‹ La France et le Canada français [microforme]Chapitre 11 sur 21 · DENT (: I · texte numérisé non relu

DENT (: I

Le revenu consolidé, je parle du gouvernement fédéral seulement, pour l’année fiscale 1877, s’est élevé à 85.62 par tête.

Au premier juillet 1879, notre dette nationale était de $183,974,753.85, total brut, dont il faut retrancher $36.- 493,683.85, le montant de l'actif en valeurs et créances, ce qui laisse comme montant de notre dette nette $147,481,070.00; sur ce dernier chiffre nos travaux publics, canaux, chemins de fer, etc., représentent un montant de $101,396,587.67. Notre crédit a toujours été s’améliorant. En 1869, : + taux moyen de l'intérêt payé sur notre dette était de 5.63 ; en 1879, il était de 4.51.

En 1851, le chiffre total de notre commerce ne dépassait pas 60 millions de dollars. Il s’est développé depuis comme par enchantement. En 1868-69 il atteignait le chiffre total de $130,000,000. Malgré la crise commerciale commencée en 1874 et dont nous ressentons encore les effets, en 1879, notre commerce a atteint le chiffre de $175,000,000.

Parmi nos articles d’exportations figurent en première ligne nos produits agricoles pour une valeur annuelle de $31,000,000, les produits de la forêt pour $20,900,000 et les produits des pêcheries pour $7,000,000.

Laissez-moi dire en passant que nos pêcheries ont une valeur immense, que si notre gouvernement prend les mesures nécessaires, et il s’est déjà mis à l’œuvre, cette source de richesses pour notre pays sera bientôt aussi grande que celle que nous offre l'exploitation de nos forêts. La valeur totale de la production de nos pêcheries, en 1878, s’est élevée à #13, 215,678.83 et elle a dépassé ce chiffre en 1879. Dans cette dernière année l'exportation du poisson a été de $7,072,203, le reste a été distribué sur nos marchés pour la consomma. tion locale.

Notre marine marchande, nous ne connaissons guère la marine militaire, a suivi le progrès de notre commerce. En 1806, toute la marine des possessions britanniques de l'Amérique du Nord avait un tonnage de 71,943 tonneaux, En

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1879, nous comptions 7,469navires marchands évalués à 840, 000,000 et jaugeant ensemble 1,350,000tonneaux. Cela place la marine du Canada au mêms rang que celle de la Norvège.

Nous considérons que nous ne sommes encore qu'au commencement de notre prospérité commerciale : quand nous aurons colonisé nos terres immenses, et surtout les solitudes interminables du Nord-Ouest, ce futur grenier du monde, notre Saint-Laurent et nos chemins de fer transporteront tous les produits du Far West, et nos villes seront les dignes rivales des grandes villes des Etats-Unis. La vieille bourgade indienne Hochelaga, devenue Montréal, sera un jour l’égale de New- York.

Si nous parlons de nos chemins de fer, nous constaterons des progrès non moins étonnants. L'ère des chemins de fer du Canada date de 1850. En 1847, il y avait environ 40 milles de chemin de fer en opération, et en 1867 il y en avait 2,253 milles. L'année dernière les lisses étaient posées sur un parcours de plus de 7,000 milles et au-delà de 1,000 milles étaient en voie de construction. L'Intercolonial et le Grand Tronc forment une immense chaîne qui s'étend de l'est à l’ouest, d'Halifax à Sarnia. Le chemin de fer Pacifique Canadien compte déjà des centaines de milles en opération, et avant peu d'années la locomotive réveillera les échos des montagnes Rocheuses et ne s'arrêtera que sur les bords de l'océan Pacifique.

Le capital engagé dans nos chemins de fer, au 30 juin 1879, s'élevait à $362,086,138.41, dont $88,259,957 ont été fournies par les gouvernements et les municipalités. Le gouvernement fédéral avait fourni $66,166,539.70, celui de Québec $8,499.- 612.89, celui d'Ontario 82,549,689.02, celui du Nouveau- Brunswick $2,725,000, celui de la Nouvelle-Ecosse $818,750, et les municipalités $87,450,978.63.

