PREFACE. XII
voyons venir après les pays de protectorat. Cela ira plus vite qu'on ne le suppose.
Il y a là pour nous, au nord de l'Amazone, plus qu'une œuvre nationale, il y a une question nationale, une question sociale, la question sociale elle-même... car elle se trouve en grande partie en Amérique la solution de la question sociale...
Mais..., nous en reparlerons plus lard.
Henri A. Coudreau.
EXCURSION A COUNANl.
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Juin-juillet 1883.
Ayant trouvé, le G juin, un bateau tapouye en partance pour Counani (1)9 je pris passage à bord. Malgré la fragilité et le mauvais état de l'esquif, la faiblesse numérique de l'équipage qui ne se composait que du patron et de deux matelots, les dangers de la mer à cette époque de l'année, — dangers qui nous valurent de perdre notre misaine déchirée dans le golfe d'Oyapocket de faire une voie d'eau sur la côte deCachipour, — le voyage fut relativement heureux. En effet, nous entrions le 12 au soir en rade de Counani. Ce voyage de six jours, accompli dans de semblables conditions, peut être considéré comme exceptionnel. Trajane Benito, premier capitaine de Counani, parti un jour après nous de Cayenne, n'arrivait au bourg que le 3o juin au soir.
Dès mon arrivée au bourg, je fus frappé de l'accueil extrêmement sympathique dont j'étais l'objet de la part de la population. Cet accueil, — je l'ai su depuis, — n'était dû qu'à ma qualité de fonctionnaire français. Ce fut surtout à l'occasion de la fête donnée par mon patron^ un appelé Cartier, citoyen (?) suisse, à propos de son mariage avec la fille du capitaine le plus influent de la région, Raymond de Macède, que ces sentiments de bienveillance se donnèrent carrière. La modestie de l'humble professeur, chercheur d'antiquités indiennes et de ficus, eut à souffrir
(1) Voir l'Atlas.
XVI EXCURSIOW A COUNANI.
d'ovations auxquelles il ne lui fut pas toujours possible de se dérober.
Je mis à profit la bonne volonté de mes inespérés amis pour faire exécuter des fouilles de ci et de là, et particulièrement sous réglise alors en reconstruction. Je dois ici un témoignage de gratitude à M. Le Bélier, prêtre de Cayenne^ en tournée apostolique dans ces parages, pour la bienveillance éclairée avec laquelle il m^aida dans mes recherches (i).
J*eus le bonheur de voir mes patientes investigations couronnées de succès : je trouvai, dans un puits funéraire situé au milieu du tertre sur lequel se construit la nouvelle église, sept urnes cinéraires en parfait état de conservation.
Peu après, le 14» j'assistai à un spectacle auquel j'étais loin de m'attendre. Raymond de Macède, qui avait déjà affirmé devant moi ses sentiments français avec une rare énergie, profitant de ma présence à Counani, provoquait, sans bruit et avec diligence, une réunion des habitants, et proposait à ses concitoyens de signer une pétition au gouverneur de Cayenne pour obtenir l'envoi de fonctionnaires français. La population, qui avait cru jusqu'alors que la France était trop loin, voyant un fonctionnaire de Cayenne, pauvre collectionneur, parmi elle, eut un subit élan d'enthousiasme, élan que, dans la sincérité de mon âme, je regretterais de voir déçu (2) .
Dans les vingt-quatre heures , 3o chefs de famille sur 4o signaient la pétition de leur capitaine. J'ai été la cause involontaire de cette explosion de patriotisme.
(1) Je préfère déclarer tout de satte que mes opiaions matérialistes ne m'empèctieat pas de penser que nos prêtres et nos moines peuvent nous rendre de grands services, aux colonies et à Pétranger. (H. -A. G.)
