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CHAPITRE III

LA RELIGION MUSULMANE l

Les Berbères et les Arabes ont une môme religion. — C'est elle qui les unit. -Mahomet. — Le rôle qu'il s'est assigné. — Ce que l'on sait de lui. — Simplicité de la religion qu'il a donnée. — Ses emprunts au Judaïsme et au Christianisme. — Les cinq devoirs fondamentaux. — Comment Mahomet est le « sceau des prophètes ». — Le Koran; ses contradictions.

Les saints. — Le clergé séculier. — Les Marabouts. — Les Chourfa. — Les biens habbous. — Le Koran renferme des prescriptions religieuses et juridiques. — Prescriptions religieuses : la prière, le jeûne, le pèlerinage. — Prescriptions juridiques : législation civile et pénale. — La Sounah, seconde source du droit islamique. — Vidjma et le qiyas. — Les quatre grands lmam et leurs écoles. — Sidi Khelil et son Précis. — Toutes les questions de droit ont été prévues et tranchées par Mahomet et ses « compagnons ». "-Situation de la femme. — Le droit pénal.

^ fatalisme et l'immobilité. — Controverse sur la prédestination et le libre arbitre. — Les Motazelites . — La prédestination et la promotion deviennent la seule doctrine orthodoxe. — La loi de l'immuable. — Influence de la religion de Mahomet sur les populations qui l'ont embrassée.

^ie religieuse au xiv" siècle de l'Hégire. — Son activité. — Les congrégations religieuses; leurs principales règles. — Organisation d'une congréga- '°n : le cheikh, les khalifa, moqaddem et khouan. — Le dikr ou prière. — '•obéissance absolue. La ziara ou cotisation. — La direction; intelligence w* chefs. — Le fanatisme. — Paroles du Koran contre les infidèles.

. "U Croisade d'Àbd-el-Kader. — Les intrigues des Khouan.

4 France est entrée en Afrique dans le monde musulman. — Son étendue. "- Ses forces. — Le sultan de Constantinople et l'empereur du Maroc en raPl»ort avec les musulmans d'Algérie. — Intervention directe et intrigues frètes.

Décrire les populations de l'Algérie, leur genre de vie, lnsister sur le mélange des races, montrer vivant cote à côte,

}■ U Koran, traduction de Kasimirski, édition de la Baume. Maisonneuve, Mitcur, Paris. — Perron, l'Islamisme. Ernest Leroux, éditeur, Paris. — Rinn, Mabouls et Khouan. Jourdan, éditeur, Alger.

mais non confondus, des hommes d'origine différente, s( vent ennemis, toujours divisés, ce n'est point dire assez p( faire connaître avec tous leurs caractères les vaincus d« le pays desquels nos troupes, et derrière elles nos coloi viennent de s'établir.

L'Arabe, le Berbère « arabisé », n'ont le sentiment leur solidarité qu'à l'égard de la famille, du village, de tribu. Ils n'ont nullement conscience qu'habitant un mèi pays ils pourraient faire un même peuple. La nationali d'ailleurs, est chose de développement moderne; il n'est f surprenant que les populations du Maghreb qui, au xixe sièi de notre ère, vivent dans des formes et des moules qui ra pellent à la fois les temps bibliques et le moyen âge, soient pas parvenues à l'état de nationalité. Ce qui fait le force, leur caractéristique, ce qui les distingue nolammc des popi^ations de l'Inde, primitives elles aussi, mais tira lées entre mille superstitions et mille divinités, c'est qu'el sont toutes réunies dans une même foi, dans une môme rc gion. Ci la religion qui donne, à toutes les populations diverses du Maghreb central, la même langue, qui à cerlai jours peut- faire cesser les divisions et réunir les ennen de la veille dans un sentiment unanime, dans une acti commune. On a pu en juger déjà, dès les premières pa£ de ce livre, en lisant l'histoire de la conquête.

Etudions donc cette religion.