Je ne puis m'empêcher de revenir encore une fois à notre Saint-Laurent,le plus beau fleuve du monde entier. Le Canada possède dans ce fleuve immense une artère naturelle de com-

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beaucoup plus avantageuse que les Etats-Unis, pour le trans. port. Tôt ou tard, il faudra que le commerce de l’ouest suive cette voie. Le Saint-Laurent arrose dansson cours une vallée de 330,000 milles carrés. Il est navigable sur une longueur de 2,000 milles. Les ports de Québec et de Montréal sont très importants, et le commerce d'exportation et d'importation y augmente chaque année. De Montréal seulement, il a été expédié pour l’Europe, en 1879, 110,256 têtes de bétail et environ dix-huit .nillions de minots de grains de toute sorte, dont 9,535,144 minots de blé. Dans la même période, il a aussi été expédié du même port de Montréal, 515,360 boîtes de fromage et 180,863 tinettes de beurre.

Autrefois tout ce commerce d'exportation se faisait par l'intermédiaire d'agents anglais. Aujourd'hui nos marchands exportent directement aux 2orts étrangers.

Le capital placé au Canada a augmenté de plus de cent pour cent pendant l’espace de dix ans. En 1868, les dépôts dans les banques, y compris la caisse d’épargnes du gouvernement, étaient de $34,494,229, En 1878 ces dépôts étaient de $86,233,- 771, soit une augmentation de plus de cinquante millions de dollars. De cet argent plus de la moitié appartient à la province de Québec.

Je craindrais d’abuser de votre patience en parlant de nos richesses forestières. L'étendue enest connue. dJ’ai déjà dit que nous en exportions chaque année pour vingt millions de dollars.

Avant de terminer, je voudrais dire un mot des richesses minérales de notre pays.

Nos ressources minérales sont encore en grande partie inexplorées. Cependant elles ont déjà donné de très beaux produits. Ainsi, depuis 1858, époque de la découverte de l'or dans la Colombie-Britannique, jusqu’à 1876, les mines d’or de cette province ont produit en 18 ans la jolie somme de $38,166,970. Pendant cette période, la moyenne du nombre des hommes employés aux mines d’or chaque année était de 3,200, et la moyenne des profits par année pour chaque homme a

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été de $658. On a aussi trouvé de l'or au Fort Edmondton, au lac aux Perdrix, au lac Supérieur, à Marmora, Ont. et dans la province de Québec à Saint-François de la Beauce, à la rivière Chaudière, à Ditton, à Arkland, à Stoke, à Saint- Alphonse de Jolietie.

Il a été recueilli un demi-milhon de dollars sur dix âcres de terrain à Saint-François de la Beauce. Lesalluvions aurifères de la province de Québec couvrent une grande étendue. Le rapport de la commission géologique, fait en 1852, estime qu’elles couvrent une surface de 10,009 milles carrés. Les mines de la rivière Chaudière et de Ditton sont réputées aussi riches que celles de la Californie.

L'or a été découvert à la Nouvelle-Ecosse en 1839, et en 1862 on en avait extrait au-delà de 7,000 onces. De 1862 à 1875, les mines d’or de la Nouvelle-Ecosse ont produit 242,072 oz, 14 gros et 22 grains, d’après les chiffres du département des mines de cette province. Cette quantité provenait de 325,363 tonneaux de minerai. Vu sa grande pureté, l'or de la Nouvelle-Écosse se vend $19.50 l’once ; mais même en comptant d’après l'évaluation officielle de $18, la moyenne du profit annuel pour chaque mineur a été de $525 pendant cette période de 16 ans. Il y a eu cependant une augmentation constante dans la moyenne des profits, car elle s’est élevée, de $249 qu'elle était en 1862, à $660 en 1875. On trouve aussi du platine dans les alluvions aurifères de le province de Québec.