(2) Depuis, hélas ! il se serait produit, paraît-il, à Counani, de singuliers mouvements d'impatience. Ce petit peuple de 500 âmes se serait pris prématurément au sérieux. (Voir, tomel, la République de Counani,)
EXCURSION A COUNANÏ. XVII
X partir de ce jour je n'ai guère été maître de mes actions. J'ai été caressé, choyé, obsédé de bienveillance par cette bonne population, qui attend la France comme les juifs attendaient le Messie. On voulait m'éviter toute peine, toute fatigue et on ne me voyait entreprendre qu'avec une frayeur amusante un voyage tant soit peu pénible. Le capitaine Raymond de Macède me déclara que je ne retournerais à Cayenne qu'avec lui, qu'il me montrerait Mapa, et qu'au retour je le présenterais, lui et sa famille, au gouverneur de la Guyane française. J'étais prisonnier chez mes amis. Le bateau du capitaine avait besoin d'être réparé ; on s'y mit de suite. Ce furent trois semaines perdues pour moi qui voulais revenir vers le gouverneur pour l'informer de l'ébullition patriotique des habitants de Counani ; mais, tout d'abord, je ne pouvais, en conscience, étant Français avant d'être missionnaire scientifique, décourager mon ami de Macède par un départ intempestif; en outre, je ne perdais rien, car le bateau sur lequel j'étais venu s'était gravement avarié pendant le voyage et se trouvait complètement hors de service. De plus, tous les autres bateaux tapouyes (i) de la localité étaient alors à la pêche.
La réparation du bateau de Raymond dura trois semaines, du 1 8 juin au 8 juillet. J'utilisai ces 'jo jours à faire quelques excursions, à recueillir des collections, à prendre des renseignements et à étudier la population. Il me fut impossible d'engager les pagayeurs nécessaires pour faire des reconnaissances d'une semaine ou deux dans l'intérieur, car la saison n'était pas propice, tous les habitants étant alors à la chasse ou à la pêche, les deux grandes industries de la rivière.
Le 18, j'allai visiter une des habitations du capitaine Ray-
(1) Bateau tapouye : petite goélette locale, de 4 à 12 tonneaux environ. Le mot est employé de Mapa au Maroni.
T. II. b
XVIII EXCURSION A CODNANf.
inondy sise en rivière, rive droite, à 8 kilomètres du bourg. Je pus constater la richesse exceptionnelle des terres de la région et l'intelligence avec laquelle sont dirigées les cultures, dans ce canton trop peu connu. 1^:20, j'explorai Tancienne mission fondée par les jésuites sur la rive droite du fleuve, à une douzaine de kilomètres du bourg. Une partie des plantations des Pères subsiste encore, mais tout vestige des anciennes constructions a disparu. Le 2 5, je remontai la crique de Hollande et un de ses affluents de gauche jusqu'au priprii^i) à partir duquel cette rivière coule vers le Cachipour, établissant ainsi, à l'époque des pluies, une communication naturelle entre le Cachipour et le G>unani. Le ^27, je me rendis à la crique de Hollande par terre, à travers des savanes marécageuses et des forêts extraordinairement riches en bois de construction navale. Le 28, j'entrepris de visiter la grande savane qui s'étend de Counani à Carse venue. Le voyage en rivière fut malheureux. Parti avec un seul pagayeur, je faillis périr dans les rapides où le canot se brisa. Mon homme me sauva à la nage à travers les roches et les courants. I^e lendemain, après une marche de 6 kilomètres à travers des bois inondés, j'arrivai à cette admirable savane de terre haute, aussi riche, me dit mon guide, un Brésilien, que les plus beaux « campos » du Brésil. Le lendemain 3o,Trajane Benito, le premier capitaine, arrive enfin à Counani après 22 jours de voyage. Il lutte avec Raymond de Macède de bienveillance et de générosité à mon égard, réclame l'honneur de signer le premier la pétition de Raymond et va chercher dans leurs abatis du haut de la rivière les 10 derniers chefs de famille que l'éloignement avait empêchés jusqu'alors de signer le document du capitaine. Le I'' juillet, je remonte la crique Française, qui fait com-
(1] Marais.
