I. — Développement économiqiue de rAxnazonie
La surface des deux provinces comprises dans le bassin de l'Amazone est, d'après les statistiques brésiliennes, de 3,046,732 kilomètres carrés. Le recensement de 187 1 donnait aux deux provinces une population totale de 33^,847 habitants. En i883, on évaluait cette population à environ 600,000 individus : i5o,ooo pour la province de l'Amazone (i) et 45o,ooo pour celle de Para, soit seulement i/5 d'habitants au kilomètre carré.
(1) Amazonas.
L* AMAZONIE. 3l3
Agassiz calculait à 5oo millions de francs le rendement annuel des produits spontanés de la contrée. Évidemment rien n'est plus fantaisiste que de telles approximations. Agassiz ne savait pas la quantité de salsepareille, de cacao, de castanha, de piaçaba et de caoutchouc qui se trouve dans les forêts de l'Amazone, ni celle de cent autres produits ou inutilisés ou inconnus. Remarquons toutefois que l'évaluation du naturaliste helvético- américain donnerait seulement un peu moins Ae deux francs à V hectare ^ ce qui est incontestablement beaucoup au-dessous de la vérité. C'est par milliards de francs qu'il faut évaluer les produits spontanés qui se perdent annuellement, faute de bras, dans cette vallée de l'Amazone, la terre par excellence des gommes, des résines, des textiles, des oléagineux et des produits pharmaceutiques.
On peut évaluer l'exportation actuelle totale des deux provinces, exportation alimentée presque entièrement par les produits spontanés de la forêt, à environ 90 millions de francs, ce qui donne à l'Amazonie i5o francs d'exportation par tête d'individu contre 4^0 en Australie, 2^0 en Angleterre, i[\o en France, 100 aux Etats-Unis, 100 en Argentine et 45 à l'ensemble du Brésil (i).
En 1867, l'Amazone a été ouvert à tous les pavillons. Depuis, la progression a été très rapide. De 1868 à 1882 la valeur oflGcielle de l'exportation faite par le port de Para s'est élevée de 5,827 : 243 $ 070 à 36,494 • 266 $ 744? soit une augmentation de 700 pour 100 en quinze ans. Pendant la même période, la progression de l'exportation aux Etats- Unis n'a été que de 4oo pour 100.
La progression de l'exportation totale du port de Para, représentant la presque totalité de l'exportation de l'Ama-
(1) L'exportation de l'Amazonie, en 1885, a été d'environ 250 millions de francs.
3l4 l' AMAZONIE.
zonie, a été la suivante pendant la période de 1878 à 1882 (1) :
Voici quelle a été, pour les trois années 1880, 1881 et 1882, l'exportation des trois produits principaux :
Produite. Quantité. Valeur.
Caoulchouc 7,977,784 Kil. 1 7 . 559 : 079 $ 954
Cacao 3,121,085 1 .765 : 399 $ 468
Castanlia (touka) 5,252,050 871 : 276 $ 609
Caoulchouc 8,427.427 20. 148 : 578 $ 986
Cacao 5,404,957 3.177 ; 199 $ 229
Caatanha 6,368,400 699 : 163 $ 357
Caoutchouc 9,624,569 30.062 : 893 $ 465
Cacao 6,293,673 3.653 : 209 $ 320
Castanha 4,033,200 600 : 680 $ 260
En 1882, la navigation intérieure en Amazonie employait 52 vapeurs, jaugeant ensemble 21, 324 toneladas, soit de 4o6 toneladas de jaugeage moyen, et qui firent 543 voyages sur les 80,000 kilomètres de voies navigables de Timmense bassin.
De 1879 à 1882, la navigation au long cours varie comme suit :
(1) Au Brésil on corople par milreis, figurés dans les chiffres par le signe |. Un conto de reis (million de reis) vaut 1,000 milreis et s'indique par :. Le conto vaut, selon le change, de 2,000 à 2,500 francs.
L AMAZONIE.
Années.
Yapenn.
VoiUen.
Tonnage total en toneladai.
En même temps que se développait le commerce de l'Amazonie^ augmentaient dans une forte proportion les revenus des deux provinces.
De 1878 à 1882, les revenus généraux de la province du Gram-Parà accrurent dans la proportion suivante :
Années.