VILLES ET VILLAGES
SàO'José de McUary. — Cette povoaçâo, ancienne aidée, se trouve à quatorze lieues en amont d'Itaeoatiara, entre deux émissaires du lac Matary. L'aidée primitive, la mission, fut fondée par le Fr. José das Chagas, un des premiers et des plus remarquables apôtres des nations de FAmazone. La petite église est aujourd'hui en ruines.
Manoel Joâo, Indien de la tribu Juma, ayant été pris en bas âge au rio Matura par les Muras qui rélevèrent, arriva plus tard, en raison de sa remarquable intelligence et de sa grande activité, à être choisi comme principal chef de sa tribu, fonda son village rive nord de FAmazone, un peu au-dessous du Matary actuel. Plus tard, vers le milieu du siècle passé, ce village fut transporté par José das Chagas qui fonda la mission, devenue depuis povoaçâo de S. José de Matary.
Conceiçâo. — Freguezia sur la rive du lac Canuma, déversoir de rUrubû ; Conceiçâo avait 500 habitants en 1884.
Sào-Raymundo et Sâo-Pedro Nolasco. — Freguezias abandonnées sur les bords du bas Urubu.
Copella. — Povoaçâo au N.-O. d'Itacoatiara dans le delta du Uatuman.
Silves. — Silves est une des villes les plus anciennes des bords de FAmazone. Elle fut établie, comme aidée, sous le nom de Saraca, sous la direction des religieux de la Merci, et, en 1759, fut élevée à la quahté de ville, sous son nom actuel, par le gouverneur Joaquîm de Mello et Povoas. Devenue depuis simple freguezia, elle fut de nouveau élevée à la catégorie de ville par loi provinciale du 22 octobre 1852. Elle est située dans la plus belle île du lac Saraca, au pied d'une petite colline tournée vers Fest, au centre d'un panorama magnifique. En 1884, Silves avait 500 habitants.
Itacoatiara. — Itacoatiara naguère appelée Serpa et primitivement Itacoatiara (pierre peinte), nom auquel on est revenu aujourd'hui (1883), est une ville située sur une petite colline, ce qui lui donne un excellent port et permet aux navires du plus fort tonnage de venir charger et décharger accostés à terre. Son nom lui vient de quelques rochers de son port, visibles aux basses eaux, et sur lesquels sont tracés des dessins hiéroglyphiques. L'aidée primitive , d'abord appelée Itacoatiara, et même, tout d'abord, Abacaxis, fut élevée à la qualité de ville, sous le nom de Serpa, en 1759, en même temps que Silves, par le même gouverneur delà capitania du rio Negro, Joaquim
de Mello et Povoas. Regressée au rang de simple freguezia ea 1833, elle fut de nouveau élevée à la catégorie de ville par loi provinciale du 10 décembre 1857.
Actuellement la ville d'Itacoatiara est un port considérable de la province de TAmazone, port qui sert principalement d'entrepôt à l'important commerce duMadeira. Les Boliviens descendus par le rio Madeira ont l'habitude de laisser à Serpa leurs canots et bateldes et de descendre à Para par les vapeurs qui sillonnent l'Amazone. Leurs ventes et achats opérés à Paré , ils viennent reprendre à Itacoatiara canots et batelôes et se sauvent dans leur pays en remontant le rio Madeira et ses affluents, pénible voyage de plus de trois mois.
Un peu au nord de la ville se voient les ruines de l'ancienne colonie d'Itacoatiara appartenant à la compagnie de navigation et commerce de l'Amazone, colonie où cette compagnie fit beaucoup de dépense^ improductives.
Un peu au-dessus d'Itacoatiara, sur la même rive, se rencontrent des vestiges d'un vaste cimetière indien. Ici et là, la terre détrempée et enlevée par les grosses pluies laisse voir quantité d'igaçabas ou urnes funéraires dans lesquelles les Indiens gardaient les restes de leurs chefs. Ces urnes sont apparentes de l'Amazone. Beaucoup d'entre elles ont été enlevées par des passagers comme objet de curiosité de peu d'importance, et ainsi, bien souvent, ces reliques vénérées de plusieurs générations ont été employées aux usages les plus profanes.
Par décret du 25 janvier 1872 fut créée à Itacoatiara (alors Serpa), une douane de cinquième ordre avec des attributions plus étendues que celles conférées aux douanes du môme ordre dans l'Empire. Il fut permis que les embarcations destinées aux frontières du Pérou et de Bolivie, « quand elles ne pourraient, à cause de leur trop fort tonnage, remonter au dessus de Serpa » s'acquitteraient de leurs droits entre les mains des autorités fiscales de la ville. Gomme si les plus forts vapeurs destinés au Pérou et la Bolivie par l'Amazone ne pouvaient remonter jusqu'à Tabatinga, dans le Solimoes, et à S3o-Antonio dans le Madeira! Itacoatiara a actuellement (1884) 500 habitants.
Uatuman. — Povoaçâo située sur la rive gauche du rio du même nom. Elle fut fondée en 1811 par Ghrispim Lobo de Macedo. Elle est peuplée d'Indiens domestiqués de la tribu des Pariquis adonnés à l'industrie des produits forestiers : salsepareille, copahu, etc.
Faro. — Faro, autrefois aldeia de Jamunda, est située sur les bords du lac de Faro que traverse le rio Jamunda. L'aidée primitive, d'Indiens Uaboys, était établie au-dessous du confluent du Pracutûet du Jamunda, elle fut transférée par les PP. capucins de la Piété à,
4ào 4NNEXES.
rexLrémilé occidentale du lac de Faro : elle est devenue en cet endroit la ville actuelle de Sâo-Joâo Baptista de Faro.
