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PREFACE. IX

cette fois dans le district de Kourou, district fameux par l'entreprise coloniale de 1763, opération célèbre par laquelle Je grand ministre Choiseul trouva moyen d^envoyer à la mort^ en moins de deux ans, et sans jugement, 1 4^000 colons français.

En février 188 3, un nouveau gouverneur, M. Cliessé, qui venait d'annexer Taiti , arrivait dans la colonie. Nous avions alors à expédier nos produits à l'exposition d'Amsterdam, M. Ghessé, à ce propos, me demanda une brochure sur a les Richesses de la Guyane française D. Je remis, huit jours après, la petite étude qui fut honorée à Amsterdam d'une médaille de bronze.

M. de Mahy, alors ministre intérimaire des colonies, demandait en même temps au gouverneur un missionnaire pour explorer les territoires plus ou moins neutres ou contestés qui avoisinent notre colonie de Guyane. M. Ghessé, à qui j'étais présenté ofGciellement par le Gomité agricole et industriel de la Guyane française, dont j'étais membre, me fit l'honneur de vouloir bien me désigner.

Me voici donc constitué officiellement l'apôtre de la plus grande Guyane.

Je débute, en mai i883, dans mes voyages officiels, par une excursion de deux mois au pays de Gounani, dans ce coin du contesté qui, au point de vue français, n'est plus contesté.

De retour à Gayenne j'en repars aussitôt, le 10 juillet i883, pour accomplir le grand voyage que je ne devais terminer que le 23 avril i885. G'est la

relation de ce grand voyage qui fait l'objet de ce volume.

Un voyage ininterrompu de 21 mois et treize jours dans ces contrées, c'est beaucoup plus que mon illustre prédécesseur Crevaux n'en fit jamais d'un seul coup. Le plus long de ses voyages en Guyane, celui de Cayenne aux Andes, ne dura pas un an.

Toutefois, si j'avais à faire entendre des plaintes, ce ne serait point au sujet des misères du métier : par grâce d'état, les fièvres, l'anémie, les privations et la mort sont à peu près indifférentes à ceux-là qu'un malin génie a voués aux explorations.

Mais mon grand voyage dans notre Territoire Indien, notre Grand-Sud guyanaïs, fut singulièrement assombri par de bien fâcheuses traverses administratives.

Tous ces ennuis n'étaient que le fruit d'un malentendu. Du fond des déserts de la Guyane centrale, on est pins éloigné des ministères que lorsqu'on a le bonheur de faire sa carrière sur les banquettes du café de la Paix : aussi les tristes pérégrinations de ma dernière année furent-elles faites de jours bien noirs.

En deux mots : un ministre colonial m'envoie étune question coloniale vieille de deux siècles oiijours brûlante. Le crédit afférent à ma misit prévu pour deux ans. jMais voilà que bientôt ccesseurs de M. de Mahy, ou leurs bureaux, coloniaux ou moins bien informés, s'amusent

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