EXCURSION A COUNANI. XIX
muniquer, parla lagune de Counani, ce fleuve elle rioNove. Le 2j je suis pris d'un violent accès de fièvre, dont je ne puis me débarrasser qu'au bout de trois jours. Le départ ap* proche ; la réparation du bateau du capitaine Raymond est presque terminée ; dès lors je suis littéralement assailli par la population qui m'accable de demandes de toutes sortes dont le sens est toujours celui-ci : revenez parmi nous avec des fonctionnaires français* Braves Counaniens!
La situation devenait même embarrassante ; d'un coté, je suis fonctionnaire et connais trop bien mon devoir pour me permettre la moindre propagande dans le c: pays contesté » ; de l'autre, je suis Français et, comme tel, je regrette vivement de ne pouvoir même pas donner quelques paroles d'espérance à des amis si chaleureux. Au moment de partir, Trajane me remet encore pour le Gouverneur deux lettres oflGcielles(!) confirmant avec des détails la pétition populaire.
Enfin, le ii, nous levons l'ancre. Le capitaine Raymond m'emmène de toute force à Mapa. Nqus n'arrivons à l'embouchure du fleuve que le 1 4 au soir. Le 1 5, je relève le cours de ce rio, je rectifie quelques grossières erreurs portées à son endroit sur les cartes. Du 1 5 au 17, je visite le bourg et les environs. M. Joaquim Magalhens, notable commerçant de Lisbonne établi depuis vingt ans dans la région contestée, m'offre une hospitalité vraiment fastueuse et me dirige dans mes recherches avec autant de science que d'empressement. En partant, il méfait don de deux magnifiques échantillons de ficus et me charge de rappeler au gouverneur que, depuis que les Français ont abandonné Mapa en i84o, la population de la petite ville n'a cessé de faire des vœux pour leur retour. Je me mets en relation avec le capi taine Estève, et avec plusieurs notabilités tapouyes (i) de
(1) Terme générique Talgaire pour désigner, dans la contrée, les Indiens civiliséa et les métis d'Indiens et de blancs»
XX EXCURSIOir A COUNÀNI.
la cidade (i) et des lacs. Je parviens enfin à déterminer Raymond à repartir. Le capitaine voulait rester et faire campagne chez ses bons amis de Mapa, malgré Tépuisement complet de mes provisions. Ne voulant d'ailleurs en aucune façon avoir Tair de patronner les entreprises de M, de Macède, j'insiste, et, le i8 au matin, je laissais Mapa derrière moi, non sans regret, car j'avais pu constater pendant mon court séjour, chose dont mon cœur de Français fut vivement touché, qu'à Mapa, comme à Counani, la population nous est extrêmement sympathique.
Le 20, au matin, j'arrivais à Cayenne et, le 36, je recevais encore de Trajane une lettre, en date du 22, par laquelle il pressait le gouverneur d'agir immédiatement»
Les résultats scientifiques de ma mission, en dehors des observations faites et des renseignements recueillis, ne laissent pas d'offrir un certain intérêt, malgré la difTiculté de se procurer des hommes dans la région à cette époque de l'année et malgré les efforts faits de la meilleure foi du monde par cette trop sympathique population pour m'imposer une existence toute de far niente.
J'ai trouvé sept urnes cinéraires dans le puits funéraire du village, je les ai comparées aux urnes funéraires que j'ai visitées à la montagne de Counani. Ces urnes, rapprochées de celles du grand campement situé dans une ile de la rivière à trois jours de canotage, et dont j'ai pu étudier quelque débris, m'ont permb d'induire une histoire à grands traits de la civilisation indienne dans la rivière. La civilisation a remonté le fleuve. Les premiers habitants, qui devaient être Caraïbes, — car je ne trouve aucun vocable
(1) Ville, Tiilage.