Lorsque, dans les premières années du vnc siècle de nol ère, Mahomet 1 proclama sa mission aux tribus au milieu d( quelles il vivait, les populations de l'Arabie suivaient div< cultes, parmi lesquels celui du soleil et des principaux astre quelques-unes étaient converties au christianisme ou judaïsme; plusieurs, mais non toutes, vénéraient la piei noire de la « Kaaba » de la Mekke. D'après la traditi musulmane qui a fait de la Mekke et de sa Kaaba le b< ceau de la religion des Arabes, ce sanctuaire avait été fon par le « prophète » Abraham; les statues ou images de tr<

1. Mahomet, dont le nom exact est Mohammed, né en 510 de notre i mort en 632.

cent soixante dieux ou idoles, parmi lesquels Jésus-Christ et Marie, y étaient réunies *.

Tous les détails de la vie de Mahomet, son caractère, les sentiments qui l'ont fait agir, qui expliquent son rôle n'ont pas encore été complètement pénétrés. Les savants ne cessent d'étudier; ils s'informent auprès des premiers personnages religieux lorsque, par un rare bonheur, ils peuvent visiter la Mekke dont le séjour est interdit aux non musulmans; ils rétablissent les textes des auteurs arabes, les traduisent, les contrôlent. Mahomet était un mystique, un halluciné, un politique, mais quelle est dans sa vie, dans son Livre, la part de l'halluciné, celle du politique? Il ne savait, croit-on, ni lire ni écrire; toutefois cet illettré n'était certainement pas un ignorant. Il était intelligent, il avait des connaissances sur la religion des juifs et celle des chrétiens; il devait posséder de mémoire les belles poésies dorô se nourrissait l'imagination arabe; il sut parler en poète à des hommes qui aimaient les paroles sonores et chatoyantes, que les récits, les mots entraînaient. Comme il approcL -il de l'Age de quarante ans, Mahomet parait avoir été possédé, halluciné, par l'idée d'un Dieu unique et de la vie futur.. Le Livre révélé, l'acharnement dans la propagande, la persévérance dans le but, la volonté de fonder, l'esprit politique avec ses habiletés et ses ruses découleraient ainsi d'une première hallucination, d'une première foi.

Mahomet n'inventa rien; ce ne fut ni un grand philosophe, i ni un grand penseur, mais il sut — et là fut sa plus grande science — adapter les règles et les principes de la religion nouvelle à l'esprit et aux mœurs des Arabes. L'idée de l'unité absolue de Dieu, dont il était pénétré, était un dogme simple, facile à comprendre pour des populations « simples »; on

1. La tradition musulmane veut que l'ange Gabriel ait apporté la a pierre noire » à Abraham et à son fils pendant qu'ils construisaient la Kaaba. — Aux yeux du voyageur la Kaaba est un simple oratoire de construction grossière, un carré fruste de vingt-cinq coudées de long sur vingt-cinq coudées de large, placé au milieu d'un grand espace entouré de galeries, mais pour Mahomet la Kaaba est exactement au-dessous du temple appelé Dourah. dans le ciel, et où des milliers d'anges vont chaque jour glorifier le Très-Haut. « Si le Dourah, a dit le prophète, venait à tomber sur la terre, il tomberait juste sur la Kaaba. •

6ô LA FRANCE EN ALGÉRIE.

pouvait, d'autre part, grouper toutes les tribus arabes autour de la Kaaba de la Mekke que plusieurs visitaient déjà. Enfin, Mahomet annonça qu'il venait continuer et terminer la chaîne des prophètes dont le premier est Adam et le dernier Jésus. Ce n'est pas lui qui parle; ce qu'il dit, ce n'est pas sa parole, mais celle de Dieu, et elle lui est portée par Fange Gabriel, qui vingt-quatre mille fois honora de sa visite le dernier envoyé de Dieu. La religion qu'il prêche est d'une grande simplicité : « En quoi consiste l'Islamisme? » demande l'ange à Mahomet; et celui-ci répond : « A professer qu'il n'y a qu'un seul Dieu et que je suis son envoyé, à observer strictement les heures de la prière, donner l'aumône, jeûner le mois de Ramadan et accomplir le pèlerinage de la Mekke si on a le pouvoir de le faire. »

