Voir plus haut, chap. vin, p
dresser un programme d'ensemble, devrait se réunir une seconde commission, celle-là financière. Sa tâche serait d'étudier le budget ordinaire de chaque commune, de chaque département, de voir, puis d'arrêter les sacrifices annuels que chacun pourrait s'imposer. Les communes, les départements s'engageraient ensuite par des délibérations de leurs conseils à verser chaque année à la caisse spéciale, jusqu'à la fin des travaux publics extraordinaires, à titre de contingent , une certaine somme, petite, moyenne ou grande, suivant les ressources. Une loi prendrait acte de ces engagements en inscrivant les contingents annuels au nombre des dépenses obligatoires des communes et des départements. Que produiraient ces multiples concours? quelle somme globale verseraient les 3 départements et les 324 communes (de plein exercice et mixtes) de l'Algérie? Ils font ensemble, nous l'avons vu, une recette de plus de 30 millions par an; donneraient-ils 3 millions, 4 millions ou plus? On ne peut dire, car tout un long travail est à faire.
Nous sommes d'ailleurs persuadé que ce sera à l'Etat de verser, dans la caisse spéciale, les plus grosses sommes, — 12 à 15 millions par an peut-être. Si nous réclamons le concours de la colonie, c'est, à la fois, parce qu'il est juste de mettre à sa charge une part, au moins, des dépenses dont elle profitera seule; c'est ensuite pour décharger d'autant la métropole.
Avec le système que nous esquissons, si 15 à 18 millions tombent annuellement dans la caisse des travaux publics poui* être aussitôt employés, en 10 ans 150 à 180 millions dc-^ travaux seront faits; en 15 ans 225, 270, peut-être 300 mil — lions. Il est même permis de se demander s'il sera nécessaires de porter à 300 millions le chiffre du budget extraordinaire
si l'on songe que, chaque année, les sommes inscrites ai
budget ordinaire de l'Etat pour l'hydraulique agricole, lestravaux forestiers, les routes et les ports vont permcltr^ l'exécution d'un assez grand nombre d'entreprises.
Mais une question se présente certainement à l'esprit : 1 budget extraordinaire, la caisse spéciale alimentée pour pli des 3/4 par les fonds de l'Étart, c'est un nouveau sacrifice 150 à 200 millions demandé à la France en faveur de l'A- 1-
gérie. N'a-t-elle pas fait déjà suffisamment? Ne ressort-il pas de ce qui a été dit plus haut, dans ce chapitre, que le même moment est venu, suivant une expression vulgaire, de fermer les cordons de la bourse? Oui, nous le reconnaissons, — et cependant nous demandons à la métropole ce suprême effort, ce dernier sacrifice dans l'intérêt de sa colonie. Nous ajouterons d'ailleurs — et ce point n'est pas sans importance — que, si le Parlement le désire un jour, ce sacrifice n'aura été pour le Trésor qu'une avance. Lorsque l'exécution du plan des travaux publics sera achevée, lorsque ainsi la colonie sera dotée d'un outillage parfait et, par une conséquence toute naturelle, fortifiée et enrichie, on pourra, en toute justice, enlever aux budgets locaux algériens, pour les donner au budget de l'Etat, certaines ressources exceptionnelles dont ils jouissent aujourd'hui. Pour préciser, nous croyons qu'il sera possible de prendre alors aux budgets des trois provinces, pour la faire tomber dans la caisse du Trésor central à Paris, la moitié de l'impôt indigène dont elles bénéficient actuelle-