Encore aujourd'hui les pilotes de la région montrent Tendroit où se trouvent Tantique aidée des Uaboys, ou Jamundas, nom sous lequel on désigne généralement les Indiens qui existent dans cette région.
En 1758, le gouverneur et capitaine général, Francisco Xavier de Mendonça Furtado , éleva cette aidée à la catégorie de ville et lui donna le nom de Faro. Cette solennité s'accomplit le 31 décembre 1758. Étant présents le conseiller-auditeur Feijo, le vicaire et quelques notables, on procéda à Télection des juges et procureurs de la Chambre.
Il y avait alors déjà à Faro, pour le compte de TÉtat, une huilerie dont les restes sont encore visibles ainsi qu'une fabrique de tissus de coton et une tilature.
Faro possède actuellement dans son district quelques fermes à bétail. Ses forêts abondent en salsepareille, cravo, castanha, etc. Elle exporte aussi pour Para une grande quantité de tours de tourneur, en taoub. Pourtant, malgré ses nombreux éléments de richesse» la ville est tombée en complète décadence. Le contrat passé par le gouvernement provincial de Para avec la compagnie de l'Amazone pour établir une ligne régulière de vapeurs sur Faro donna un instant l'espérance de voir cette ville sortir de son marasme. Malheureusement le contrat fut résilié. Faro perdit ce sérieux élément de progrès. Encore aujourd'hui (1886), ses campagnes, ses magnifiques prairies sont inutilisées pour l'agriculture, l'industrie et le commerce.
En 1859, en raison de la décadence progressive de la ville, les principaux fazendeiros du district avaient demandé à l'Assemblée provinciale et obtenu le transfert du siège de la ville à la rive nord du lac Algodoal. Cette localité présentait l'avantage de se trouver presque au centre du municipe et à la proximité des principales fermes à bétail et à culture , mais le lac , très vaste et peu profond, tempétueux l'hiver et presque à sec l'été, est pendant la première saison inaccessible aux plus fortes embarcations à cause des vagues, et pendant la seconde presque inaccessible aux plus petites à cause de son manque de fonds. Ce choix était fort médiocre. Mais, à la grande joie des habitants de Faro, personne ne se mit en peine de réaliser le transfert décrété. En 1884 Faro avait 500 habitants.
Obidos. — La ville d'Obidos, située sur une petite colline, est l'aatique Pauxis, importante aidée formée de la réunion de deux plus petites, la grande Curuà et la petite Curuâ.
Le capitaine général Antonio de Albuquerque Coelho de Carvalho, passant par l'endroit où se trouve aujourd'hui Obidos, frappé de
ANNEX£S. 4^'
rétranglement que présente sur ce point TAinazone rétréci jusqu'à 1800 mètres environ, jugea que cette situation était très avantageuse pour un fort et chargea Manoel de Motta e Siqueîra d*en construire un pour commander le détroit. Siqueira appela lesPauxis, qui demeuraient aux environs et transporta leur aidée au pied du fort. Ce forl subsista longtemps, toutefois il était complètement abandonné, quand , en 1854, on construisit le fort actuel.
En 1758, Valdée de Pauxis était élevée sous le nom d'Obidos à la catégorie de villa (bourg) par le capitaine-général Francisco Xavier de Mendonça Furtado, qui assista personnellement à l'inauguration. En 1854, Obidos fut élevée à la catégorie de ville {cidade). IJnecomarca d'Obi dos fut créée en 1867, avec Obidos pour chef-lieu.
La colonie militaire d'Obidos était située très près de Tembouchure du Trombetas. Elle était limitée au sud par l'Amazone, au nord elle était traversée par le rio Gurussamba. Elle mesurait près de deux lieues de façade sur l'Amazone, de l'igarapé Sucurijû à l'est, au lac et à l'igarapé Kirikiri à l'ouest.
Obidos possède deux églises, la cathédrale, inaugurée en 1827, et la chapelle de Bon Jésus, au-dessus d'une petite ancienne chapelle construite par souscription ouverte en 1855 entre les habitants d'Obidos pour accomplir une promesse faite vingt ans auparavant pendant la guerre civile du Gabanagem. Cette chapelle est aujourd'hui en ruines (1883). .
En 1857 se publia à Obidos un journal hebdomadaire : La'Senti nelle Ohidense, Il vécut un peu plus d'un an. En 1867 en parut un autre : P Indmlrie, qui dura moins de temps encore. En 1873 la ville comptait deux écoles primaires dont une pour les garçons avec 46 élèves et une pour les filles avec 37 élèves et une école nocturne fréquentée par 15 élèves.
En 1873 la ville comptait de 1,000 à 1,200 habitants et le municipe de 8 à 10,000. On comptait environ dans la ville de 160 à 180 propriétés. Le municipe possédait de 14 à 16,000 tètes de bètes à cornes. L'industrie pastorale est une des plus importantes du municipe. Le Trombetas passe pour être une des rivières les plus riches de l'Amazone en bois de toutes sortes. Obidos en exporte pour une assez forte somme.
