L'AMAZONE ET LE RIO NEGRO
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De Para à Mandas. — Âpres cinquante jours d attente a Para , sans nouvelles de M. Chessé , je me déterminai à poursuivre mon voyage et à continuer l'itinéraire qui avait été primitivement arrêté. M. Donatien Barrau, le doyen vénéré de la colonie française de TAmazone, qui avait déjà été le Mécènes de Crevaux, me fournit les fonds nécessaires. J'emmenais avec moi Demont, auquel j'adjoignis un naturaliste parisien que j'avais rencontré à Para , M. Joseph Roche.
Je m'embarquai le 3i décembre i883, à minuit, à bord de la Princessa Izabely de la Compagnie de l'Amazope. L'obligeance de M. le vicomte de Nazareth, une des plus sympathiques et des plus intelligentes personnalités du commerce paraense, et la bonne volonté de M. de Lamarre, gérant delà Compagnie de l'Amazone, m'avaient valu, pour .moi et mes deux compagnons, un passage à prix réduit sur les vapeurs de la Compagnie.
Brei^es. — Le i*'* janvier 1884, à sept heures du soir, la Princessa Izabel s'arrête à Brèves. Brèves est une jolie petite ville qui rappelle un gros bourg français. J'y compte une cinquantaine de maisons dont une quinzaine à un étage. La construction est européenne. Brèves a près de 5oo habitants.
Nous partons de Brèves après une heure d'arrêt. Cette
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nuit y à dix heures y nous rencontrons un vapeur que nous prenons d'abord pour une ville de l'Amazonie. La Princessa Izabel s'arrête pour permettre à un de ses passagers de prendre passage à bord du vapeur que nous venons de rencontrer.
Gurupd. — Ce matin, 2 janvier, à neuf heures, nous faisons escale à Gurupd, qui compte une trentaine de maisons presque toutes couvertes en tuiles et construites à l'européenne. La ville peut avoir de 2 à 3oo habitants. Derrière Gurupa s'ëtend une magnifique végétation : de hautes forêts s'étagent jusque dans les lointains obscurs. Nous repartons après une heure de séjour.
Nous longeons maintenant la rive gauche. De l'embou-^ chure du Jary à Macapâ, on ne trouve sur cette côte qu'une seule petite ville, Mazagàoj qui est bâtie un peu dans l'inlérieur des terres, sur les rives du Mutuaca , et qui compte environ Soo habitants.
A bord nous faisons connaissance. Ce n'est pas seulement en Europe que les explorateurs sont en butte aux traits d'esprit des malins. Un gros fazendeiro à tête de Chinois, tout reluisant d'habits neufs, de graisse et de vanité, me salue ici du titre de ce découvreur de tortues ».
Nous laissons à notre gauche les parages du Xingu, région de savanes unies et désertes, pleines en ce moment de la lumière aveuglante et de la chaleur torride de l'été équatorial, sans un souffle, sous un ciel d'airain.
Almeïrim. — Voici les collines d'Almeïrim, précédées d'autres hauteurs qui s'étendent entre le Paru et le Jary, et que la grande carte de Velloso Barreto ne mentionne pas. yéh meînm, à rembouchure du Paru, est une petite bourgade d'environ 200 habitants. Entre Almeïrim et le Jary, un peu dans l'intérieur des terres, se trouvent deux autres villages moins importants, Espozende et Jrraiollos.