‹ La France en AlgérieChapitre 67 sur 116 · Duveyrier, toc. cil · texte numérisé non relu

Duveyrier, toc. cil

2. M. le capitaine Ncy a mis en lumière dans une brochure {les Sociétés secrètes musulmanes; Carré, éditeur, Paris) quelques traits intéressants. Il existe a Constantinople un « Bureau secret panislamique •. Son chef reçoit des instructions du Cheikh-ul-Islam et du Sultan lui-même. 11 entretient avec tous les pays musulmans des rapports occultes permanents et a des agents dans plusieurs pays chrétiens. D'autre part, un Arabe, Syrien d'origine, qui a réside à Paris et à Londres, rédige à Constantinople, où il vit maintenant, un journal « panislamique » dont le tirage dépasse 100 000 exemplaires. 11 est expédié par ballots de Samarkand à Mogador et son rédacteur est en correspondance suivie avec le Maroc, l'Algérie, Tunis, la Tripolitaine, l'Egypte, l'Arabie, la Syrie, l'Inde, etc.

Nous craindrions de nous laisser entraîner trop loin en exposant ici les principes et les tendances de la • politique panislamique •. Toutefois — et à titre d'exemple — nous ferons un emprunt à un auteur qui a traité ces questions, Gabriel Charmes (l'Avenir de la Turquie; Lévy, éditeur, Paris).

Gabriel Charmes voit dans la politique suivie par le sultan au moment de l'occupation de la Tunisie par les troupes françaises, une affirmation de ses idées panislamiques. II rappelle que la Turquie qui, depuis deux années, résistait énergiquement aux sollicitations de l'Europe réclamant, en faveur de la Grèce, la rectification de frontières dont le principe avait été inscrit dans le traité de Berlin, se montra tout à coup pleine de condescendance pour les ambassadeurs européens au mois de mai 1881. Abdul-Hamid, pense M. Charmes, ne céda alors à la Grèce la Thessalie et une partie de l'Épire que pour être plus à même de solliciter l'intervention de l'Angleterre et de l'Italie dans les a (Taire s de Tunisie : le Khalife, le Commandeur des croyants, attachait plus d'importance à la reconnaissance de ses droits de suzeraineté sur la Tunisie, à la conservation d'une « terre arabe - menacée par les « infidèles • que le sultan des Turcs n'accordait de prix à la conservation de « provinces turques •.

Pour terminer, nous rappellerons à propos de l'esprit avec lequel la France, puissance musulmane, doit suivre les tendances de la politique panislamique, ce que disait à la Chambre des députés M. Ribot, aujourd'hui ministre des Affaires étrangères, au cours d'une discussion sur les affaires d'Egypte (séance du l"r juin 1882). On demandait au gouvernement l'assurance qu'il maintiendrait énergiquement vis-à-vis de la Porte les immunités et les libertés qu'ont accordées à l'Egypte les firmans reconnus par l'Europe, et M. Ribot disait : « Si l'Angleterre a dans les Indes, au delà des mers, des populations musulmanes parmi lesquelles il serait dangereux de laisser

Il est certainement très douteux que toutes les forces du nonde islamique, toutes les congrégations, tous les fanatiques missent s'entendre et s'unir, à la volonté d'un seul, pour Lonner aux nations chrétiennes avec qui elles sont en contact in formidable assaut. Deux princes peuvent disputer au sultan le Stamboul le privilège de commander aux musulmans; les )uahabites en Arabie, les Senoussya en Afrique prétendent ivoir une politique indépendante; certaines congrégations >ont divisées ou rivales, incapables d'une action commune; >armi les populations noires du centre africain converties lux doctrines du prophète beaucoup ne sont pas fanatiques '; ;nfin, les Arabes ne paraissent pas vouloir marcher avec les Turcs et nourrissent l'espoir qu'il leur sera donné, & eux culs, de relever la puissance musulmane.