En 1884 Obidos comptait 1500 habitants. C'est la ville la plus importante de la rive gauche de l'Amazone entre Manéos et MacapÀ,
L'agriculture est florissante dans le municipe, le cacao en est la branche la plus importante. La production du café suffit à peine à la consommation. Le tabac est cultivé sur une plus petite échelle encore que le café, sa meilleure qualité et la plus grande quantité
viennent des mucambos du Trombetas. Le coton vient très bien, il se trouve dans toutes les habitations, mais en si petite quantité qu'il ne suffit pas aux besoins des habitants. Le maïs, les haricots et le riz sont peu cultivés, la production en est insignifiante.
Alemquer. — Importante ville de 1,000 habitants, située rive gauche, sur un parana de TAmazone, débouché du bassin du Cuarà.
Monte-Alegre, — Monte-Alegre est située sur la crête méridionale d*un plateau de 300 mètres de hauteur, d'où on découvre un magnifique paysage et spécialement le Campo grande de la rive gauche de TAmazone, semé de lacs et de monticules boisés. C'est un des plus beaux points de vue de TAmazone.
Pour arriver à Monte-Alegre on laisse TAmazone en face de Tile du Fréchal , on entre par le paranamirim jusqu'à ce que Ton rencontre le rio Gurupatuba, on remonte un peu ce cours d'eau et on arrive à Monte-Alegre qui. est sur la rive gauche. En face de Monte- Alegre, le Gurupatuba a 260 mètres de large.
Le volume colossal de la montagne Tauajury qui se lève au nord de la ville , la serra de Eréré à l'ouest, avec sa façade en aspect prèsque à pic du côté du Nord ; le serro Maxira et le Monte Grande qui émergent du milieu de la savane comme de gigantesques tours coniques, et le serro Paraiso qui est le plus occidental, le vaste plateau coupé par l'Amazone et la lointaine ligne des monts du Gurué qui se dessinaient mal à l'horizon lointain : tous ces objets de formes et d'aspects variés constituent un magnifique panorama, la plus belle peinture naturelle qu'il soit donné d'admirer dans les deux provinces brésiliennes de l'Amazone.
Monte-Alegre est non seulement un endroit charmant, riant, enrichi de panoramas gracieux, mais il est surtout important à cause de sa température, la moins élevée que l'on puisse rencontrer à l'Amazone, par son atmosphère pure, par sa salubrité, parla pureté de ses eaux, phénomène rare sur les bords du grand fleuve.
Le nom primitif de Monte-Alegre était Gurupatuba, aldeia. fondée par le P. Manoel da Costa, de la Compagnie de Jésus. Il fut élevé à la qualité de villa en 1758.
Au port de Monte-Alegre se trouve aujourd'hui une scierie mécanique travaillant pour l'arsenal de marine de Paré.
L'église de Monte-Alegre, achevée en 1872, eut une des plus belles et des meilleures de l'Amazone.
En 1873 la ville comptait environ 2,000 habitants blancs, indiens et métis, au nombre des plus industrieux de la province. Ils s'adonnent principalement à la culture du cacao ; les grandes quantités de vam-
AlflïEXES.
pires qui infestent le campo rendent difficile l'élevage dee bestiaux. On récolte aussi la salsepareille, lecravo; on pêche le lamantin qui est très abondant. La population indienne , assez nombreuse, file le coton, fait des hamacs et de la poterie. En 1884 j'évaluai à 300 le nombre des habitants permanents de Monte-Alegre.
Prainha. — Cette freguezia, autrefois appelée Outeiro, se trouve sur les bords du rio Uruaré , ou Urubucuara, où elle fut transférée en 1830. Elle est en décadence. Ses habitants vont exploiter le caoutchouc aux rios Jary et Tamatahy. L'agriculture est complètement délaissée. On compte de 14 à 16,000 tètes de bétes à cornes dans le campo voisin. Prainha a environ 200 habitants.
Almetrim. — Almeïrim, à l'embouchure du Parou, est une petite bourgade d'environ 200 habitants. Entre Almeïrim et le Jary, un peu dans l'intérieur des terres , se trouvent deux autres villages moins importants , Espozende et ArraioUos.
Mazagào, — Cette petite vilie est située sur la rive septentrionale du haut Mutuacâ, près de ses sources, à neuf lieues de Macapâ. Elle est le chef-lieu du municipe qui porte son nom.
Les premiers habitants de cette ville furent 114 familles, qui évacuèrent la ville de Mazagâo, sur la côte occidentale du Maroc, et furent transférées à l'Amazone pour y former une nouvelle ville de Mazagâo. Cette décision avait été prise au conseil des ministres, par Francisco Xavier de Mendonca Furtado alors ministre de la Marine et des colonies, en 1770.
• La population du municipe est d'environ 4,500 habitants. 11 exporte du cacao, des castanhas et du caoutchouc. Mazagâo a 300 habitants environ*^
Macapà et sa forteresse. — Macapâ est une ville de 2,000 habitants , pauvre, médiocrement saine, peu active et en somme en décadence.
Elle est reliée à Paré par un vapeur mensuel qui part de Macapà chaque 17. Le gouverneur Fernando da Costa de Athayde Teive décida, en 1764, après étude des lieux, la construction d'une grande forteresse à Macapi. Le sergent-major d'ingénieurs Henrique Antonio Galussi fut chargé de la direction des travaux.
Cette grande forteresse , peut-être la plus forte de tout l'empire, par la sûreté de sa construction et par son étendue , est armée de 86 canons, des calibres de 1 à 36. Aujourd'hui elle sert à peine de presidio aux condamnés de Paré et de l'Amazone. Elle est toutefois commandée par un officier supérieur. Son premier commandant fut Manoel da Gama Lobo de Almada qui mourut gouverneur de la capitanie du rio Negro.
