‹ La France et le Canada français [microforme]Chapitre 19 sur 21 · APPRÉCIATIONS DE LA PRESSE ANGLAISE · texte numérisé non relu

APPRÉCIATIONS DE LA PRESSE ANGLAISE

(Du «“ Monetary Times ” de Toronto.)

Dans l’histoire moderne du commerce, il n’y a pas d'épisode plus intéressant que le rapprochement qui s'opère entre la France et l’ancienne colonie fondée par elle sur les bords du Saint-Laurent. Ce serait une curieuse ironie du sort si, après un siècle de séparation politique, la France et le Canada devenaient plus utiles l’un à l’autre, sous le rapport commercial, qu’ils ne le furent jamais alors qu’ils occupaieni la position respective de mère-patrie et de colonie. Louis XIV était parfois affligé de voir que la colonie ne rapportait rien au commerce. et n’eût été l’orgueil national ou la jalousie internationale, la France eût volontiers laissé à la dérive une colonie qui pourtant lui était chère à plus d’un titre.

La France sourit de nouveau à sa colonie perdue, chez qui elle cherche des avantages commerciaux, sans regretter la perte de ses attaches politiques.

En premier lieu est venu l'emprunt de $4,000,000, de capitai français, par le gouvernement de Québec, puis une compagnie de prêt au capital de $5,060,000, s’est formée à Paris, ayant le Canada pour champ d'opérations. Immédiatement après est survenue l’Union Sucrière du Canada, fondée aussi à Paris, pour exploiter la betterave à sucre. Ces trois items comprennent un montant de $11,600,000 — le tout a été souscrit en quelques mois à peine ; ou pour mieux dire, tout cela a surgi spontanément. Et ce n’est pas tout. Une compagnie financièrefrançaise doit, dit-on, entrer dans le syndicat qui a entrepris la construction du chemin de fer du Pacifique. La province de Québec recevra une nouvelle vie des deux entreprises qui l’intéressent plus particulièrement, et par suite le Canada tout entier en bénéficiera considérablement,

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{ Du «“ Witness ” de Montréal. |

Le banquet d'hier soir a été l’occasion de grandes réjouis sances pour nos concitoyens d’origine française. La France a enfin retrouvé son enfant, abandonné à lui-même depuis si longtemps sur ce continent, et grandi maintenant, ayant les proportions d’un homme. Les discours des orateurs francocanadiens et de leurs visiteurs ont exprimé ce sentiment. Les premiers ont parlé de l'importance et de l'influence de la race française en Amérique, des grandes ressources de nos terres ; tandis que ceux-ci agréablement surpris des progrès faits par la progéniture de leur race et de ses perspectives encourageantes d'avenir, lui offrent le nerf de la guerre qui devra améliorer sa position particulière.

Il y a beaucoup de vrai, dans la remarque faite, au banquet d'hier, par le distingué écrivain français, M. de Molinari, que les Canadiens-Français n’ont pas reçu de la France cette aide. sous forme de capitaux et d’émigrants, que les Anglo- Canadiens ont reçue de leur mère-patrie, et qu'ils ont vu pour cette raison leurs mouvements gênés dans la lutte.

Tout cela va changer. Nous avons brisé la formidable barrière, le Rubicon est francui, s'écrie avec jubilation un de nos confrères français. Nous croyons qu’il y à lieu pour eux de se réjouir en effet.

Il y a un vaste champ dans cette province pour le capital français ou autre, et si ce capital est employé judicieusement, non à construire de beaux édifices, mais à développer les ressources de notre sol, nos puissantes ressources minières, par exemple, il augmentera à la fois la richesse de notre population et celle des capitalistes eux-mêmes. Le Crédit Foncier commence ses opérations au moment opportun, et avec une administration prudente, il deviendra sans doute une institution des plus prospères, car il ne saurait trouver de champ plus propre à ses opérations que celui qu'il a adopté. Nous pouvons conclure du langage des délégués français qu'ils le comprennent ainsi. Ils se sort enquis 2%ec soin ‘e ce qui

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