Ces rivalités, ces divisions sont heureuses pour les puisances qui ont des sujets musulmans, l'Angleterre, la Russie, a France, la Hollande, notamment. Toutefois il serait imprulent de ne pas croire possible, soit une manifestation, soit

énétrer certains germes, certains ferments de fanatisme, la France peut ncore moins oublier qu'elle est le plus directement intéressée dans les uestions de cet ordre et que, depuis 1830, depuis celte date qui Ta constipée le peuple musulman par excellence, la France a une situation, des roits et une politique qui lui sont tracés. Ce n'est pas une politique d'hoslité vis-à-vis de l'Empire ottoman, non certes! mais il faut toujours, quand n parle de la Porte, distinguer deux situations complètement différentes.

• En Europe, la France est la vieille et traditionnelle alliée de l'Empire ttoman, parce qu'il lui importe plus qu'à aucune autre nation du monde ue le démembrement de l'Empire ottoman n'amène pas un bouleversement ont nous serions les premiers à souffrir.... Mais dans l'Afrique du Nord, otre situation a un caractère particulier, et nous devons considérer comme uprudente, comme pouvant contenir certaines éventualités périlleuses, >ute politique qui laisserait prendre pied trop solidement à la Turquie sur i terre d'Egypte.... 11 est possible que ce soit la politique d'autres nations, ui n'ont pas en Afrique les mêmes intérêts que nous, de pousser l'Empire ttoman dans cette voie, de le porter ainsi à déserter l'Europe en (ui montrant l'Egypte comme un refuge,... il est possible, je le répète, que cette olilique soit bonne pour certaines puissances, mais pour nous ce serait ne politique qui ne serait ni dans nos traditions, ni dans nos intérêts. »

t. Les populations musulmanes du bassin du Niger, avec qui nous sommes n guerre depuis plusieurs années, paraissent à nos officiers assez peu fanaiques. La guerre du Soudan ne ressemble pas à la grande guerre d'Algérie, hmadou de Segou est plus un souverain temporel qui défend ses États qu'un hef religieux. Toutefois il ne néglige pas de se servir de la religion pour ntrainer ses soldats et quelques-uns sont fanatiques. Lui-même est affilié à ordre des Tidjania. — Jusqu'ici les intrigues senousiennes seraient insenibles dans ces régions.

le triomphe momentané de la « politique panislamique » qui ferait taire les divisions, réunirait sous un même drapeau les Arabes et les Turcs et présenterait un danger redoutable pour les puissances européennes qui étendent leur empire sur des populations mahométanes. En ce moment même, le réveil de la foi n'est pas douteux. Il y a dans le monde musulman un certain mouvement; on croit à la venue d'un Mahedi :; le Koran n'annonce-t-il d'ailleurs que le triomphe de llslam viendra après une période de relâchement semblable à celle qui vient d'être traversée? Le monde musulman est aujourd'hui plus uni, plus compact qu'il y a cinquante ans; les communications et la propagation des idées sont devenues partout plus faciles grâce aux navires, à la poste, à l'imprimerie. Est-ce le sultan de Constantinople? est-ce celui du Maroc? n'est-ce pas plutôt le cheikh de l'ordre des Senoussya ou un nouveau mahedi qui prendra la tète du mouvement?

Nous avons consacré tout un chapitre à raconter la grande guerre. On a vu les indigènes de l'Algérie, Arabes et Kabyles, défendre leurs terres contre les envahisseurs, s'unir tous à la voix d'Abd-el-Kader, des marabouts et des khouan pour repousser 1' « Infidèle ». On a vu le sultan du Maroc intervenir directement en qualité de souverain religieux, puis on a pu constater, à différentes reprises, les intrigues de ce même sultan, celles des congrégations les plus puissantes de son empire, ainsi que les intrigues et les menées du sultan de Constantinople.