454 ÀNNEXKS.
Les hommes compétents du Brésil ne sont guère partisans de l«a conservation de cette forteresse. Voici les raisons que donne à ce sujet un écrivain paraense cité par le (^bnego Francisco Benardîno de SouzA {Lembranças e curio$idades do valie do Amazonas).
« Le jour que le gouvernement impérial abandonnera cette forte- « resse, ou à cause de son inutilité puisqu'elle ne peut défendre toute c( rimmense embouchure de TAmazone, ou à cause derinsalubritédc « l'endroit où elle à été construite sera fait un bon pas économique « et humanitaire. Macapà étant un foyer permanent et très actif de «< fièvres intermittentes dont peu échappent. Ceux qui n'y meurent «< pas promptement courent toujours le risque d'y acquérir quelce ques infirmités chroniques pour le reste de leur vie.
(( A l'existence sans gloire de ce colosse de pierre, sans traditions « historiques qui le fassent apprécier, nous préférons la prospérité « de la ville et la bonne santé de ses habitants. Si pour éteindre les (( marais méphitiques qui entourent cette ville on a besoin des dé- « combres de la colossale forteresse, que le gouvernement n'hésite « pas, qu'il démolisse la forteresse et sauve la ville. »
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NOTES SUR lE CONTESTE OFFICIEL
Les dernières négociations ofHcîelles entre la France et le Brésil pour la délimitation des Guyanes française et brésilienne ont eu Heu en 1856, au ministère des affaires étrangères à Paris. Le plénipotentiaire de la France était le baron de Butenval et le plénipotentiaire du Brésil le vicomte d'Uruguay.
Premières propositions, — La France revendiqua d'abord , 1" à la
côte, LA UMITE DU BRAS NORD, OBSTRUÉ OU NON, DE l'ArAGUARY, puis le
fleuve Araguary ; 2^ dans l'intérieur de Test à Fouest, une ligne
PARTANT DE LA SOURCE DE L'ARAGUARY PUIS SE PROLONGEANT A ÉGALE DISTANCE DE LA RIVE DE l' AMAZONE JUSQU'a CE QU'eLLE RENCONTRAT LA
LIMITE OUEST DU RIO Branco. — Et le Brésil n'offrit tout d'abord que la limite de VOyapock ei de la chaîne de partage à l'ouestde la source de rOyapock.
Dernières propositions. — C'est dans le procès-verbal de la séance du 1®' juillet 1856, quinzième et dernière séance des négociations, que nous trouvons, formulées par le baron de Butenval, les dernières PROPOSITIONS FAITES PAR LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS AU GOUVER- NEMENT BRÉSILIEN.
Le baron de Butenval, plénipotentiaire de France, déclare que le gouvernement de l'Empereur consent à ce que la future limite soit ainsi indiquée dans le traité à intervenir.
« Le CANAL DE CaRAPAPORIS, SÉPARANT L'iLE DE MaRACA DES TERRES
« ADJACENTES DU CAP DE NORD, puis la branche nord du fleuve «< Arouari^ si cette branche est libre, ou , dans le cas oii cette bran- « che serait aujourd'hui obstruée, le premier cours d'eau suivant, « EN remontant VEhs LE NORD ET SE JETANT SOUS le uom de Mannaic « ou de Carapaporis dans le canal de Garapaporis a un degr£ qua-
« RANTE-CINO minutes ENVIRON DE LATITUDE NORD.
« La limite, partant de la cote, suivrait le cours hV FLEUVE sus- « INDIQUÉ jusqu'à SA SOURCE, PUIS SE PROLONGERAIT A ÉGALE DISTANCE
« DE LA RIVE DE L'AmaZONE JUSQU'A CE QU'ELLE RENCONTRAT LA UMITE
a OUEST DU RIO Branco. » ( Protocole de la conférence sur la délimita' « tion des Guy ânes française et brésilienne, 1857. Ilio de Janeiro, « page 174).
« Le plénipolentiaire français [Protocole, page 174) s'estime « heureux d*êlre auprès de son honorable collègue, Tintermédiaire « d'une proposition qui semble de nature à clore équitablement et « heureusement la négociation poursuivie depuis plus d'une année. « Si la bouche nord de TArouari ou Vincent Pinçon est libre, en M l'adoptant définitivement comme frontière, les hautes parties « contractantes ne feront qu'exécuter le traité d'Utrecht. Si, au a contraire, elle est obstruée, loin de se prévaloir de ce que la « limite d'Utrecht aura , en quelque sorte , été abolie par les éléu ments, la France consent à reculer jusqu'au cours d'eau le « plus voisin en remontant vers le nord. Cette concession est le té- « mbignage des sentiments qui inspirent le gouvernement de l'Empe- « reur, mais c'est le dernier effort qu'il soit permis de faire vers « l'accord définitif qu'il a tant à cœur de voir s'établir. »
« Le plénipotentiaire brésilien (Protocole, page 174) répond à son « honorable collègue qu'il a épuisé toutes les concessions qu*il pouvait « faire afin de terminer la question par une transaction , mettant le « droit de côté en proposant pour umite le Calsoène a deux degrés •< trente minutes environ. (Proposition faite dans la 14* conférence- « page 170.)