La plupart des préceptes de la religion musulmane paraissent empruntés au judaïsme et au christianisme, de telle sorte que ces trois religions sont les trois branches d'un même tronc. Mahomet aurait pris aux Juifs l'idée de son Dieu unique, Dieu « un » qu'il oppose au Dieu « trinitairc » du christianisme (Père, Fils et Saint-Esprit), ses traditions, l'esprit de ses prières, la réprobation du culte des idoles, une partie de ses règlements relatifs au mariage, peut-être la polygamie que, cependant, les Arabes pratiquaient déjà et que, pour cette raison, il aurait plutôt réglée * ; il semble devoir aux chrétiens, en grande partie la croyance au jugement dernier, la rétribution selon les vertus,, le paradis1,

1. La polygamie des Juifs est précisément plus large que celle des musulmans, car ceux-ci ne doivent avoir que quatre épouses légitimes alors que ceux-là peuvent en prendre autant qu'ils veulent. « L'homme peut avoir plusieurs femmes en même temps, mais à la condition de pourvoir à leur nourriture et à leur entrelien. » Sautayra, Code rabbinique. Chalamel, éditeur, Paris.

2. Il convient de noter ici que les plaisirs promis par Mahomet à ses disciples dans le paradis n'ont point le caractère d'immoralité que l'on a souvent prétendu. Le plus grand bonheur que l'on y aura sera de voir Dieu. Toutefois, comme les hommes auxquels le prophète apportait une religion nouvelle étaient des esprits grossiers, il était nécessaire de parler à leurs sens; le paradis qui sera leur récompense est sensuel, mais il n'est ni vicieux ni immoral. Les versets suivants du Koran en témoignent : « L'amour du plaisir éblouit les mortels; les femmes, les enfants, les richesses, les chevaux superbes, les troupeaux, les campagnes, font les objets de leurs ardents désirs. Telles sont les jouissances de la vie mondaine. Mais l'asile que Dieu

l'enfer, la fraternité des croyants; enfin, il tiendrait des juifs et des chrétiens l'aumône et le jeune.

Les quatre devoirs fondamentaux auxquels les fidèles ne peuvent se soustraire, « les piliers » sont : l'acte de foi musulmane, la prière, le jeûne du Ramadan, le payement de ladime; un cinquième devoir, tout aussi d'obligation divine, mais dont certaines circonstances dispensent les fidèles, est le pèlerinage de la Mekke. La « Guerre sainte » ou, pour prendre le mot « al-Djihad » dans son sens le plus adouci, la « propagande religieuse », est un devoir de la « communauté musulmane », comme aussi la prière du vendredi.

Afin de rendre ses lois à jamais indiscutables, Mahomet se donne comme le « Sceau des prophètes ». Dieu Ta envoyé pour compléter la mission prophétique de Jésus, « Aïssa », qui est un prophète et non le Fils de Dieu, puisque Dieu est un. Ainsi les musulmans acceptent Mahomet comme le dernier des envoyés et des prophètes, ce qui implique dans leur esprit la supériorité de l'Islam sur les autres religions. Le vrai croyant reconnaît que le Pentateuque et l'Évangile sont aussi bien des révélations de Dieu que le Koran, le « Livre » par excellence, mais les hommes ont falsifié les premiers, tandis que le Koran n'a jamais été corrompu et ne pourra jamais l'être. Si donc il se trouve dans les croyances chrétiennes des dissemblances avec le Koran, c'est par la faute des hommes; mais entre le vrai Evangile et le Koran, il ne peut pas exister de différence essentielle; enfin, le Koran étant la dernière révélation, c'est lui qui, en cas de controverse, contient la vérité \ D'ailleurs, Jésus reviendra sur la

prépare est bien plus délicieux. » « Dis : que puis-je annoncer de plus agréable à ceux qui ont la piété que des jardins arrosés par des fleuves, une vie éternelle, des épouses purifiées et la bienveillance du seigneur qui a l'œil ouYert sur ses serviteurs? • (Chap. m.) — « Les justes habiteront le séjour de k paix; les jardins et leurs fontaines seront leur partage. Ils seront vêtus d'habits de soie et ils se regarderont avec bienveillance. Nous leur donnerons pour compagnes des épouses aux grands yeux, aux yeux noirs. » (Chap. xliv.) • Accoudés sur des lits rangés en ordre (ceux qui craignaient Dieu) nous les avons mariés à des filles aux grands yeux noirs.... Us s'y prêteront mutuellement la coupe qui ne fera naitre ni propos indécent, ni occasion de péché. • (Chap. ui).

