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de français de cette province pour acclamer les nobles déclarations de l’Académie française ‘ qu'un Canadien-francais, en France, ne prenait la place ni les lauriers de personne,” et proclamer aussi la gloire de cette grande nation. Donc, M. le Président, il ne peut paraître étrange à personne dans cette assemblée d'entendre le Sénat du Canada, par ma bouche, souhaiter aux personnes distinguées, que nous fêtons ce soir,
Rla bienvenue dans cette province de Québec, si pleine de Hloyauté pour l'Angleterre, mais aussi frémissant toujours
sous les plus grandes émotions chaque fois qu’elle entrevoit un rapprochement avec l’ancienne mère-patrie.
Après un siècle de séparation, la France littéraire et la France commerciale, déchirant le voile de l’oubli, se rappelle ses enfants, (quelques familles alors, près de deux millions
4) aujourd'hui) ; et pendant que l’une couronne le poète cana-
dien, toujours français, l’autre, la France commerciale, si
L bien représentée par nos hôtes de ce soir, nous offre le fruit
de son travail, de sa prévoyance, de ses épargnes et de sa sagesse pour nous aider à développer la richesse de notre
M vaste territoire. Eh bien, messieurs ! il incombe à chacun de
nous, maintenant, de sauvegarder la position et les intérêts
ide cette France généreuse par un renseignement juste, une direction honorable, et une législation libérale.
La province de Québec, messieurs nos hôtes, offre aux
capitaux français un champ sûrement rénumérateur sous
l’habile direction que vous saurez lui donner. [ci, messieurs, nous avons de l’espace ; nous avons un sol généreux qui ne demande que le capital et l'expérience pour nous rendre les
Mlrésors que la Providence y a déposés pour nous ; nous avons
d’innombrabl s pouvoirs d’eau capables de mouvoir des
Æusines el manufactures suffisantes à une population de cent
millions ; nous avons des régions chacune grande comme la
France, dont le sol est ricne en phosphate, en minerai de fer,
en or et autres richesses ; nous avons d'immenses forêts, dont chaque kilomètre est un trésor; nous avons des lacs et des ivières sans nombre, facilitant le transport de nos récoltes,
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et des produits de l'exploitation de nos forêts et de nos indus tries ; nous avons le grand et majestueux Saint-Laurent qui se dispute presque l’immensité avec l'océan, et dont le golfe |, fournit, chaque année, une inépuisable moisson à une intré. Je pide population de pêcheurs. Da pe Plus que cela, messieurs, nous avons une autre provinces 0 française, (Manitoba), à offrir à vos concitoyens, et à leurs }, p énergie : au-delà des villes, des lacs et des forêts, s'étendent }jon de vastes plaines, comprenant des millions de kilomètres + sut dont le sol est uni, fertile et riche pour la culture, régions. kiale découvertes par vos ancêtres et les nôtres, régions que nous@ 655 serions heureux de partager avec les enfants de la France, M sou] surtout avec les malheureuses populations de l'Alsace. Je Lorraine. Car, messieurs, ne l'oubliez pas : Si en France om on reconnait et compte comme français les descendants des 1 pe Montcalm, des Maisonneuve, des Frontenac ; ici, au Canada Loue nous nous disons frères des enfants de la belle France, et je q quand nos frères de là-bas viennent au milieu de nous, nous tr: pouvons leur offrir leurs institutions, leur langue et leurs lois M &6 } héritage sacré, légué par nos pères, et que nous avons sul laiss conserver intact ; nous pouvons leur serrer la main, et leurMS nat dire : “ partagez notre sol, partagez nos grandes forêts, car cepe il y a un siècle, sans que vous le sachiez, sans que vous vous : en doutiez, que nous partageons votre gloire.” l’im
Avec ces quelques remarques M. le Président, je vous de-M Cet manderai la permission de reprendre mon siège, laissantaux8 de orateurs éloquents qui me suivront le soin de dire à ces mes-M ne j sieurs, les grandes ressources de notre beau pays et aussi le à la plaisir, le grand plaisir que nous avons ce soir de fêter des tell hôtes aussi distingués. (42#/audissements.) ser
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2 été bue montre assez quels sont nos sentiments. laisse de suite ce sujet à d’autres plus habiles que moi en
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M. OUIMET, député de Lavai.