En 1873, nous avons exporté aux Etats-Unis 47,200 tonnes de fer brut. Le fer abonde dans la Colombie, la province de Québec, la province d’Ontario et la Nouvelle-Ecosse. Cependant il n’y a guère aujourd’hui qu'une demi-douzaine de hauts-fourneaux en opération. Les opérations minières du Canada pendant les années 1869, 1870 et 1871 ont donné la moyenne suivante pour chaque année :

Nouvelle-Hcosse. ss. $1,192,365 Colombie-Anglaise..…...… Mol dee 151,952

Totale $1,344,317

Mo. DE Il est impossible de se faire une idée exacte du produit de je nos mines, vu l'absence de tout rapoort officiel sur cette d matière. Ceux qui sont engagés dans les exploitations minières È el ne sont guère disposés à fournir les renseignements qu'on pourrait leur demander à ce sujet. Ce qu’il y a de certain, il c'est que les minéraux de toute sorte abondant dans notre ti pays. A part les métaux dont j'ai parlé, le Canada offre de 0 riches mines d'argent, de cuivre, de zinc, de galène, de P

bismuth, d’antimoine, de nickel. Nous avons de la tourbe combustible, de riches puits de pétrole, des pyrites de fer, des

apatites, du fer chromique, de la molibdénite, de la magnésite, L du marnèse, du gypse, des matières colorantes minérales, à de la plombagine, du mica, de l’amianthe. Notre pays offre ; ti encore une grande variété de granit, de pierres propres à la | construction et à l’industrie. Nous avons aussi des minéraux ï

propres à être employés dans les beaux-arts et la bijouterie, l tels que pierres lithographiques, porphyre, jaspe, brèche, labradorite, albite, perthite, améthyste et agates.

Dans ces derniers temps, aussi, nous avons vu notre industrie prendre un essor considérable, que ce soit la Providence, la récolte abondante, ou le tarif protecteur du gouvernement conservateur qui en soit la cause !

Bref, pour quiconque étudie notre position et nos ressources, nous devons paraître un peuple solvable et en mesure d'offrir aux capitalistes français, qui veulent nous venir en aide, les garanties désirables. Ils veulent nous aider à enrichir notre pays, touten retirant des intérêts raisonnables pour leurs capitaux. Qu'ils viennent exploiter nos industries, le faire fructifier, qu'ils tirent de nos ressources inexploitées de 8 fortunes, et nous en serons heureux, parceque nous aurons contribué à enrichir des compatriotes et des frères.

Au nom di parlement fédéral, dont je suis l'un des membres, je souhaite donc la plus cordiale bienvenue aux illustres personnages qui ont bien voulu accepter notre modeste hospitalité. Ils efporteront, j'ose l’espérer, un bon Souvenir des Canadiens, et une excellente opinion de notre

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jeune pays qui est déjà grand par l'étendue, et qui le deviendra encore davantage, espérons-le, par la richesse de son sol et l'industrie de ses habitants.

J'espère que, comme Français et comme hommes d’affaires, ils auront lieu d’être satisfaits du résultat de leurs observations, et que les espérances qu'ils avaient conçues lorsqu'ils ont quitté leur belle patrie pour venir nous visiter se sont pleinement réalisées.—(Applaudissements).

La saucé de la législature de Québec fut ensuite proposée. L'honorable M. Chapleau, premier minstre, devait répondre à cette santé, maïs il en fut empêché par des raisons incontrôlables. L'honorable M. Loranger, procureur général, fut prié de le remplacer et prononça un discours dont nous n'avons pu nous procurer qu'une analyse. Il fut suivi de l'honorable M. Mercier, député de Saint-Hyacinthe et ancien ministre.