« Le plénipotentiaire brésilien ajoute que ce qu'il vient de dire se ii réfère à la Umite de la côte, car quant a celle de l'est a l'ouest,
c< IL s'abstiendra DE LA DISCUTER ET d'ÉHETTRE SUR ELLE UNE OPINION,
<( non seulement parce quelle est indiquée très vaguement, et comme «( une conséquence d'une ligne de côte qui n'est pas acceptée et fixée, « mais aussi parce qu'il a été convenu dans le protocole de la 12* confé- « rence qu'il n'était pas possible de s'occuper de la limite intérieure « avant d'avoir arrêté la limite de la côte. »
En effet, dans le protocole de la ' iT conférence, du 22 janvier 1856, on lit (Protocole, page 151, 152) :
« M. le vicomte d'Uruguay plénipotentiaire du Brésil manifeste « le désir de savoir quelles sont les intentions et l'opinion de son « honorable collègue sur la seconde partie de son Mémoire, c'est-à- « dire la ligne divisoire qui doit séparer, allant de l'est à l'ouest, « les territoires des deux pays.
« Le plénipotentiaire français répond , qu'à son avis, le point de «( départ de toute limite étant la limite maritime , celle du point de « la côte où débouche le cours d'eau commun aux deux États, il lui
« semble impossible de s'occuper de la limite intérieure avant d^avoir « arrêté ce point de départ, c'est-à-dire d'avoir résolu la difficulté (c créée par la diversité d'interprétation des traités d'Utrecht par la « France et le Brésil.
« Le plénipotentiaire du Brésil déclara partager cette opinion. »
Cette question de la limite de l'Est à l'Ouest est étudiée dans les mémoires préalables des deux plénipotentiaires.
Le plénipotentiaire du Brésil, dans un Mémoire officiel sur la délimitation desGuyanes française et brésilienne, du 15 juin 1855» concluait, pour la frontière de l'est à l'ouest, « qu'il serait convena- « ble de stipuler que la limite entre le Brésil et la Guyane française , (c de l'est à l'ouest, continuerait, de la source del'affiuent ou em- « branchement de l'Oyapock dont il est parlé dans la première partie « de ce Mémoire (le Brésil offrait primitivement l'Oyapock pour « limite et n'offrit le Calsoène à près de deux degrés plus au sud « qu'à Tavant-demière conférence), continuerait par les Gordilliéres, « chaînes de montagnes ou terrains plus élevés qui forment le « partage entre les eaux qui vont à la rivière des Amazones , et « celles qui vont à la Guyane française et à l'Océan. » (Protocole, page 10.)
A quoi le baron de Butenval répliquait, dans sa réponse préliminaire du 28 juin 1855 au Mémoire de M. le vicomte de l'Uruguay : « Le Mémoire de M. le vicomte de l'Uruguay touche aussi, mais très « sommairement, à la question des limites dans la direction de « l'ouest. Cette question est intacte, et peut-être n'a-t-onpas encore, « de part et d'autre , toutes les données positives qui seraient néces- « saires pour la bien régler. La pensée du cabinet brésilien parait (( être de chercher une ligne naturelle, comme celle d'un partage « d'eauy de préférence à une ligne artificielle qui constituerait plu- « tôt une séparation idéale sur le papier qu'une frontière d'un relief « bien accusé sur le terrain. Nous reconnaissons sans peine qu'une i< frontière ainsi constituée est préférable. Cependant, on ne pourrait c< de notre côté, prendre aucun engagement de ce genre , d'après « des données aussi peu précises que celles que nous possédons « sur l'intérieur de la Guyane dans la direction de l'ouest, ni « renoncer, en principe, au bénéfice d'une ligne astronomique plus « ou moins parallèle à l'Amazone qui couperait quelques-uns des » cours d'eau , affluents directs ou indirects de la rive gauche du « fleuve. »
Les négociations de 1856 n'ont pas abouti bien qu'elles aient été les plus sérieuses qui aient été engagées, depuis l'origine du difi'érend. « Jamais, jusqu'à ce jour, cette question des limites n'a été
« sérieusement examinée, instruite, ni discutée, dit le plénipoten- « tiaire brésilien ; elle a toujours été écartée ou esquivée à la hâte , « sous Tinfluence d*événements plus considérables qui la dommaienl « et qui l'étouflaient. » (Protocole, page 144.) « La France, pour la « première fois , dit le plénipotentiaire français, vient de produire « Ten^emble de ses preuves et d'en développer les détails. » (Prolo- « cole, page 144.)
Délimitation officielle du contesté. — Ces négociations eurent au moins pour résultat de donner des frontières officielles au territoire ^eùntesté franco-brésilien.
Nous en référant aux propositions faites, au nom de son gouvernement, par le plénipotentiaire français, la France revendiquant sa frontière historique , sa frontière du dix-huitième siècle, réclamait en 1856 :
!• A la côte : le bras nord de l'Araguary (représenté aiyourd'hui, en 1887, par la rivière Jourdon, le lac da Jac , la riidère du Comprido, le lac Novo et le déversoir du lac Novo dansTAraguary),
ET LE PLEUVE ArAGUARY.
2** Dans Tinlérieur, de Test à Touest : une ugne partant de la
SOURCE DE L*ArAGUARY PUIS SE PROLONGEANT A ÉGALE DISTANCE DE LA
RIVE DE l'Amazone jusqu'à la limite ouest du rio Brango.
Cette limite dans l'intérieur, la limite de l'est à l'ouest , comme les diplomates Tout appelée, n'a pas été, en 1856, et n'aurait su être déterminée aveq précision.
