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II. Pays hors d'Europe

Étals-Unis, — D'après le Merchani's Magazine de juin 1863, le mouvement extérieur des métaux précieux se serait liquidé ainsi qu'il suit dans les deux périodes 1821-1849 et 1849-1862 (valeurs en francs.).

i8tl-l849. 1849-186».

Importation 1,336,878,186 717,225,192

Exportation 956,399,315 2,846,020,431

Ainsi l'importation, sensiblement supérieure à l'exportation dans la première période, lui devient énormément inférieure dans la seconde. Ce phénomène a son explication dans l'exploitalion des gîtes californiens, dont les produits ont été, en grande partie, expédiés en Europe el en Asie. On en trouve la preuve dans le tableau ci-après des exportations de l'or de 1848 à 1862 (valeurs en millions de fr.).

Inde anglaise. • — Le document ci-après confirme ce que nous avons dit, dans le cours de cette étude , de l'influence de cette vaste possession coloniale de l'Angleterre, comme foyer d'attraction des métaux précieux de l'Europe, mais surtout de l'argent (valeurs en millions de francs).

Importation. Exportation.

Moyenne / 1834-1835 à 1836-1839. . 56.4 6.0

annuelle \ 1839-1840 à 1841-1844. . 66.5 11.1

déduite ) 1844-1845 à 1846-1849 . . 73.9 31.8

des périodes ( 1849-1850 à 1851-1854 . . 107.6 15.5

Années . . .< 1856-1857 346.5 29.9

Total 1,654.6 166.6

Ainsi l'importation a été dix fois supérieure à l'exportation. C'est un fait probablement unique dans l'histoire du commerce en général et surtout du commerce des métaux précieux.

Nous n'avons pas la part afiërente séparément à For cl à l'argent dans ce grand mouvement de métaux précieux, nous savons seulement que Fargent y domine dans une très-forte proportion. Nous en trouvons au besoin la preuve dans le document ci-après , que nous empruntons à M. le docteur Sœtbeer (Revue tnmestrieUe d^ économie politique, de Julius Faucher; 1863). Il fait connaiti*e la valeur du métal aident (numéraire) transmis d'Europe aux Indes orientales, parla voie de l'Egypte, de 1851 à 1862 (en millions de francs).

Exportation, jj^ Dm porU

South«npton. MwiïiLée. '^'^' '

1«M 18^fi *Tolal 721.1 149.5 870.5

i«{)i-i»oo. . j ^^^^^ moyenne . 120.2 24.9 145.1

AiM 4fiA9 (Total 1,612.5 339.2 1,951.7

i5D/-i»D2. . I ^^^^g moyenne . 268.7 56.5 325.2

.gt;- iOAcj » Total 2,333.6 488.7 2,822.3

i80i-i»d^. . j p^^^^ moyenne . 233.3 48.8 282.1

Tandis que l'Europe expédiait ainsi dans Tlnde des masses énormes de métal argent , elle en recevait les quantités suivantes (par la voie de l'Angleterre) de Mexico et de l'Amérique du Sud (en millions de francs).

4Q=;4 >i»t;A » Total 593.5

l»Dl-l«{)0 . -j Année moyenne. . . 98.9

40K7 iofio i Total .* 654.1

l«D/-i»b2 . -j Année moyenne. . . 109.0

18ol-l8bJ . 1 Année moyenne. . . 124.7

Ainsi, pendant la même période, l'Europe envoyait dans l'extrême Orient 2,822.3 millions d'argent, et en recevait des pays producteurs pour 1,247 seulement.

De là cette conséquence que le piix moyen de l'argent a été notablement plus élevé, de 1851 à 1862, que dans les deux périodes décennales antérieures. Même résultat pour le rapport de l'or à l'argent. C'est ce qu'indiquent les documents ciaprès, que nous empruntons au même auteur.

Prix de Rapport

l'argent à de la râleur •

Périodes décennales. Londres en de l'or

pence sterl. p. à celle de

1 once d'arg. l'argent.

Voici les réflexions qu'inspire au Times (15 février 1864) cetle immense et continuelle absorption du métal argent par l'Inde : < L'argent du monde entier prend le chemin de Bombay et de Calcutta. En fait, l'Inde reçoit, en une année, plus d'argent que toutes les mines en exploitation n'en produisent. Avec notre or australien, nous avons acheté la plus grande partie de l'argent qui circulait en France , pour l'envoyer dans l'Inde à pleins navires, jusqu'à ce que ce pays en ait été littéralement gorgé. Et cependant le commerce de notre grande colonie asiatique se trouve, en ce moment, dans la plus grande détresse, faute de numéraire-argent. Les produits y abondent sous toutes les formes, mais ne peuvent être utilisés par suite d'une pénurie extrême du signe représentatif de la valeur. Il est plus facile d'expliquer le mal que d'y remédier. Une très-grande partie de l'argent envoyé dans l'Inde est

destinée aux cultivateurs du sol, qui ont l'habitude ou de l'enfouir ou de le convertir en bijoux et joyaux à leur usage personnel. Des quantités immenses et sans cesse croissantes de numéraire sont ainsi littéralement perdues pour la circulalion. Cet usage, sans doute, est immémorial dans l'Inde; mais à aucune époque il n'a produit des conséquences aussi graves, parce qu'à aucune époque le commerce de l'Inde n'avait pris d'aussi vastes proportions et exigé une circulation métallique aussi considérable.

c Un des remèdes à cette situation consisterait à introduire dans l'Inde la monnaie d'or; mais il serait difficile de triompher, à bref délai, des habitudes de la population, qui^e connaît que l'argent comme intermédiaire des échanges..... >

Nous trouvons dans le même journal le renseignement ci-après sur le mouvement des métaux précieux dans l'Inde anglaise :

cUn document récemment soumis au Parlement sur le commerce de l'or et de l'argent dans chacune des présidences, évalue à 484 millions de fr. l'excédant de rimportation sur l'exportation pour 1863 seulement. Dans les huit dernières années, cet excédant a atteint le chiffre énorme de 2,741,325,000 fr. On calcule que la monnaie d'argent , frappée dans l'Inde depuis le commencement de ce siècle , est de beaucoup supérieure à 5 milliards de fr. La plus grande partie de cette somm colossale peut être considérée comme ayant été enfouie. »

On pourrait croire à l'utilité d'un rapprochement, pour chacun des pays cidessus, entre le commerce des métaux précieux et le commerce total; mais nos premières recherches dans ce sens nous ont amené à reconnaître l'absence d'un rapport direct, immédiat, entre les deux mouvements. Il est, au surplus, facile de s'en rendre compte , quand on songe que l'entrée et la sortie de ces métaux n'ont pas toujours pour objet des opérations commerciales. On peut dire toutefois qu'à peu d'exceptions près, leur mouvement général est déterminé, pour chaque pafs, par l'importance de ses échanges.

TRENTE-UNIËIE ÉTUDE.

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