EXCURSION A COUNÀNI. XXI
tupi parmi les désinences géographiques du canton, — vinrent par mer s'établir, vers l'époque de l'invasion, à la montagne des Mayés, ainsi nommée d'après une des grandes tribus caraïbes, tribu d'excellents navigateurs.
Peu à peu, au contact des envahisseurs européens, ces Caraïbes, dont la céramique avait progressé et qui avaient passé de l'inhumation à l'incinération, — signe infaillible de progrès chez les nations tupi-caraïbes, — se retiraient dans l'intérieur,' laissant à la montagne, que la légende locale considère encore comme sainte et mystérieuse, quelques urnes cinéraires au milieu d'amoncellements de débris d'urnes funéraires. Fuyant l'Européen , les Indiens remontèrent successivement jusqu'au bourg actuel de Counani. On remarque encore aujourd'hui entre le bourg et Tembouchure les vestiges de quatre ou cinq anciens campements, avec des cimetières qu'il serait bien intéressant de faire fouiller.
Quand les jésuites, au dix- huitième siècle, fondèrent un établissement dans le fleuve, ils eurent une raison pour s'établir non loin de l'emplacement de la bourgade actuelle, et cette raison est probablement celle de l'existence contemporaine dans cet endroit du campement principal. Les urnes que j'ai trouvées dans le puits funéraire sont sans doute de cette époque, à en juger par le fini assez remarquable des dessins, et selon toutes les probabilités de Imduction historique. Les os aux trois quarts incinérés, pourris par l'humidité et souillés de terre, que j'ai trouvés dans les urnes, ne m'ont paru d'aucune utilité pour la détermination chimique précise de leur antiquité exacte. Après l'abominable massacre, fait en 1794? p^i* tes Portugais, des Indiens de la mission, les débris de la colonie durent se réfugier au lieu qu'on appelle aujo ird'hui le Grand Campement ; les débris céramiques qu'on y trouve^ et dont j'ai vu des échantillons, accusent une date récente. De plus,
XXII EXCURSION A COUWANI.
on trouve encore dans cette île du Grand Campement, à ce qu'on m'afTirme, des vestiges de carbets, des ustensiles, des outils divers, assez bien conservés, ce qui ne permettrait pas de faire remonter à plus de cinquante ou soixante années le dernier établissement des Indiens dans le fleuve de Counani. Depuis, obéissant à la loi fatale qui régit toute la race, les Indiens, remontant la rivière, se sont enfoncés dans Tintérieur, et aujourd'hui ce n'est plus que dans les montagnes de la chaîne centrale, aux sources du fleuve, que l'on trouve des vestiges des grandes tribus disparues, principalement des Coussaris*
Malgré l'intérêt qu'offrent les recherches anthropologiques dans ces contrées peu connues, je n'avais garde de m'y consacrer d'une manière exclusive. Sachant tout l'intérêt que portent aux ficus et le Comité et le Département, je fis mon possible pour m'en procurer quelques échantillons. Je n'en pus trouver qu'à Mapa. Les habitants de Counani ne connaissent pas le travail des gommes, et, de plus, les caoutchoucs, balatas et autres, ne se trouvent en rivière qu'à sept ou huit jours de canotage.
Je me procurai aisément à Mapa , dont les Tapouyes sont en grande partie d'anciens chercheurs de caoutchouc, un tourteau de gomme élastique ordinaire.
Je mis aussi la main sur un produit bien plus curieux. C'est un tourteau formé avec la gomme de l'arbre appelé en espagnol folo de vacca et en portugais curupita. Le produit n'est pas sans analogie avec la gomme du balata* Comme elle, il est plus extensible, fort dur et diflicile à obtenir, car le lait coule mal et se concrète de suite à l'air. L'Orénoque et l'Amazone en envoient de temps à autre, assez rarement, quelques échantillons en Europe; mais le produit est encore fort peu connu.
Je n'ai pu me procurer de sève de balata, les Tapouyes
EXCURSION A COUNANI. XXIII
ne travaillent les balatas que sur commande, pour les curieux, les amateurs. L'arbre n'est pas rare dans les lacs, à un jour ou deux du bourg. Des montagnes entières en sont couvertes.