Au dix-huitième siècle c'était « une ligne s' écartant le moins possible de t Equateur et de la ligne parallèle au cours de l'Amazone (Bessner, Mission Mentelle , 178:2), se rendant jusqu^au rio Branco, et essayant de trouver à nos territoires de lUntéHeurune frontière sensible, scientifique.**
En 1856 , c'est « une ligne partant de la source de VAraguary et se prolongeant à égale distance de la rive de C Amazone jusqu'à la limite ouest du rio Branco. » La source de l'Araguary, qui n'est pas encore exactement connue, n'était pas alors connue même coiyecturalement. La source, également inconnue, du Garapaporis ou Mannie offerte transactionnellement comme frontière , eut pu nous donner une limite plus méridionale que celle de la source de l'Araguary. Ce n'est donc pas même interpréter, mais seulement traduire la pensée du gouvernement français en 1856 que de qualifier la frontière intérieure qu'il proposait à partir de la source du fleuve limité à la côte : Un Equateur visible sensiblement parallèle à l'Amazone jusqu^au rio Branco, Ce qui {pour plus de précision) place la parallèle voulue à l'Amazone, en 1856, à environ 200 kilomètre^ au nord du fleuve.
Ce qui nous auiérise à préciser neUemerii ainsi pour Favenir notre frontière : l'ancien bras nord de l'Araguary ; l'Araguary ; une lignr
A DEUX CENTS KILOMÈTRES ENVIRON DE l'AmAZONE JUSQU'aU RIO BrANCO, LIMITE OCCIDENTALE.
Importance du contesté. — Superficie. — La Guyane française proprement dite, entre rOyapock> la chaîne de partage et le Maroni-Aoua, mesure environ 80,000 kil. cari Le territoire, protégé parla France^ d*entre Aoua et Tapanahoni (République de nègres marrons), mesure 25,000 kiL car. soit 40S,000 kit. pour la Guyane française actuelle.
La partie que nous conteste le Brésil compte 60,000 kii. car. seulement pour la partie littorale d entre Araguary et Oyapock. Le territoire de rintérieur,'de TAraguary au rioBranco, mesure environ 200,000 kii. car. Soit iôOfiOO kil. pour les territoires que nous conteste le Brésil.
Le territoire contesté est donc, en superficie, deux fois et demi plus important que la Guyane française actuelle.
La Guyane française totale^ contesté compris, mesure donc une superficie de 565, ÙÙO kil. car.
La Côte. — Le contesté nous donne plus de 400 kilomètres de côtes, contre 350 que nous possédons dans la Guyane actuelle. De plus, la limite du bras nord de t Araguary nous met à 50 kilomètres de r embouchure de V Amazone au lieu de 450. Enfin Vile de Maraca commande, dans une certaine mesure, l'entrée du grand fleuve.
Les Prairies : territoires de colonisation européenne. — Sur ces 260,000 kil. de superficie, le territoire que nous conteste le Brésil possède environ 400,000 kil. car. de prairies^ dont 40,000 à la côte ; 40,000 sur la rive gauche de rio Branco , et 20,000 dans la région intermédiaire.
Les tribus indiennes. — C'est dans le territoire contesté, au pied des montagnes centrales , entre les sources de TOyapock et celles du rio Branco , que se sont réfugiées les tribus de TAmazone , fuyant, au temps de la conquête et depuis , les cruautés des Portugais.
L'énumération d'une trentaine des tribus les plus connues suffit pour montrer l'importance de ce grand groupe indien. De l'ouest à Test on connaît, d'une manière positive, les Macouchis, Ouapîehianes, Atorradis, Chiricoumes, Coucoichis, Gouitias, Kirichamans, Assahys, Toucanes, Japiis, Tarims, Ouayeoués, Garas, Ouatchas, Paricotes, Goudouis, Nères , Piannocotes , Tounayanes, Trios, Roucouyennes, Apalaïs, Oyampis, Goussaris, Tamocomes, Gouciachis, Arenaibous. Quelques-unes de ces tribus, comme les Ouayoués, les Piannocotes, les Roucouycnnes, les Oyampis, les Apalaïs, les Cous-
46o ANNEXES. ,
saris, comptent chacune plusieurs milliers d'individus. Le haut Trombetas et le haut Jamundà passent pour avoir une dense population indigène.
Je ne crois pas qu'on puisse évaluer à moins de 100,000 individus le nombre des indigènes du territoire contesté. Ces tribus sont vierges encore. Ni les colons français ni les colons brésiliens ne les ont pénétrées. Ceux qui savent le parti qu'il y a à tirer, en Amérique chaude, de la race indigène , — et pour Tacclimatement, par le métissage, de la race européenne ; et pour le développement général de la prospérité de la contrée , — ne considéreront pas comme la moindre attraction de ce territoire au sud des montagnes , territoire qui commande TAmazonie comme le Piémont commande Tltalie , la présence de ces 100,000 Indiens de ces 100 tribus vierges.
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GLOSSAIRE
p.f portugais; c, créole de Cayenne; i., dialectes iadiens; 1. g., lingaa gérai
Abatis, c. défrichement.
AcANGATARE; 1. g. couronDe de plumes
dont les Indiens se coiffent aux
jours de fêtes.
Ajoupa, c. appentis sommaire, cou-
yert de feuilles de palmier.
Ante^ p. tapir.
AouABA, c. palmier à. huile de
Cayenne.
Arara, p. ara.
Bache^ c. palmier appelé miritis en portugais.
Balata, c. arbre qui donne une espèce de gutta-percha.