Depuis cette époque, presque lointaine déjà, de la conquête, la France n'a jamais pu jouir en Afrique d'une période de paix complète, longue déplus d'une douzaine d'années. Peutêtre pour la première fois, va-t-elle connaître cette paix de douze années consécutives; on peut l'espérer, il faut surtout le souhaiter. Mais jusqu'ici, si nous négligeons certaines insurrections toutes locales (la révolte d'El-Amri, en 1876, celle de l'Aurès en 1879), il faut compter que nous avons eu depuis 1857 trois guerres importantes : l'insurrection des Oulad-Sidi-Cheikh (18G4-1871), l'insurrection de Kabylic (1871-1872), l'insurrection de Bou-Amama (1881-1883). "

Toutes trois portent, à des degrés divers, plusieurs enseignements : elles sont d'abord, naturellement, des preuves répétées des sentiments d'hostilité contre notre domination qui demeurent au fond du cœur des Arabes et des Berbères, de l'espoir d'une revanche possible qu'ils ne cessent d'entretenir; elles ont, ensuite, également revêtu un caractère religieux; c'est en excitant le fanatisme des masses, que les chefs politiques les ont entraînées; — enfin, on a pu observer, à leur occasion, l'entente qui existe toujours entre les membres de la société musulmane habitant différents pays, les encouragements qu'ils se prêtent, l' action commune qu'ils sont disposés à exercer.

La pacification générale était à peine achevée depuis sept ans, lorsqu'éclala, en 1864, l'insurrection des Oulad-Sidi- Cheikh *. A la nouvelle de leur premier succès — la défaite et la mort du colonel Beauprètre, — les tribus du Djebel Amour se soulevèrent, l'agitation s'étendit jusqu'au Tell, les villages d'Ammi-Moussaetde Zemmora furent brûlés, les populations du Hodna s'agitèrent, nos colonnes durent parcourir la Kabylie pour l'empêcher de remuer. Pendant deux ans, jusqu'au mois de mai 1866, la guerre fut presque incessante. Vers ce moment, l'insurrection entra dans sa période de décroissance, plusieurs tribus ayant abandonné les Oulad- Sidi-Cheikh; mais ceux-ci continuèrent la lutte. — Ce fut entre eux et nous un échange de razzias, de surprises, de coups de main où nous n'eûmes pas toujours l'avantage. En 1869, le colonel de Sonis met en déroute un parti de 3 000 chevaux et 800 fantassins, mais dès l'année suivante il faut que le général de Wimpffen poursuive les dissidents jusque sur le territoire du Maroc et leur inflige une défaite. Ce nouveau succès ne suffit pas pour rétablir le calme dans la province d'Oran; en 1871, nos officiers doivent encore poursuivre Si Kaddour, le chef de l'insurrection, et mettre ses cavaliers en déroute à El-Mengoub.

Tandis que l'insurrection des Oulad-Sidi-Cheikh s'éteint, incomplètement d'ailleurs, une autre insurrection plus grave

I. Colonel Trumelet, Histoire de V insurrection des Oulad-Sidi-Cheikh. Jourdan, éditeur, Alger.

éclate en Kabylie *. Son premier chef est le bach-agha de la Medjana, Mokrani, grand seigneur d'épée, que ses dépenses ont ruiné et qui craint que l'avènement du régime civil ne réduise à rien son autorité. Mokrani comprend dès la première heure qu'il lui est nécessaire d'avoir avec lui l'influence religieuse; aussi, les hostilités commencées, il s'abouche avec Cheikh-el-Haddad, grand maître de la confrérie des Rahmania de Seddouk, grand seigneur ecclésiastique. Seul, il n'avait pu entraîner qu'une trentaine de fractions ou tribus représentant au plus 25 000 combattants disséminés; le concours de Cheikh-el-Haddad lui donna, en quelques jours, 120 000 soldats disciplinés, fanatiques. Le djehad, c'est-à-dire la guerre sainte est déclarée (avril); les moqaddem se mettent partout à l'œuvre, ils portent le pillage, l'incendie et la mort dans toutes les fermes et dans les villages ouverts, ils assiègent ou bloquent les places de Bougie, Fort-National, Dellys, Tizi-Ouzou, Dra-el-Mizan et Batna. L'insurrection s'étend et gagne au loin; d'un côté elle arrive jusque sous les murs de Cherchell; d'un autre, jusqu'à Souk- Ahras, Tebessa et Tougourt. Commencée le 15 mars 1871 à la Medjana par la révolte du bach-agha, elle ne fut réellement éteinte que le 20 janvier de l'année suivante, à 460 kilomètres de son point de départ, par l'arrestation de Bou- Mezrag, frère de Mokrani, à Ouargla. La guerre éparpillée de la mer aux cinq villes du Mzab, aux oasis de Biskra et de Tougourt, ne compte pas moins de 340 combats : combats de montagne, de steppe, de désert. Notre armée, portée graduellement, par des renforts venus de France, à 86 000 hommes, eut à disperser près de 200 000 combattants au milieu d'une population insurgée de 800 000 indigènes.