M. LORANGER, procureur séréral.

Le premier ministre, dit-il, devait répondre à cette santé J'ai dû le remplacer au dernier moment. C’est pourquoi j'espère que vous me pardonnerez si je ne remplis la tâche que bien imparfaitement. Je puis vous dire, au nom du gouvernement, combien nous sommes heureux de profiter de cette occasion pour témoigner, en fêtant les hommes distingués qui nous visitent, l'intérêt que nous portons à l’œuvre dont ils sont les zélés coopérateurs et à l'ouverture de relations nouvelles avec la France

Parmi les mesures de la dernière session, je considère que celle du Crédit Foncier franco-canadien est une des plus importantes. N'y eût-il mème que celle-là de passée, que l’on pourrait considérer la session comme très fructueuse.

Depuis assez longtemps déjà, on nourrissait, dans le pays le désir de voir se renouer nos relations avec l’ancienne métropole. Tout le monde se souvient de la visite de M. de

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Belzève, il y a vingt-cinq ant, et des projets qu'elle fit naître. Voilà maintenant ces projets vn voie de se réaliser, par l’établissement du Crédit-Foncier, c'est-à-dire par l'introduction des capitaux français dans ce pays: anglais.

Nous savons que les motifs qui guident nos amis ne sont pas absolument dégagés de tout intérêt. Les capitaux n’ont pas de nationalité et ne se déplacent que pour mieux se placer. Nos futurs créanciers veulent avec raison des garanties, comme on l'exige dans toute transaction financière. Seulement ils sont heureux de trouver ces garanties pour les placements qu’ils ont en vue chez des compatriotes, chez des Français de cœur etd’origine, dont les sentiments patriotiques ont subsisté en dépit de l’oubli et de la séparation. Chez nous, ils savent que la propriété est peu ou point taxée. Avec notre régime hypothécaire et nos lois d'enregistrement, que l’on reconnait en France même pour être plus complètes que dans aucun autre pays, on peut risquer sans crainte la fondation d’une société de prêt.

On nous dit que nous sommes fiers de notre origine. Oui, messieurs, cela est vrai. Nous nous glorifions d’être français et nous chérissons notre vieille mère-patrie. Mais il faut, cependant, que la France sache bien que, tout en lui restant attachés par les traditions, nous n'oublions pas non plus que nous sommes sujets anglais, et que nous sommes heureux de notre allégéance.

En nous séparant de l’ancienne métropole, nous sommes restés avec un sentiment implanté profondément dans nos cœurs: celui de la loyauté. Avant tout, nous sommes loyaux, loyaux au drapeau anglais auquel la France nous a légués, comme nous le serions au drapeau français même. Ce sentiment de fidélité n’est pas incompatible avec notre affection pour la France. En effet nous avons, dans notre pays, le double bonheur de pouvoir rester attachés à notre ancienne métropole tout en aimant la nouvelle.—{4ppaudissements.)

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M. MERCIER, député de Saint-Hyacinthe.

M. Le PRÉSIDENT, MessiEURSs,

Il y a cent-vingt aris, après la cession du Canada par la France, celui qui eût prédit l'événement qui nous réunit ce soir, l’accueil fait à des Français venus pour placer de leurs capitaux dans le pays des vainqueurs d'alors, aurait eu peu de chance d’être cru. C’est bien là cependant le spectacle dont nous sommes témoins, et le fait qui nous occupe en ce jour.

Notre amour pour la vieille France, si bien conservé à travers les âges, se sent ravivé en ce moment où nous pouvons recevoir les représentants de l’ancienne patrie, et en les voyant au milieu de nous, nous sommes heureux et fiers de descendre de cette grande nation.

Les relations que nous voulons avoir avec elle ne sont pas des relations politiques. Non, nous sommes heureux sous le drapeau anglais, et nous ne songeons pas à changer d'allégéance. Les libertés dont nous jouissons nous empéchent de regretter le passé. Seulement nous nous réjouissons de voir que la France, nous retrouvant après un siècle, nous croit assez grands et assez forts pour établir des rapports d'affaires avec nous et nous offrir ses capitaux.