BarhancaS; p. barrage d'herbes ou de boue dans les rivières ou les lacs.
Bateau tapoute, c. nom donné dans la Guyane française aux petites goélettes employées au cabotage.
BatelXo, p. grand bateau plat pouvant charger deux ou trois tonnes, en usage en Amazonie pour transporter les marchandises.
Beiju^ 1. g. espèce de cassave.
Borracha, p. la gomme du caoutchouc.
B0RRACBEIRO9 p. celui qui fait exploiter la borracha ou qui en trafique.
B0UCAN9 c* ftp* f<6u allumé pour boucaner le gibier^ le poisson^ ou bien encore pour écarter les insectes.
Bravo, Brava, qui n'est pas pacifique (qui attaque).
BuGRE^ p. brut. Les Indiens bugres peuvent être mansos ou bravos.
Le mot bugres indique qu'ils n'ont pas de contact avec les blancs.
Gaboclo, p. cuivré, Indien ou métis d'Indien; c'est le mot poli pour dire tapouye.
Gachaça, p. tafia. .
Gachoeira^P. chute, saut, rapide, cataracte.
Calembé, c. l'unique vêtement des Indiens : une bande de. toile ou d'écorce cachant les parties.
Gambrouze, c. espèce de bambou.
Gampo, p. la prairie.
Gapuera, p. lieu anciennement défriché.
Garada, 1. g. espèce de cassave.
Garajiru, 1. g. teinture rouge tirée des feuilles d'un arbre du même nom.
Garapana, 1. g. maringouin.
Garapate, p. insecte qui se cramponne aux chairs, y adhère et finit par y pénétrer.
Gassave, c. galette faite avec de la farine de manioc fine.
Gatouri, c. l. g. i, hotte.
Ghibê, c. p. farine de manioc délayée dans de Teau.
Ghiqde, c. puce qui pénètre dans les chairs.
GiDADE, p. ville.
GoNGUEREcou, C. Rrbrc dont le fruit est aphrodisiaque.
GLOSSAIRE
Couac, c. farine de manioc.
Coui, c. ustensile fait d'une demi
calebasse vidée , en portugais
cuia' (prononcez couye).
CujUBiM , p. gros oiseau blanc et gris. Cuti, p. agouti, espèce de lapin.
Degrad, c. port, débarcadère d*une habition sur la rivière ou sur la mer.
ÉGARiTKA, p. grande montaria.
EsTRADA, p. sentier, chemin, route.
Fazenda, p. ferme^ habitation.
FouRCA, c. grande perche, fourchue
ou non.
FuRo, p. canal latéral naturel^
fausse rivière.
Gentio, p. à peu près synonyme de
bugre.
GiRiA, p. dialecte indien.
Igarapé, 1. g. ruisseau, petite rivière. lytiqara, pirogue, tipé, sentier; le sentier de la pirogue.
J abouti, c. p. 1. g. espèce de petite
tortue.
Jacare^ ]. g. crocodile.
LiMPo, p. net, sans éléments étrangers; savane limpa : sans arbres.; forêt limpa : sans broussailles.
LwGUA geral, p. la langue tupi guarani synthétisée par les missionnaires au iô"'^ siècle.
Maloca, 1. g. la maison indienne.
Manso, hansa, p. qui est pacifique^
qui n*attaque pas.
Maque^ c. moustique à dard.
Matriz, p. église.
Matto, p. la forêt, le Grand-Bois, un
bois.
Ménagerie, c. ferme à bétail.
MiRiTiZAL, p. bosquet de miritis (palmiers bâches).
Montaria, p. espèce de canot.
MosQurro, p. moustique.
MoucouMoucou, arun.
MouQuiN, p. boucan fait à la saite d'une grande pêche ou d'une grande chasse.
MucAMBo, p. village de réfugiés (esclaves marrons ou soldats déserteurs).
Mutum, p. hocco ou dinde des bois.
Paca, c. ap. espèce de lièvre.
Pagara, c. 1. g. p. panier.
Panacou, 1. g. espèce de hotte.
Pancada, p. chute.
Parc, c. enclos pour le bétail. En portugais, corral.
Parana,1. g. rivière. Signifie aussi bras de rivière, canal latéral naturel.*
Paranahirim, 1. g. petit bras latéral ou petit bras de rivière.
PiAO, p. moustique qui suce le sang en laissant son venin dans la plaie.
PiCADA, p. sentier.
Pinot, c. palmier appelé assahy en portugiûs.
PiRARucu, 1. g. poisson presque aussi gros que le lamantin, supérieur en qualité à la morue et constituant la base de Talimentation des populations de TAmazone.
PovoAçIo, p. village.
Praga, p. plaie (tous les insectes).
pRiPRi, c. marais.
Regatao, p commerçant nomade de
rintérieur.
Reis, monnaie brésilienne, 1000 reis
valent 2 francs 50^ RoçA, RoçABA, abatis.
GLOSSAIRE
Seringal^ p. forêt riche en caoutchouc. L'exploitation faite de cette forêt.
Seringueiro, p. ouvrier faisant la récolte du caoutchouc (qu'on appelle seringa à T Amazone).
SiTio, p. habitation entourée de son défrichement.
diennes, carré de toile, d'écorce, ou tissu de perles^ cachant les parties.
Tapoutb, c. homme ou femme de race indienne ou de race métisse d'Indien et de blanc.
TucuM, 1. g. palmier fournissant le textile le plus fin de la contrée.
Tafia, c. eau-de-vie de canne à su- Vaqueiro, p. vacher.
cre. Vbado, p. cerf, biche.