1. 1 II faut confesser... que le Koran a été envoyé au prophète Mohammed (que Dieu lui soit propice et lui accorde le salut !) fragment par fragment, dans

terre quarante ans avant la fin du monde, pour glorifie l'Islam, avouer la supériorité prophétique de Mahomet, < appeler tous les hommes à la foi et à la pratique de l'Islau Le « Fatihah » ou Introduction au Koran, qui est analogu au « Pater » des chrétiens condamne les Juifs qui ont encour la « colère de Dieu » et les chrétiens qui « sont dans Yégi rement » *.

Pourtant les Juifs et les chrétiens sont les « hommes d Livre » parce qu'ils ont une religion révélée, un prophète Moïse ou Jésus, aussi peuvent-ils être admis à habiter de pays placés sous l'autorité des musulmans; il n'est ps d'obligation divine de les convertir comme les idolâtres qu eux, doivent accepter la loi de Mahomet ou mourir. Dicl par l'ange Gabriel au jour le jour et suivant les nécessite religieuses ou- politiques du moment, le Koran divisé e H 4 chapitres ou « sourates », coupés eux-mêmes en verseli ne présente ni ordre, ni logique, et Ton y rencontre à chaqu page les plus absolues contradictions. Mahomet, d'ailleurs ne récrivit pas, et sa rédaction définitive est postérieure a prophète. Toutefois la pureté, la tenue originale de la die tion du Koran sont louées par les Arabes qui considèrent l « Livre » comme le modèle accompli de leur langue.

L'Islamisme a ses saints semblables aux nôtres, et soi clergé dont le ministère n'est pas, comme celui du nôtre indispensable.

l'espace de vingt-trois ans; que le Pentatcuque a été envoyé au prophèl Moïse, sur qui soit la paix; l'Évangile, au prophète Jésus, sur qui soit 1 paix;... que les autres livres ont été envoyés à d'autres prophètes;... qu tous ces livres sont vrais; que toutefois le sublime Koran, qui est descend: du ciel le dernier de tous, doit être suivi jusqu'au jour du jugement dans le lois qu'il a établies; qu'il ne peut être ni abrogé ni changé. Quelques lois de anciens livres révélés ont élé abrogées par le Koran et actuellement il n'es plus permis de les suivre. » Exposition de (a foi musulmane de Bcrveki, traduit par Garcin de Tassy dans Ulslamisme, Maisonneuve et C'% éditeurs, Paris

La dernière phrase de ce catéchisme mérite peut-être une explication. EU veut dire que Dieu lui-même, dans son amour pour les hommes, s'est quel quefois corrigé dans le Koran; c'est ainsi, par exemple, qu'après avoir, pa l'intermédiaire du prophète Jésus, ordonné la monogamie et permis le vin il a, par la voix de Mahomet, autorisé la polygamie et défendu le vin.

1. « C'est toi (Dieu) que nous adorons,... dirige-nous dans le sentier droi (l'Islamisme), dans le sentier de ceux que tu as comblés de tes bienfaits (le prophètes et les envoyés de Dieu), non pas de ceux qui ont encouru ta colèr (les Juifs) ni de ceux qui s'égarent (les chrétiens). »

Mahomet n'a pas parlé des saints. Ils sont entrés dans la religion musulmane après sa mort, du fait de la religiosité des fidèles qui ont voulu placer auprès de Dieu des êtres capables d'intervenir en leur faveur. Parmi les saints les plus vénérés de l'Islamisme est Abd-el-Kadcr el Djilani (né à Bagdad, Fan 371 de l'Hégire). Depuis la mer de la Sonde jusqu'à l'Atlantique, la dévotion des musulmans a partout multiplié les monuments placés sous son tout-puissant patronage, « car Dieu ne refuse jamais d'accueillir Tintercession de Sidi Abd-el-Kader, dont l'âme plane toujours entre le ciel et la terre, prête à venir en aide à quiconque a besoin de secours ».