L'importance de pareils chiffres n'est point douteuse et cependant il faut considérer l'insurrection de 1871 comme une insurrection partielle; la province d'Oran resta calme; dans la province d'Alger, la moitié orientale seule fut entamée; la province de Constantine ne fut pas soulevée tout entière; la grande famille des Oulad-Sidi-Cheikh, les grands chefs du

1. Rinn, Histoire de C Insurrection de 1871. Jourdan, éditeur, Alger.

Sud et les chefs de toutes les congrégations religieuses, à l'exception d'une seule, demeurèrent tranquilles. Il faut même ajouter que la moitié seulement de la congrégation des Rahmania prit les armes, l'autre branche demeurant neutre. Ces faits ne portent- ils pas un double enseignement? C'est, d'une part, que quelques milliers de khouan et de fanatiques suffisent pour déchaîner une grande insurrection; c'est, d'autre part, que les rivalités existant entre les ordres religieux ou entre les grands chefs, peuvent heureusement rendre difficile une insurrection générale.

L'insurrection de 1864 n'avait jamais été complètement éteinte. Dès 1875, le Sud-Oranais était de nouveau agité, mais c'est seulement six ans plus tard, en avril 1881, qu'éclata l'insurrection de Bou-Amama. Le marabout, moqadden de l'ordre des Senoussya — et nous avons ainsi une preuve certaine de leur intervention, — obtient d'abord plusieurs succès. Il inflige au colonel Innocenti des pertes sensibles à Chellala; il massacre, près de Saïda, les alfatiers espagnols. Le nombre de ses partisans augmente.

A la même époque, toute l'Afrique du Nord est d'ailleurs remuante ou en insurrection. En février 1881, quelques colonels se sont révoltés au Caire, et au mois de septembre le « parti national » égyptien, conduit par Arabi, menace le khédive et les colonies européennes. Pourquoi celte émeute grossissante? est-ce parce que des récits enthousiastes ont porté au Caire la nouvelle des razzias exécutées par Bou- Amama? est-ce parce que les Français, en pénétrant en Tunisie (avril 1881), ont envahi une « terre arabe »? En Tripolitaine, la présence de quelques régiments turcs venus de Constantinople, les prédications de nombreux cheikh fanatiques, les agissements des Senoussya, le bruit habilement répandu que le sultan nous somme d'évacuer la Tunisie, ont pour conséquence la révolte de Sfax, au mois de juin. Dès le mois suivant, nos troupes s'emparent de la ville; mais les indigènes d'Algérie, partout agités par les nouvelles qu'ils reçoivent, mettent le feu dans les forêts; du 20 au 25 août, 90 000 hectares de terrains boisés sont la proie des flammes.