Tangue^ c. Tunique vêtement des In-
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VOCABULAIRES
VOCABULAIRE DU DIALECTE TUCANO OU DACÉ (i).
LINQUA QERAL.
PORT [GAIS
TUCANO.
Fronle.
DiàpabS.
Cabello.
Ipuari.
Teçâ (reçâ, ceçâ).
Olbos.
Caperi.
Olho. •
Capéâ.
Tino, (tï).
Nariz.
Ekéâ, ekaà.
Ruà, çoâ.
Rosto.
Uaçupuri.
liuâ (Yuha).
Braço.
Âmuca.
Ipira.
Corpo.
Paâga (barriga).
Peilo.
Gutirô.
Seio.
Openo (sing.)-Ni (plur.).
Pôca.
Mao.
Amupamà, annicâ.
Dedo.
Amûmpikary.
Çanfaa, tanba, ranba.
Dente.
Upiry.
Yurii.
Bocca.
Seré.
Lingna (anat.).
Yéménù.
Nami.
Orelha.
. Umepero.
Tabatinga.
Ca.
Bore.
Mira.
Pao.
Yiikiâ.
Çuà.
Labios.
Samûdà, sebetô.
Ocà,icuara.
Barraca, casa.
Uiy\
Palba.
Carané (sing.), caranâmui (plur.).
Cbita.
Sutirô.
Bacia.
Eretébapà.
Cujo, a.
Uaro.
Piranba.
Tesoura.
Dipaâserô.
Cachimbo.
Catdmuâ.
Okeri.
Dormir.
Ganitsé.
Yaçôâna.
Vamos emt>ora.
Téanà.
Agua.
Oco.
Pacoua.
Banana.
Oô.
Umbaiî.
Corner.
Baatsé.
(1] Rio Uaupès.
VOCA.BIJLAIRE.S.
LINGUA QERAL.
PORTUGAIS
TUCANO.
Ihui.
Terra (barra).
Diitâ.
Coçar-se.
Yaketsé.
Paranâ.
Rio.
Diâ.
Uaraâ.
Espelho.
Ebomû.
P}% ipi.
Pé, s.
Dipocâ.
Perna.
Nicânghe.
Aupé.
Apa (bombro).
Ocaparà Sémjî.
Namipôra» Nambipiira.
Brincos.
Apuapâ.
Ikaçaûdy maklra.
Rede (de dormir).
Pùnghi.
Pinatinàrâma, Pyça.
Rede (de pescar).
Xami'i, ça ma.
Corda.
Pûnbemù.
Ceniuaua.
Barba.
Itssôcapâari.
Ihuâka.
Céo.
Mbaâan<i.
Apgàua.
Ilomem.
Eumâ, M)n«A.
Cunba.
Mulber.
Nuinéâ.
Curumi.
Menino.
Buiuyacâ.
Puraci, puraçâi.
Dançar.
Bassânâ.
Maitanéf^rd?
Como se chama t
Yamaft raititi.
Nheengari.
Cantar.
Oàcuna Téabassana.
Tatà.
Fogo.
Pécaméé.
Timiùy têmbiù.
0 corner, A comida.
Téembâanâ.
Ubù, û, ou.
Beber.
Etcbininà.
Guaraci , coaraci, coiraci.
Sol.
Maipii, mutnpuïm.
Puii.
Mau.
Nbapunica.
Catù, puranga.
Bom.
Ayumpunica, anhûmpu Dîlca.
Racû, çacù.
Calor.
AcinitsAa.
Roi, Iruçangii.
Frio.
Niceftnitsâ.
Nuvem.
Uinons.
Marné.
Aonde.
Nubitn, Nonneâtî.
Pqcu.
Comprido.
Ypantit.
Cbega.
Étàto&mi.
Caâ.
Matto.
Puni.
Caui.
Caxaça.
Tsibioké.
Maniâca.
Mandioca.
Kûi.
Uhy.
Farinha.
Pucâ.
Inti, ti, intimaha.
Nâo.
Umbanbà.
Tenhé, êhé.
Sim.
Nynunta.
Uauayara, Pirayuâra.
B6to.
OcopistenS.
Pirà.
Peixe.
Uabî.
Piçaitica» pinâîtica, pin-
dâîtica.
Pescar.
Nbôena.
Cahàmunû.
Caçar.
Uénâç^âna.
Akanga.
Cabeça.
Dipua.
Jauareté.
Ooça.
Yat.
Maniua.
Maniva.
Dikécénianti.
Kicé uassiî.
Terçado.
Dipi.
T. If.
VOC.A.BCLAIBES.
LINGUA OERAL.
PORTUGAIS
TUCAKO
Jauàra.
Câo.
DiAhi.
Sapucàia, Uni.
Gallinha.
Caleké, careké.
Suor.
CetfuAssà,
Kicé.
Faca.
Dipiaca.
Ghi.
Machado.
Cômé.
Pinà, pifidâ.
Anzol.
Uheêtsé.
Pindaçâma.
Linha (de pescar).
Uiri canô.
Maci.
Doente.
Daatitsé.
Gatû (éré).
Bom.
Ayûmi.
Ere.
Adeus.
Uâyé.
Xaçoâna.
Vou embora.
Téa uâyé.
Mirim, cuaira.
Pequeno, a.
Gainhaakà.
ASSÙ, USSÙ, tUTUSSÛ.
Grande.
Poéghi.
Igaraupàua.
Porto.