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venu de Paris; il sert d'instrument aux factions pour annuler les influences locales. Deux cent mille ouvriers étrangers à Paris y élisent le conseil municipal. Ces électeurs de passage dirigent les intérêts de la capitale de la France. Paris est la France et non un inunicipe particulier. Combien y a-t-il de Parisiens, de familles établies depuis plusieurs générations? Les éléments d'un conseil municipal y manquent absolument. Les propriétaires des maisons de Paris sont en minorité dans la population et ils comptent à peine dans les élections. Et pourtant, ils sont la ville de Paris; ils y sont du moins quelque chose. Leur demande-t-on conseil pour mettre des imp(Us? Ont-ils quelque part dans l'administration? Deuiande-t-on même ;iux propi'iétaires des maisons dans une rue, comment cette rue s'appelle ou doit s'appeler? Non, un conseil municipal de fantaisie biife les noms consacrés par la tradition, supprime les souvenirs et décrète des noms nouveaux qu'un autre conseil municipal ne conserve pas. Les domiciliés ne sont plus rien, et les non domiciliés sont tout. La propriété est exclue de l'administration municipale, ou elle y est dans une minorité déris(jire.
Le peuple français n'est plus domicilié ; l'élément nomade a la majorité à Paris. Et, dans les départements, les travaux publics, les chemins de 1er disposent, par leurs ouvriers et agents, dans beaucoup de villes, des fonctions municipales. Les campagnes émigreut dans les villes. Tout ce qui, dans la province, est riche, ambiiieux, fuit sa localité et transporte à Paris ses espérances, ses plaisirs, son influence. Toutes les administrations y ont leur tête et leur p(;rsonnel supérieur. Tous nos fonctionnaires sont à l'élat nomade. Encore plus que les administrés, les ailministrateurs obéissent a la loi du mouvement. Il est de principe que toute résidence est temporaire et que tout avancement est un déplacement. La conditi'>n nomade du fonctionnaire ne huit qu'avec sa vie ou par sa retraite. Et, le plus souvent, sa retraite obtenue, il ne sait où aller. La multiplicité des fonctions pub'ioues ouvre des débouchés à la jeunesse française elle n'a«uire qu'à échanger la vie locale, modeste sans doute, mais indépendante contre la vie de fonctionnaire ambuiani. sans initiative, ni responsabi-
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liti'. La «las^f lioiiigeoisf est travaillée de la maladie (jue lui a iiiofiilip 11' législateur. Les champs héréditaires, la maison paternelle n'ont plus de sens. .Nous vivons en holel garni, transportant sans cesse nos meubles, nos familles d'un endroit ;i un autre. Cha(|ue l'ainille ne devrait-elle pas avoir son doniirilo propre, sa maison a elle? Dans beaucoup de pays, la cou-
lii y pourvoit, et des lois protectrices assurent le domicile
ilu pauvre. Le législateur Iranrais n'a «ju'une sollii'itude. c'est que la propriété i-este le moins possible dans les mêmes mains. Paris, à ce point de vue, présents un phénomène uni(|uc. <".i)iiiment y mener la vie de l'amille? 11 n'y a pas de mais(in< de lamille. S'il y en a, elles ne durent qu'une génération. La inorl du père de l'amille impose une inévitable liquidation.
La liberté de lester permettrait seule la transmission du domicile de l'amille à un des fils qui continuerait la personne du père. Les tableaux de famille, les bibliotliè(jues, les meubles d'affection n'iraient pas aux enchères publiques. Cette maison, toute pleine de la destination du père de l'aniille. ne serait pas bouleversée par un étranger. Bàlir une maison, c'est folie, puisque, excepté à Paris et dans quelques grandes villes, où la bàlisse est une spéculaliim, une maison d'habitation ne se vend jamais ce qu'elle a coilté. Kt cela se conçoit, puisque la vente est souvent forcée, tandis que l'achat est toujours libre. Il n'y a plus de bourgeois, dans l'exacte signification du mot. il n'y a plus de familles à demeure fixe. La loi pulvérise les inléièts et les jette à tous les vents. Or, sans cohésion, sans tradition, l'esprit de localité s'éteint, 11 se soutenait par l'esprit de famille, dont il n'est qu'une extension. C'est une nécessité que l'État vienne au secours des localités et assume la pari prépondérante dans leur direction. .\ussi les maires ont perdu leur caractère pour devenir des fonctionnaires de l'État.
Le morcellement du sol décourage le cultivateur en lui imposant, par la difliculté et les frais de culture, une lâche au-dessus de ses forces. Son bénéfice n'est plus en proportion de son travail. La concurrence des arrivages de l'étranger en blé cl en viande le ruine, et il ne songe qu'à vendre son bien