Dans la province d'Oran, Bou-Amama tient toujours la campagne. Le général Saussier, le général Delebecque, le général de Négrier mènent les opérations avec vigueur; ce dernier rase la mosquée d'El-Abiod-Sidi-Cheikh, centre de pèlerinages et d'intrigues. Dans, les premiers mois de Tannée suivante, un échec sanglant est enfin infligé à Bou-Amama: le chemin de fer stratégique du Kreidcr à Méchéria est inauguré; nos troupes parcourent ou occupent les ksour; au mois de novembre, une colonne expéditionnaire occupe le territoire du Mzab, faisant ainsi disparaître un entrepôt où les rebelles pouvaient sans cesse s'approvisionner. En 1883, le général Thomassin parvient à faire la paix avec les Oulad- Sidi-Cheikh, et Bou-Amama, toujours insaisissable, mais abandonné de presque tous ses partisans, doit s'enfoncer dans le Sud et se tenir hors de notre portée.

Si l'insurrection est éteinte en Algérie la paix n'est pas rétablie à l'extrémité orientale de l'Afrique. Les Anglais, après le bombardement d'Alexandrie, ont remporté sur Arabi la victoire de Tel-el-Kebir (septembre 1882), mais ils ont mis le pied sur une « terre musulmane » à l'heure même où, d'après une vieille prophétie, doit venir un Mahedi réformateur des derniers jours, chargé de soumettre tous les hommes à la loi du prophète (1er jour du mois de Moharem de l'an 1300 de l'Hégire, soit 12 novembre 1882). Le Mahedi parait en effet : il soulève le Soudan, refoule la civilisation de la vallée du Haut-Nil et s'empare de Khartoum. N'y a-t-il aucun lien entre tous ces faits : l'insurrection de Bou-Amama, les émeutes du Caire, la révolte de Sfax, l'apparition du Mahedi1.

Si nous nous sommes laissé entraîner aussi loin par notre sujet, c'est pour montrer d'une façon bien sensible ce que nous avons déjà dit, à savoir, que la France, en s'établissant en Algérie, est entrée dans le monde islamique et que la mauvaise politique qu'elle suit depuis soixante ans vis-à-vis des indigènes, ses erreurs qui les blessent ou les ruinent, ont eu pour conséquence certaine de pousser les populations vaincues à s'engager davantage dans ce mouvement religieux, les ont rendues plus sensibles aux commotions qui pourraient

se produire dans une province quelconque du monde mu* sulman.

Les hommes qui connaissent le mieux les populations indigènes reconnaissent que l'élément congréganiste ou maraboutique n'est pas assez fort en Algérie pour soulever à lui seul les populations ; mais ils savent aussi que chaque fois que le terrain sera préparé par la misère, des froissements, des désordres locaux ou des intrigues politiques, l'élément religieux surgira de lui-même ou sera mis en avant par les meneurs et fournira toujours des « entraîneurs » dangereux !. Si une guerre européenne appelait notre attention et nos forces, si un Mahedi se levait en Tripolitaine, en Egypte, s'il était reconnu pour le « maître de l'heure » le danger serait-il moindre pour nous?

Voici donc le point où nous en sommes après soixante ans d'occupation et de colonisation, après une dépense de près de 4 milliards faite pour notre établissement en terre d'Afrique !

Toutefois, la vérité, comme une médaille, a deux faces : les indigènes sont aujourd'hui tels qu'ils étaient à l'époque de la conquête, ils sont même devenus plus fanatiques; mais si l'établissement des « infidèles » a ravivé leur foi, contrarié leurs mœurs, apporté une grande gêne à leur manière de vivre, il est impossible, d'autre part, que notre venue n'ait pas eu, ici et là, un bon effet, au moins partiel, qu'aucun fait ne puisse être relevé à notre avantage.

Depuis la conquête, les tribus vivent en paix les unes avec les autres, elles sont assurées que des. voisins pillards ne leur enlèveront pas à mains armées leurs troupeaux, ne ravageront pas leurs champs; la sécurité a rendu presque entièrement sédentaires des tribus du Tell autrefois à demi nomades; les parcours des tribus qui s'étendent du Tell au Sahara, ont diminué d'étendue et leurs cultures ont augmenté; les indigènes, mais surtout les Kabyles, ont perfectionné petit à petit leurs procédés agricoles : ils possèdent des orangeries, cultivent des légumes; dans la

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