De fait, l'enfant qu’elle oublia sur ces quelques arpents de neige, comme l’on disait alors, est devenu un homme vigoureux, qui veut encore grandir et prospérer, et si son ancienne mère-patrie croit devoir l'aider, en lui offrant des capitaux, destinés à dégrever surtout le sol de nos campagnes, qu’elle soit ja bienvenue ! Nous sommes capables de lui donner des garanties ; elle transigera avec nn peuple honorable et solvable : elle peut être rassurée sous ce ranport. Et la législature, dont j'ai l'honneur de faire partie, n’hésitera pas à adopter toute mesure, compatible avec les intérêts généraux du pays, qui garantira le remboursement des sommes d'argent qui seront prêtées aux cultivateurs dans des conditions avantageuses,

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Parlant, comme je le fais dans ce moment devant des mill hommes distingués, appartenant aux deux partis politiques leux qui se divisent l'opinion publique, c’est mon al de diri- M ger leur attention sur la valeur de la leçon que rous donne octr la France, si riche et si prospère. | Frai

En effet si notre mère-patrie peut nous venir en aide et d’ate nous offrir des capitaux, comme elle le fait aujourd’hui, dans malgré les malheurs qui l'ont frappée il y a dix ans, malgré JE mièr les neuf milliards que lui a coûtés la guerre franço-prussienne, 2 tion. car les cinq milliards payés à l'Allemagne forment à peine con? la moitié des Gépenses de cette guerre désastreuse, cela est mac] dû à la merveilleuse économie et à l'instruction pratique de y etau ses classes ouvrières. La France a fait énormément pour de pl son industrie et en a obtenu des résultats incroyables. Sans à l’ir parler de Henri IV et Sully, de Louis XIV et de Colbert, ces lons-

génies créateurs de l'industrie française, je vous rappellerai Napoléon 1er donnant 35,000 hectares (75,000 arpents) de terre pour encourager la culture de la betterave à sucre, et Napoléon IT prêtant 40 millions aux manufacturiers, en 1860, pour vous montrer ce qu’on a fait là-bas pour encourager les producteurs, ceux qui font la fortune des peuples modernes.

Ces 40 millions, qui furent prètés sous le règne de Napoléon [IT, furent distribués sur le rapport d’une commission spéciale, à diverses institutions et comme suit : Fers et métaux, fr. 9,110,000; fils et tissus, fr. 15,060,000; mines, fr. 3,800,000 ; machines, fr. 1,417,000; sucres, fr. 3,250,000 ; tapis et ‘adustries diverses, fr. 4,583,000, Ces prêts, qui étaient ‘ts à un intérêt de 3/00, étaient remboursables en douze ans ; les uns avec garanties hypothécaires ; quelquesuns sans autres garanties que l’honorabilité et la solvabilité, et d’autres enfin sur des nantissements ou des cautionnemenis ordinaires. Ces prêts furent servis en trois paiements, les commissaires ayant soin de ne verser les seconds et troi sièmes que sur justification faite de l'emploi des versements précédents. Ces secours donnèrent un élan prodigieux à* l’industrie française ; et les importations, de près de deux

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milliards qu’elies étaient en 1855, atteignirent le chiffre fabuleux de plus de quatre milliards en 1865.

Mais il n'aurait pas suffi de secourir l’industrie par des octrois et des tarifs protecteurs et même prohibitifs ; et la France comprit qu’il fallait avant tout lui donner des chefs d'ateliers habiles et des administrateurs expérimentés : et dans ce but elle fonda des écoles spéciales. C'était la première condition, la formule du succès. En 1794 la convention créait le Conservatoire des Arts et Métiers, à Paris. qui fut con zerti d’abord en musée pour la collection de modèles des machines et des outils perfectionnés et servant à l’agriculture et aux usines; plus tard elle offrit des cours gratuits et publics de physique, de chimie, de géométrie et d’algèbre appliquées à l’industrie. Le premier empire organisa les écoles de Châlons-sur-Marne, d'Aix et d'Angers, dans lesquelles ces sciences, appliquées à la mécanique, furent enseignées théorique ment par des professeurs distingués et pratiquement par des maîtres-ouv'iers ; ces derniers montrant aux élèves apprentis à tailler le bois, la pierre, et à fabriquer des tissus.

