‹ La France et le Canada français [microforme]Chapitre 14 sur 21 · M. THORS · texte numérisé non relu

M. THORS

Messieurs,

Appelé à élever la voix dans cette réunion après les excellentes paroles que vous venez d'entendre et qui vont droit au cœur de ceux qui sont venus d'Europe pour fonder ici le Crédit Foncier franco-canadien, mon premier soin est de remercier l’homme éminent qui, dans un langage aussi brillant que patriotique, vient d’applaudir à notre œuvre.

Certes, messieurs, si quelque chose devait aplanir la tâche que nous nous sommes imposée, écarter de notre chemin les pierres qui auraient pu gêner notre marche, rendre clair ce qui était diffus, et visible ce qui était dans l’ombre, ce ne pouvait être que l'accueil sympathique et bienveillant que nous recevons ici de toute part, que le concours puissant de vos hommes d'état, que la complicité réelle, permettez-moi le mot en faveur d'une œuvre qui est appelée à faire tant de bien, la complicité, dis-je, de tous ceux qui, sentant l’importance de l'institution nouvelle, sont les premiers à nous crier : Marchez, regardez autour de vous, voyez nos richesses, le labeur de notre population, la création de nos villes, le défri-

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chernent de nos terres, l’avénensent de notre culture et de nos mines !

Aussi est-ce avec un profond sentiment de reconnaissance que je viens dire ici devant vous que, si la tâche que ie m'étais imposée pouvait, de l’autre côté de l'océan, me paraitre ardue et hérissée de difficultés, je n’ai pas tardé, dès que j'ai mis le pied sur le s0l canadien, à reconnaître que toutes les mains s'étaient ouvertes devant moi, que toutes les voix m'encourageaient à persévérer, que de partout s'élevait ce cri: Ayez confiance !

Cest ce courant sympathique qui n’a cessé de guider chacun de mes pas au fur et à mesure que je poursuivais ma route au milieu de vos villes, comme au travers de vos campagnes. C'est grâce à lui que j'ai pu en peu de temps me former une opinion raisonnée ét hautement favorable sur les richesses de votre sol, sur la sécurité de vos institutions hypothécaires, sur la valeur de vos populations.

Je l’affirme ici avec un sentiment de véritable admiration : je suis et je reste frappé des immenses ressources de votre pays et des moyens de développement que je constate pour votre production.

Le rôle que j'entrevois pour la société que je suis appelé à venir fonder parmi vous avec le concours des plus hautes illustrations de votre pays sera, je l'espère, un rôle bienfaisant. Îl devra, si vos populations en comprennent le mécanisme, extirper à bref délai le fléau de l’usure qui dévore vos centres ruraux ét, en abaïssant le taux de l'intérêt, permettre à chacun de vos cultivateurs d'élever sa famille sur la terre qu’il exploite, sans avoir à craindre que la récolte qu'il espère ne suffise pas à le libérer envers un créancier ou rapace ou tenace,

Mais ce n’est pas à cela que va se limiter le rôle que nous rêvons pour notre institution. Elle a de plus grandes visées et elle se croit appelée à des résultats plus considérables. Cherchant à populariser parmi vous le principe de l’amor-

tissement au moyen d’annuités fixes, principe qui a si admi-

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