ÔÏO I)E L EMIGRATION EUROPEENNE, ETC
indienne, quatre années qui m'ont valu de m'assimiler complètement au milieu, je me demandai ce que je pourrais bien offrir à mon pays comme cadeau de bienvenue. Je lui donne les prairies de Guyane. Ces prairies sont des terres saines, fertiles, inoccupées, et constitueraient un excellent débouché pour le trop-plein de nos malheureux. Les travaux préparatoires à la colonisation y seraient presque nuls, la mortalité des travailleurs assez faible. Or, s'il est vrai que nous ayons toujours de temps à autre des crises industrielles, que Témigration soit toujours considérée dans certaines circonstances comme un excellent remède économique, comme un exutoire nécessaire, au cas où les émigrants demanderaient des conseils sur la route a suivre, on pourrait alors leur indiquer, enlre autres destinations, les prairies de la Guyane. 11 y a plus, d'un jour à l'autre, le conseil général de la Guyane française, l'assemblée provinciale du Para ou celle de l'Amazone, peuvent faire des contrats avec des compagnies d'émigration^ contrats dans lesquels ces assemblées stipuleront l'établissement des colons dans les canipos de la contrée. Les agents de ces compagnies d'émigration peuvent venir chez nous. Peut-être même que les législateurs de Cayenne, de Para ou de Manaos demanderont tout spécialement à leurs contractants des émigrants français. Quelle conduite tenir vis-à-vis des recruteurs? Il est bon que les sociétés savantes, le gouvernement, le public, soient informés. C'est pour cela que j'ai tenu, naguère, à entretenir des prairies de la Guyane notre chère Société de Géographie commerciale. Mi Schomburgk, ni Crevaux, ni Wiener, ni aucun des voyageurs en Guyane n'ayant visité la région des prairies, il était de mon devoir, à moi humble débutant, de faire violence à ma modestie et de venir l'entretenir de cette question, intéressante à cause de son actualité.