Charveriat, loc. cit
risés à porter des armes véritables *. Lorsque des esprits libéraux découvrent ces choses, ils sont surpris, indignés : « c'est le régime de l'esclavage! » s'écrient-ils. Non; c'est un état de droit et de fait qui est logique, que nous devons respecter et maintenir.
11 est une autre idée particulièrement chère à l'esprit français, que nous devons dépouiller en terre d'Afrique, c'est celle de l'unification administrative. C'est à elle que nous devons plusieurs des erreurs commises, particulièrement « l'islamisation » de TAurès. Elle parait aujourd'hui abandonnée ; l'est-elle assez? Ce serait folie de vouloir gouverner les Kabyles comme les Arabes, les Arabes de la région du Tell comme ceux de la région des Hauts Plateaux et du Désert, les Berbères « arabisés » comme les Arabes purs. Il faut donc que nos modes d'administration soient différents, très souples, surtout dans la pratique, afin que les manières d'agir, les procédés, s'adaptent partout le mieux possible à des populations qui, suivant la région, ont des habitudes, des traits, des caractères propres.
Voyons d'abord quelle est l'organisation actuelle.
Il y a trois sortes de communes : les communes de plein exercice, les communes mixtes et les communes indigènes.
Les communes de plein exercice, centres de population européenne, ont une organisation très semblable à celle de nos communes de France. Les indigènes, établis sur leur territoire, sont administrés par l'autorité municipale, le maire, ou le plus souvent par un adjoint au maire, — « adjoint indigène », nommé par le gouverneur général et choisi parmi les conseillers municipaux indigènes. On se souvient, en effet, que, dans les communes de plein exercice, les indigènes peuvent, sous certaines conditions, réclamer leur inscription sur une liste électorale, et qu'ils nomment des conseillers municipaux.
Les communes mixtes sont des agrégations de territoires, — centres de colonisation, douars et tribus; chacune forme une circonscription politique et administrative. La popula-