‹ La France en AlgérieChapitre 11 sur 116 · Hanoleau et Lctourneux, loc. cit · texte numérisé non relu

Hanoleau et Lctourneux, loc. cit

le milieu. De loin on croirait voir un village de France; de près, on juge, d'abord, que Ton s'est trompé ; les choses et les gens sont trop malpropres. La pièce unique de la maison, qu'aucune fenêtre n'éclaire, se divise en deux compartiments : un pour les gens, l'autre pour les bêtes. La fumée de la cheminée doit chercher une issue par la porte ou à travers les (issures du toit. Est-il rien de plus primitif, de plus grossier? El cependant, quand il réfléchit, le voyageur songe que certains villages français de la région montagneuse du centre, «les Alpes ou des Pyrénées sont bien près de ressembler aux villages du Djurjura. Cette observation ei quelques autres nous ont vile amené à penser que le Kabyle était très éloigné de l'Arabe et très près de nous, du paysan français ; on retrouvera plus loin celte erreur1.

Le Kabyle est au moins aussi malpropre que l'Arabe : jamais il ne quitte ses vêlements; sa chemise est eu loques : sa tunique grise, rayée de noir — car il porte la tunique plutôt que le burnous, — couverte de lâches. Il couvre sa tète d'une calotte, rouge lorsque la crasse ne l'a pas noircie au point de lui donner l'aspect du cuir. A la différence de l'Arabe, le Kabyle n'a généralement qu'une femme; mais il divorce fréquemment; lorsqu'elle n'est pas aux champs, cette compagne doit, au logis, tisser des étoffes et préparer la nourriture. Celle-ci se compose d'un peu de viande, de lait aigre, de figues ordinaires et de figues de Barbarie, d'artichauts sauvages, de couscoussou fait avec un mélange de farine de glands et de farine d'orge, accommodé d'huile rance.

L'organisation politique des populations kabyles est essentiellement démocratique. L'unité politique est le village (taddert), qui a sa vie propre, son autonomie. Il nomme ses chefs, fait ou modifie ses lois (kanoun), s'adminislre luimême. Le pouvoir est aux mains de la Djemda, assemblée générale des citoyens. C'est elle qui choisit le chef du pouvoir municipal, YAmin. Lui-même s'adjoint quelques auxiliaires appelés t'emmans (au singulier (amen). Deux ou plusieurs villages, unis par certains liens d'affinité, d'intérêt, consti-

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