‹ La France en AlgérieChapitre 39 sur 116 · Statistiques pour · texte numérisé non relu

Statistiques pour

Les bananiers, orangers, mandariniers, citronniers représentent 783844 arbres; — le tabac couvre 6 300 hectares, rapportant 2 618 952 kilogrammes; — le lin couvre 380 hectares; —les plantes potagères et légumes divers couvrent 24 753 hectares.

L'Algérie, nous l'avons dit, est un pays à régions bien tranchées. Dans le Tell, nous avons rencontré la vigne, les céréales, l'olivier, l'oranger; sur les Hauts Plateaux, les céréales, l'alfa, les troupeaux; dans le Sahara, nous trouvons, avec quelques arbres fruitiers, quelques céréales et les troupeaux qui y séjournent l'hiver, un arbre qui est l'unique richesse des ksour et des oasis, la vie de leurs habitants : le palmier dattier. Les Sahariens achètent avec ses fruits le blé nécessaire à leur nourriture. Les ksour du Sud-Oranais sont riches en palmiers; Ghardaya, dans le Mzab, est une des palmeraies les plus considérables de notre colonie; El Oued, capitale du Souf algérien, a une importance égale à celle de Ghardaya; mais c'est le Sud de la province de Conslantinc qui est, par excellence, le pays du palmier dattier. La région du Ziban dont la capitale est Biskra, la plaine de l'Oued- Rir, qui s'étend des bords du Chott Melrir jusqu'à Tougourt, enfin, la région de Ouargla, parcourues par des eaux souterraines, vivifiées de distance en distance par des puits artésiens, ont, en trente-cinq 'ans, quintuplé, peut-être sextuplé de richesse.

C'est en 1856 que le premier puits français fut foré à Tamerna, par un de nos ingénieurs, M. Jus. Jusqu'alors les indigènes n'avaient pour creuser les puits et les défendre des sables que des moyens primitifs; souvent, si l'eau cessait d'être abondante, si le puits se tarissait, l'oasis était condamnée à la disparition, ses habitants à la fuite ou à la mort. Un palmier ne demande pas moins de 3 litres d'eau par heure. Biskra, et, dans le Ziban, les oasis de Foughala, d'El- Amri; puis, dans l'Oued-Rir, les palmeraies d'Ourir, de Mraïer, d'Ourlana, de Chria Saïah, de Sidi Yahia, deTamerna, sont dues, soit entièrement, soit pour une grande part, aux forages des ingénieurs français. Tougourt est entourée de plus de 170 000 palmiers; au sud de Tougourt, l'oasis de Ouargla en possède 600 000 arrosés par un millier de puits. En 1887, la région de l'Oued-Rir seule comptait 43 oasis, à peu près 520 000 palmiers en plein rapport, plus de 140000 palmiers de un à sept ans (le palmier ne rapporte qu'à la dixième année) et environ 100 000 arbres fruitiers. La pro-

duction annuelle en daltes représentait une valeur de plus de 2500 000 francs. Il résulte de cette production un mouvement considérable d'échanges entre Biskra, Tougourt et Ouargla, ainsi que dans les régions voisines; tout ce mouvement se fait par caravanes.

C'est donc à des capitalistes français que le Sud de la province de Constantine doit la meilleure part de sa richesse. De hardis pionniers se sont épris de la culture du palmier dattier, observant, d'ailleurs, que cette entreprise, rationnellement conduite, serait rémunératrice. C'est en 1878 que s'est constituée la Compagnie de l'Oued-Rir; plus lard, la Société de Batna et du Sud-Algérien et d'autres sociétés se sont fondées. Toutes ont foré des puits, défriché ou aménagé les terres, donné du travail aux indigènes *. Il n'est pas sans intérêt de noter ici que le chiffre de l'exportation annuelle des dattes n'est nullement en rapport avec l'immense production indigène et européenne. On estime que l'ensemble des palmeraies de l'Algérie méridionale comprend près de 3 millions d'arbres, et les statistiques n'accordent même pas une ligne spéciale à l'exportation des dattes qui figurent à la colonne des « fruits de table : 4 millions de francs ». Cette constatation trouve son explication dans ce fait que la datte fraîche ou sèche, les pâtés de dattes, sont pour les indigènes de toute l'Algérie un «mets national »; la population consomme la très grosse part de la production.

Il ne parait pas douteux que l'exploitation du palmier continuera à se développer dans le Sud; quant à la question de savoir s'il serait possible d'introduire certaines cultures dans

1. Les chiffres donnés dans le texte sont les plus récents que nous ayons pu nous procurer. Il n'est pas sans intérêt d'y joindre, bien qu'il soit de date plus ancienne, le tableau suivant emprunté à un travail de M. Jus :

Région de VOued-Hir,

Nombre des oasis 31 38

Nombre de puits 282 434

Débit au litre par seconde 883 1200

Nombre de palmiers 3G0 000 518 000

Arbres fruitiers 40 000 90 000

Valeur des cultures i 660 000 fr. 5 500 000 fr.

Habitants 0 772 12 800

le désert, elle semble fort délicate. Cela d'abord ne serait pos sibte que dans les régions où le sol est de terre végétale mais, en outre, il faudrait de l'eau, beaucoup d'eau et, 1 forage des puits étant un travail coûteux, quelle culture don nerait d'assez beaux profits pour rémunérer les capilau: employés? La culture du coton, un moment essayée aux envi rons de Biskra, a été délaissée; l'élève de l'autruche entrepris il y a quelques années a été abandonnée; les Pères blancs d

irS;

Principale» culture» ri produnliqni de l'Algérie.

Biskra viennent de planter quelques pieds de vigne dans um terre particulièrement fertile et arrosée.

L'avenir, ou le voit, donne, dans toutes les régions de l'Ai gérie, de grandes espérances; mais le présent offre déjà um situation très satisfaisante '. La multiplicité des production

Production et coin

■nerce de VAlgén

de 1869 à 189

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