui lui parlent du bouddhisme et du brahma-

| voyage, de paroles: lentes, graves et douces à son cœur, car elles drapent de raisons l'Impénétrable. Après les : : danses rituelles des bayadères, elle lui plait, cette aus- LèrÉ) harmonie des vieilles idées cosmiques et philosophi- * ques, qui gravitent dans l'esprit de ces solitaires, trans

mises des us immémoriaux, telles a nee bn

js sœurs h Her ee re Ah ! ce silence ! Il est, avec Ja famine, le. caatif de ce

Page 1