Duruy, sous le second empire, en 1865, a fondé à Cluny une école normale pour former des professeurs spéciaux nécessaires à ces écoles,et la république actuelle, par un décret passé en 1874, a réorganisé ces trois écoles et, en les déclarant ÉCOLES NATIONALES, leur accorda des bourses et demi-bourses suffisantes pour y entretenir un bon nombre d'élèves. En 1877, le gouvernement accordait 900,600 francs, près de'$200,000, pour y être distribués de cette manière. Les jeunes ouvriers n’y sont pas admis avant 15 ans, ni après 17 ans; doivent possèder les connaissances acquises à l’école primaire,et être capable: de faire certains ouvrages manuels indiqués, soit en bois, soit en pierre, soit en fer, de manière à prouver qu’ils ont commencé l’apprentissage du métier auquel ils se destinent. La France possède en outre plusieurs autres écoles remarquables de cette nature : l’école centrale de Paris; l'ecole centrale de Lyon ; l’école des mineurs de Saint-Etienne ; celle d’Alais, cel-

| les d'horlogerie, de dentelles, à Caen, Bayeux, au Creusot,

Bailleul ; de tissage, à Lyon, Rheims, Saint-Etienne, etc.

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dr ob Le résultat obtenu par ces écoles spéciales est tel qu’elles

recevaient et instruisaient déjà, il y a plusieurs années, qu “ 819 "ee à ë à lur 150,000 élèves de tout métier, lesquels s’y préparaient à devenir des ouvriers habiles et laborieux. Il y a maintenant qe de ces écoles en Angleterre, aux Etats-Unis, en Allemagne et jusqu’en Russie; elles existaient en Suisse avant celles de be: France. Nous n’en avons pas dans notre province; caril y a LA bien quelques collèges industriels mentionnés dans les des rapports officiels, mais je doute qu'ils donnent des cours cla pratiques. Le programme de l’école polyiechnique de Li Montréal, placée sous l’habile direction de M. Archambault, ch donne l’idée de ces écoles industrielles ; malheureusement | me ple

cette idée n’est pas encore réalisée, faute de ressources et d'encouragement,

En France on a complété cet admirable système en offrant des primes et des distinctions aux grands inventeurs, à ces génies de l’industrie qui sont les véritables ouvriers de la civilisation moderne.

Je me suis permis, messieurs, de vous rappeler ces faits, en répondant à la santé de la législature de Québec, parce qu’ils à me paraissent propres à vous indiquer la marche à suivre, et qu’il faudra bien s'occuper de cesquestions quand nous aurons moins de temps à sacrifier à l'esprit de parti et plus d'énergie à consacrer à notre industrie et à l'instruction de nos classes ouvrières. C’est Richelieu qui a dit, dans son testament politi- V& que, que ce qu’il fallait à un Etat bien constitué c'était plus de bacheliers ès-arts mécaniques et moins de bârheliers ès-arts libéraux. C'est une grande vérité, messieurs, que nous pourrions méditer avec profit ; et si la France est si riche À aujourd’hui, si son industrie est si prospère, c’est dû en grande partie à cette sollicitude intelligente qu’elle a eue de tout temps pour ses classes ouvrières. L'homme d'Etat doit aider et soulager ces classes, car elles sont l'âme et la vie d'une nation. Sans elles pas dé travail, pas de progrès, pas de prospérité. Ne dédaignons pas, messieurs, de nous découvrir respectueusement devant la charrue et l'ateier qui nous

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