‹ La France en AlgérieChapitre 88 sur 116 · Chap. lx · texte numérisé non relu

Chap. lx

juive) n'en font qu'une et que les distances qui les séparent ne portent que sur des points de détail. On pourrait les comparer aux enfants d'un même père qui sont nés de mères différentes. Si les musulmans et les chrétiens voulaient m'en croire, ils se mettraient d'accord, ils se traiteraient en frères et pour le fond et pour la forme. »

Ajouterons-nous, comme une dernière remarque, que la religion d'un pays doit être peu à peu, mais nécessairement, influencée par de vastes et profonds changements en politique, par la substitution de la paix à l'insécurité et au désordre, enfin, par l'apparition soudaine, puis le contact d'une civilisation nouvelle?

Nous avons dit dans notre Introduction que le Tell et le Sahara sont indissolublement liés l'un à l'autre. Nulle part, peut-être, cette vérité ne frappe davantage que lorsque l'on étudie la politique religieuse à suivre en Algérie. C'est, en effet, dans le Sud qu'il nous faut aller chercher les gages les plus certains de la paix religieuse. Au sud-est, Ghadamès, dernier poste turc de la Tripolitaine, est la porte par laquelle les fauteurs de troubles, les émissaires de la politique panislamique, les /chouan et les moqaddem des Senoussya peuvent s'introduire chez nous; — au sud-ouest, les oasis marocaines de Figuig et du Tafilet, sont des centres d'intrigues religieuses; — au sud, enfin, les trois vallées de l'oued Igharghar, de l'oued Mya et l'oued Msaoura sont des passages ouverts à nos ennemis, les Touareg et les Arabes nomades des Areg, qui subissent, les uns et les autres, l'influence des doctrines senousiennes. Ainsi notre sécurité intérieure dépend de l'occupation de certains postes et de certains passages du Sahara algérien *.

1. Nous ne voulons pas dire qu'il faut occuper Ghadamès, mais il serait possible d'établir un poste de surveillance sur la route qui mène de notre Sud à cette oasis.

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