‹ La France et l'étrangerChapitre 3 sur 177 · DU V® AU X® SIÈCLE · texte numérisé non relu

DU V® AU X® SIÈCLE

La première famine locale mentionnée par nos plus anciennes chroniques , remonte au cinquième siècle. Elle éclata en Bourgogne en 481. La misère fut telle qu'un seul seigneur, parent de Tévèque Sidoine Apollinaire, fut obligé de nourrir 4,000 pauvres pendant toute sa durée.

La première famine générale sur laquelle on ait des renseignements précis, est généralement rapportée à Tannée 514, sous Childebert. La mortalité fut énorme.

En 588 , la pénurie des grains fut telle que le boisseau d'avoine (l'avoine formait alors la principale nourriture des classes agricoles) se vendit le tiers d'une livre d'or, c'est-à-dire l'équivalent d'environ 95 fr. monnaie de nos jours.

En 65i , le roi Clovis II dut convertir en monnaie la châsse d'argent de Saint- Denis , pour en distribuer le produit aux pauvres qui mouraient de faim par milliers.

En 778-779, Charlemagne se vit obligé de prescrire des ;ewn^ et d'ordonner que des aumônes seraient faites par les évéques, les religieux de tous les ordres et par les seigneurs. Les mêmes mesures furent prises en 793-794. L'empereur crut devoir y ajouter un édit qui fixait un maximum pour le prix de l'avoine , de l'orge , du seigle et du froment. Pour lui, il ût vendre au-dessous de ce minimum les grains de ses domaines et ordonna aux grands-vassaux de suivre son exemple.

Pour la première fois , en 805, on signale une défense d'exporter les subsistances. En 806 , les réserves en magasin sont interdites.

En 813 , l'empereur autorise l'exécution des canons des conciles d'Arles et de Tours qui prescrivent: 1® aux seigneurs de faire vivre tous leurs serfs et gens de leur maison ; S^ aux évéques d'affecter les trésors des églises aux besoins des pauvres en présence des moines; 3° aux marchands, d'avoir des poids et mesures justes et de ne pas acheter à vil prix le bien des pauvres.

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