11 ne m'était pas possible de négliger non plus le pro' duit principal de la région, produit dont le travail constitue pour les habitants une industrie fort lucrative; je veux parler de la colle de machoiran. Je choisis quelques colles, dont une parmi les plus grosses que j'aie pu trouver et qui pesait ySo grammes.
Le taouari, dont l'écorce battue, séchée et feuilletée, est si appréciée dans toute la région de l'Amazone et du Brésil pour envelopper les cigarettes, est fort répandu à Counani et à Mapa. On vend cette écorceà Sainte-Marie de Belem, où elle fait l'objet d'un commerce assez important.
Pendant qu'on calfatait le bateau du capitaine, je remarquai que le brai employé ne venait pas d'Europe et qu'il était tiré du pays même, d'un arbre appelé soucouroubuj espèce d'arbre à encens , dont la résine odorant^ remplace avantageusement notre brai d'Europe.
Utilisant mes loisirs forcés, je suivais mes hommes dans leurs opérations de construction navale. J'allai un jour avec eux chercher du manguire^ espèce de palétuvier rouge, dont l'écorce, qui a des propriétés tannantes et tinctoriales, est employée à teindre les voiles auxquelles elle donne une grande consistance et auxquelles elle assure une durée^ double ou triple.
Parmi les objets que je ne présentai au Comité qu'à titre de curiosité, je citerai une peau de serpent giboya, espèce de boa de la plus dangereuse espèce. Cette peau a été préparée par le seul Indien de race pure qu'on trouve actuellement à Counani. Le brave homme s'en était fait une ceinture qu'il portait avec le plus grand naturel.
XXIV EXCURSION A COUNANI.
J'appelai aussi rattention du Comité (i) sur un produit bien précieux, c'est le lait de l'arbre qui guérit la lèpre. Cet arbre, dont le nom indien est assacou^ est de grande venue et couvert d'épines. Son suc jaunâtre, corrosif, se conserve difficilement liquide. Mais, employé dans cet état, frotté vivement sur les dartres jusqu'à ce que le sang coule, il guérit la lèpre au bout de quelques jours. Les Tapouyes m'en ont parlé comme d'un remède usuel, populaire, qu'il n'était pas permis à un blanc d'ignorer. L'assacou est un arbre de la famille des sabliers.
J'ai eu l'occasion pendant mon séjour, tout en travaillant à mes collections, de faire par moi-même diverses observations géographiques et autres, et de recueillir de la bouche des habitants divers renseignements que j'ai sérieusement discutés et contrôlés.
Ces renseignements sont puisés aux meilleures sources. Je les dois à l'obligeance de MM. Victor Demas, de Counani, et Joaquim Magalhens, de Mapa, honorables commerçants-armateurs, qui pratiquent depuis plus de vingt ans les rivières de la région; aux capitaines Engipa, de Cachipour; Trajan et de Macède, de Counani; Estève, de Mapa; vieux voyageurs qui, avec moins d'instruction sans doute que les deux notabilités plus haut citées, ne leur cèdent en rien pour la pratique. Enfm, j'ai contrôlé ces renseignements en consultant tous les vieux pécheurs, les
(1) On trouvera peut-être que je parle bien souvent de ce Comité. Le Comité agricole et industriel de la Guyane française, voudrait, devrait, pourrait être une espèce d'Académie des Sciences de là-i)as. Il le peut être, il le doit être, il le sera un jour. 11 suffirait pour cela de lui consacrer annuellement quelques-uns de ces billets de mille francs que l'on prodigue si généreusement à d'autres services moins utiles.
Je n'oublierai d'ailleurs jamais que c'est ce Comité, alors dirigé par deux des rares Guyanais qui croient sincèrement à l'avenir de leur pays. Richard et Houry, qui m'a ouvert, lui le premier, la carrière des voyages.