‹ La France équinoxiale (volume 2)Chapitre 43 sur 64 · JO LES DIRECTEURS D INDIENS · texte numérisé non relu

JO LES DIRECTEURS D INDIENS

qu^avec l'aide des Indiens. Couto de Magalhem le dit avec raison : c Les fils du sol . habitués à la vie demi-barbare a sont les essentiels éléments de la victoire; dans la « lutte, pacifique mais tenace, de l'élaboration de la ri- « chesse d*un peuple, ils sont les éléments indispensables M du succès. Il ne s'agit pas seulement de la conquête du <( sol, il s'agit aussi, et surtout, de milliers de bras acte climatés, les seuls qui puissent ouvrir promptement « la voie. Si les colons européens nous sont nécessaires, « les colons indiens nous le sont bien davantage ; car, ainsi « que nous le dit la grande France par la voix éloquente de « M. de Quatrefages, aucune race n'est aussi avantageuse « au Brésil comme élément de travail que la race du blanc ff acclimatée par le sang de l'indigène. »

Qu'a-t-on fait dans la Guyane française pour l'éducation des jeunes Indiens? Ont-ils une école professionnelle, une simple école primaire, une salle d'asile! Rien, absolument rien; on fait semblant de croire qu'ils n'existent pas. Et pourtant ils sont à eux seuls aussi nombreux que tout le reste de la population.

Pourquoi n'a-t-on aucun rapport avec eux? Parce que personne ne daigne apprendre leur langue. On apprend encore un peu de langue française à Cayenne, pour devenir avocat ou chef de bureau, mais les langues indiennes, bah! allons donc! des langues de sauvages! Nous ça Fancé, mais ça sauvages là, jé pas moun.

Le Brésil, lui, attache une si grande importance à cette connaissance des langues indigènes que Para et Manàos ont chacune une chaire de lingua gérai subventionnée par la province. Ces cours de langue tupi ont rendu les dialectes indigènes familiers à un grand nombre de Brésiliens r La plupart des directeurs d'Indiens ont successivement été élèves, puis titulaires de ces chaires de langue indienne.

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