M. Le PRÉSIDENT ET Messieurs, Je soupçonne le vaillant sénateur qui vient de vous adresser
} la parole d’avoir voulu me rendre la tâche plus que difficile en
me désignant d'avance pour exposer l'étendue des ressources du pays que je représente avec lui au pariement fédéral. C'est bien là, en réalité, la tâche que je dois remplir. Après avoir souhaité, au nom de la Chambre des Communes, la plus cordiale bienvenue à nos hôtes, je devrais les renseigner sur les ressources qu'offre le Canäda pour les placements qu'ils veulent faire.
Je comprends que leur visite est une visite d’affaires. Ils sont venus non pour constater combien nous aimons la France— le poète Fréchette le leur a dit à Paris—mais pour nouer avec Je n’ai pas besoin de dire ici combien nous affectionnons notre vieille mèrepatrie. L’enthousiasme avec lequel la santé de la France a Aussi, je
matière de sentiment, et je commence ma tâche. Je ne puis cependant m'empêcher d'exprimer le regret que j'éprouve de ne pas voir ici l'honorable ministre qui avait été chargé de
l’importante question qui va faire le sujet de mon discours.
Cet honorable monsieur vous aurait,sans doute,exnosé de main de maître toutes les ressources de notre pays, tandis que je ne pourrai guère vous donner que quelques notes préparées à la hâte, et au dernier moment. Je vous les offre toutefois
| telles qu’elles sont, me confiant à votre indulgence pour excu- | ser la forme, et espérant qu’elles pourront être utiles.
Il y a cent vingt ans, la France abandonna le Canada à
ses seules ressources, en le laissant dans les dettes et dans
l’ignorance—car tout ce qu'il y avait d’instruit et d’éclairé, à
| part notre clergé, quitta Le pays dès l'installation des vainqueurs. On sait ce qui suivit. En dépit des obstacles, la | race française au Canada a su frayer son chemin.
Aujour-
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d’hui, nous pouvons dire que notre pays est un des plus prospères et des plus heureux du monde.
Les progrès que nous avons accomplis ont lieu de surprendre la France. Ces progrès ont eu lieu en toutes choses, mais surtout en politique. Nous avons atteint le suprême dégré de la liberté politique. Chez nous, les partis ont leur franc jeu. Mais en même temps, la législation est stable, à l'abri des variations ; de sorte que, pour ce qui concerne nos hôtes et l'institution qu'ils sont venus fonder iei, ils peuvent être sûrs que la loi établie à leur sujet sera respectée des gouvernements à venir, quelle que soit la couleur politique de ces gouvernements.
Nous jouissons de tous les bienfaits de la constitution britannique, sans en avoir les inconvénients, les vieux préjugés de caste n'ayant jamais pris racine ici. Le plus grand respect règne pour l'autorité ; de même l'autorité a le plus grand respect pour la liberté individuelle, garantie par la loi qui est suprême et la même pour tous. La race française au Canada s’est admirablement adaptée au système constitutionnel britannique. Un gouverneur, lord Dufferin, nous rendait le témoignage, que personne au Canada n'avait plus que nos nationaux saisi le génie de la constitution anglaise, et ne savait mieux la mettre en pratique. Inutile de mentionner que c'est grâce à nos efforts que le gouvernement responsable a été établi ici, et que nous en avons acheté les bienfaits au prix de notre sang. C’est en 1840 seulement que la métropole nous accorda la véritable liberté constitutionnelle, et cela après que grand nombre de nos compatriotes eurent péri sur le champ de bataille et sur l’échafaud.
Nous jouissons aujourd’hui politiquement et commerciale: ment de la plus grande somme de liberté possible et compatible avec notre état de colonie. Longtemps le Canada n'était considéré par l'Angleterre comme toutes ses autres colonies, que comme un comptoir pour y écouler, avec des profits Snormes, les produits de son industrie. D’un autre côté, ses marchands accaparaient toutes nos productions, céréales, bois
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et fourrures, pour les revendre à leur bénéfice ailleurs. L’Angleterre nous imposait comme aux autres colonies un système de restrictions qui peuvent se résumer comme suit :