Pour le clergé musulman il est composé non de prêtres, mais exactement de « personnages religieux », dont l'autorité est plus ou moins grande sur les fidèles, quelquefois considérable, mais dont le musulman n'est jamais obligé de réclamer ce que l'on appelle dans la religion catholique « le ministère ». Dans la religion de Mahomet, en effet, les sacrements n'existent pas. L'Islamisme n'admet aucun intermédiaire entre Dieu et ses serviteurs. Ainsi, la conversion à rislamisme ne comporte aucune formalité religieuse. Celui qui fait cette profession de foi : « Il n'y a qu'un Dieu et Mohammed est son prophète » devient musulman. Toutefois, deux personnages religieux se rencontrent en pays d'Islam qui forment ce qu'on pourrait appeler le « clergé séculier » : le Mofti, l'interprète de la loi, qui donne des décisions sur des questions de religion ou de droit; Y Imam, qui dans la mosquée se place « en avant » des fidèles pour dire la prière.

A côté du « clergé séculier », le « clergé régulier », si tant est que l'on puisse employer ces mots; ce sont, outre les membres des associations religieuses dont il sera parlé plus loin, les marabouts. On ne devient pas marabout, on naît marabout. Un homme savant dans la loi, donnant l'exemple de toutes les vertus prescrites par l'Islam, est durant sa vie honoré comme saint. Mort, il devient marabout, et cette qualité se .transmet à ses descendants lors même qu'ils ne seraient ni vertueux, ni savants, ni saints. Les descendants du saint, ou ceux qui prétendent descendre

de lui, s'installent auprès de sa Koubba (son tombeau) ; il:

sont généralement aimés, respectés ou craints des fidèles

Consultés par eux, ils vivent de leur libéralité. Le caractère

maraboutique ne couvre point seulement des individus, mai:

quelquefois aussi des familles, des tribus entières, don

l'ancêtre était saint. C'est ainsi qu'en Algérie sont marabou

tiques plusieurs tribus de la Kabylie et aussi la puissant

confédération des Oulad-Sidi-Cheikh. La « noblesse reli

gieuse » ne comprend pas seulement les marabouts, mai

aussi les chourfa (au singulier chérif), nobles qui descenden

du prophète, sont les membres de sa famille !. Enfin, 1

« clergé séculier » et le « clergé régulier » jouissent de 1

propriété des revenus des biens laissés par des fidèles pieux

avec une perpétuelle affectation à une œuvre religieuse o

de bienfaisance. On les appelle en Algérie des biens habbous

Le musulman, Mahomet Ta voulu aussi, ne peut vivre un

heure sans rencontrer une prescription, un ordre de la U

koranique. Le « Livre » et la Sounah> recueil des paroU

du prophète *, ne sont pas seulement, en effet, la révélation «

l'indication de la voie que doit suivre le fidèle, ce sont deu

maîtres jaloux qui prescrivent mille pratiques religieuse

règlent mille détails de la vie; ils forment aussi un coc

complet où sont la loi civile et la loi pénale. Il semble,

voir ces choses, que le prophète ait eu l'intuition de cet!

vérité dite par Montesquieu : « Une religion chargée de beau

coup de pratiques attache plus à elle qu'une au Ire qui Tes

moins; on lient beaucoup aux choses dont on est toujours

occupé ». La prière d'abord est une suggestion; elle doit être

dite cinq fois par jour 3, précédée des ablutions *, accora

1. Mahomet n'a pas laissé de fils, le seul qu'il ail eu étant mort jeune mais il avait une fille, Fatima, qu'il donna en mariage à Ali, le célèbre khalift Fa lima mit au monde deux enfants, Hasam et Hosani. Ce sont leurs de: cendants qui forment la famille du Prophète et ont droit au titre de chourfi

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