PRODUCTIONS AGRICOLES. I
tare. La palmeraie une fois en rapport, on pourra la savanner : le bétail mangera les graines verles qui tomberont et s'engraissera avec le résidu des tourteaux.
V Aréquier, originaire des Indes orientales et parfaitement accliraatéy produit une graine oléagineuse; cette graine, mêlée à la feuille de bétel, fait l'objet d'un grand commerce dans le Levant. Or, le bétel est pareillement acclimaté. Cette double culture, qui serait des plus lucratives, est accessible aux plus petits capitaux.
Le ISoyer de Bancoule. — L'arbre et son fruit rappellent le noyer et la noix d'Europe. On mange la noix de Bancoule en prenant la précaution de retirer le germe qui est un vomitif. L'huile de noix de Bancoule vaut l'huile de noix pour l'éclairage.
Les /arachides ou pistaches. — Acclimatées. La côte occidentale d'Afrique vend tous les ans pour plus de 80 millions d'arachides. Les arachides sont le principal objet du commerce du Sénégal et de la Guinée.
Chiltures médicinales.
Les plantes médicinales sont très nombreuses, même celles qui sont actuellement cultivées pour les besoins domestiques. Nous renvoyons à la nomenclature pour l'énumération des plantes médicinales actuellement connues en Guyane. Nous n'étudierons ici que la plus importante de ces plantes : le thé.
Le Thé. — Le gouvernement de la Guyane française dépensa 3 millions, en 1821, pour introduire dans la colonie des Chinois cultivateurs de thé. L'opération fut mal dirigée. On recruta dans les mers de l'extrême Orient 2S0 individus pris absolument au hasard. Ces individus s'évadèrent
presque tous pendant la traversée. A chaque escale le convoi diminuait de trente à quarante engagés. Le commandant ne put en débarquer qu'une vingtaine à Cayenne. Au bout de quelques mois ii ne restait plus que trois Chinois : un cordonnier, un maçon et un charpentier. Si cette expédition ridicule eût été mieux conduite, la Guyane française aurait peut-être aujourd'hui un rang excellent parmi les pays producteurs de thé. Les terres de la colonie sont très favorables à la culture de la plante. Au siècle passé, une expérience fut faite sur une assez grande échelle et réussit au delà de toute espérance. Malheureusement on abandonna peu après cette culture pour passer à autre chose. Les Brésiliens font cultiver le thé sur leurs plateaux de Minas et de Sao-Paolo. Les Chinois qui sont occupés à cette besogne trouvent ces terres un peu froides. Et cependant le rendement est magnifique. Les Anglais ont essayé de leur côté de faire cultiver le thé à la Trinidad, mais les terres de Tîle ont été trouvées trop sèches. La Guyane, chaude et humide, réussirait sans auctm doute d'une façon admirable dans la culture de la plante précieuse.
Culture des résineux.
Les arbres à gomme, à résine et à baume pourraient sans doute être cultivés avec avantage. Mais tant que la forêt offrira en abondance a l'exploitation les caoutchoutiers, les balatas et les autres ficus, il est probable que Ton ne s'occupera pas assez de faire des pépinières. Les plantations d'arbres à gomme et résine pourraient pourtant être entreprises dès aujourd'hui, par des capitalistes qui ne craindraient pas d'immobiliser leurs capitaux pendant ime quinzaine d'années. Ces plantations constitueraient à la colonie une précieuse réserve.