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ET DE LEUR INFLUENCE SUR LE MOUVEMENT DE LA POPULATION

La hausse du prix des produits agricoles, sauf en ce qui concerne, et peut-être monaenlanément , les céréales, est un fait général en Europe, nous pourrions presque dire dans le monde entier. Cette hausse, qui s'est étendue successivement à tous les objets nécessaires à l'alimentation , inflige aux classes qui vivent d'un revenu fixe , dans les cas où ce revenu touchait déjà aux limites du nécessaire , les souffrances les plus vives.

Notre intention n'est pas de rechercher ici les causes (causes multiples) de ce phénomène. Cette recherche, qui rentre dans le domaine de l'économie politique, est étrangère à ce travail, dont le but est surtout de constater et de préciser les faits. Par la même raison, nous n'examinerons pas davantage s'il a sa source dans des circonstances accidentelles ou permanentes. Nous dirons cependant qu'il y a deux sortes de chertés. L'une se produit à la suite de récoltes insuffisantes; ses effets quoique transitoires, sont brusques, violents, et soumettent les populations à des épreuves d'autant plus redoutables, que, le plus souvent, elles les frappent à l'improviste et les trouvent sans défense. L'autre, plus lentement, mais sûrement progressive» résulte de circonstances économiques diverses , dont il n'est pas toujours facile de déterminer exactement le rôle et qui agissent sous les formes les plus compliquées.

C'est de la première que nous entendons nous occuper ici. Après avoir constaté historiquement ses diverses apparitions en France en prenant pour guide les autorités les plus respectables , nous rechercherons, dans la mesure des documents existants, ses effets sur le mouvement de la population ; car c'est dans ce sens surtout que se manifestent ses conséquences les pins graves et cependant les moins connues. Il est certain que lorsque, sous son influence, on voit la mortalité s'accrottre, les mariages diminuer ou devenir moins féconds, des déplacements considérables de population s'opérer, on peut dire que, dans le pays où se manifestent ces faits graves, les sources mêmes de la vie sont atteintes et qu'il importe que l'assistance publique et privée s'empresse d'élever ses sacrifices à la hauteur des besoins. ^

1. Nos prineipanx guides pour cette revue historique sont : Delamarre ( Traité de la police, 1738); Léopold Delisle (Études sur la condition de la classe agricole en Normandie au moyen dge, 1851); Pierre Clément (Histoire de la vie et de l'administration de Colbert, 1846^; Tauteur anonyme de la CuUure et du commerce des grains en France, 1 7 76 ; Herbert (Essai sur la police générale des grains , 1755); rat)bé Baudran (Demande d'éclaircùsements à M, Necker, 1775); Moheau, (Recherches sur la populaHon, 1778); le Moniteur pour la période 1789-1800.

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