LES ACTES DE L ETAT CIVIL
kl mort. 110 présenle-t-elle pas de rcdoutalilos inconvénients? Cette séparation de l'Église et de l'État crée un manithéisme social, une lutte intérieure. Est-ce qu'en violant les droits des chrétiens, l'État ne risque pas de s'attirer leur désaffection? La question dos cimetières a soulevé des orages en Belgique et en France. La liberté d'enseignement, ravie de force aux pères de faniillo ot à l'Église, aliène une grande partie de la population. Il est cependant bien simple de rendre l'école, comme le cimetière, confessionnelle. Après avoir tant parlé de la liberté des cultes, il se trouve que les cultesn'onl plus aucune liberté, puisqu'ils n'ontcelle ni de l'école ni ducimetière. La promiscuité des cultes n'est pas la liberté des cultes. Le maire vous marie et vous enterre pour vous signifier que le mariage n'est plus qu'un concubinat, et que la sépulture, jadis sacrée, n'est plus qu'un enfouissement destiné à prévenir les suites d'une pulrélaction dangereuse.
La société religieuse a son domaine : elle a ses églises, ses écoles, ses cimetières. On dit : que chaque culte se livre à ses cérémonies particulières dans le cimetière commun! Cette façon de présenter la question la résout, et la résout dans le sens dupanthéisme et du mépris detous les cultes. De quel droit , l'État juge-t-il que tous les cultes sont frères? Qui l'autorise a fixer leurs droits? Nos restes mortels appartiennent-ils à l'État? Il s'en met en possession sans consulter la famille, et contrairement à la volonté du défunt. Notre cadavre retournet-il à l'État par voie de déshérence, comme si l'État était l'auteur premier de notre vie et qu'il ei'd hypothèque sur notre personne? C'est à la famille qui hérite de tout qu'appartient le cadavre; c'est à elle qu'échoit le devoir de l'ensevelir. L'État se substitue à la famille; au lieu d'exercer un droit général de surveillance, il fait acte de propriétaire, il dispose de ce qui n'est pas à lui. Ce droit de l'État ou de la commune repose sur un principe communiste. C'est aux familles à enterrer leurs morts, et si les familles catholiques veulent des cimetières catholiques, qui peut s'y opposer sans violence? On nous répond que la société s'est sécularisée et que l'État ne professe aucune religion. Nous le savons, mais cela ne lui donne pas le droit dç nous enterrer à sa guise, Tout en se prétendant offi-
'■>H I.A KRANCR ET LK CODE MAI'OLÉON
ci«'llpiiu'nl r'liiiii«i'rau(alliijlicisme, le gouvernomcnl français lie v,aiiiail sciii|)iV1iit ili- npivscnlpr la iialinii. Ktietlc nation ilaiil en inajoiilf caliiuliciur. il n't-^l plus rcpréseiilalif. s'il n»lient pas compte de l'Église catholique. Le devoir juridique d'un gouvernement représentatif, c'est de respecter la nation; et si celte nation a liesoin de cimetières catholiques, elle est insultée par la déclaration que les cimetières sont un terrain vague et banal. L'Rtat devient le fossoyeur universel. Il contisque le cadavie, et ne nous laisse pas même la liberté de notre sépulture. Ce que nous disons ne s'adresse qu'au culte catholique, puisque les autres cultes ou prétendus cultes se trouvent bien de la domination de l'État laïque ou athée. Il est commode pour les libres-penseurs de tenir pour non avenus les catholiques et l'Église catholique. Nos croyances font partie de nos droits et de nos intérêts. Il serait étrange qu'il n'y eiU de protection sociale que pour d'infimes minorités libres-penseuses. Celte question des cimetières ne met pas seulement en lutte la société civile et la société religieuse, elle froisse la liberté civile des familles et des individus.
Ne filt-ce ([u'à titre de chiffres, nous avons le droit d'être mieux traités : nos numeri summ. L'État s'accoutume à celte fiction qu'il n'y a pas de catholiques et que l'Église n'est rien. 11 légifère dans le vide, dans un vide fictif. Toutes ces fictions ont pour but et pour résultat d'arracher aux Français leurs droits et leurs libertés et d'en investir l'État qui devient le seul être vivant et indépendant reconnu par la loi. Cette fiction del'État est la seule réalité. Nous disparaissons dans cette absorption comuiecatholiques. 11 ne nous reste que la qualité de Français, qualité banale qui ne nous assure aucun droit et qui est offerte à tous les étrangers. La diversité des opinions et des cultes n'aboutit pas logiquement au cimetière commun, mais à autant de cimetières qu'il y a de cultes réclamant un cimetière spécial. En fait, le culte catholique seul est dans cette condition. Fl l'invention du cimetière commun est une attaque directe à sa tradition et aux droits des Français catholiques.
La liberté du culte catholique est proclamée par le Concordat. Est-ce que la sépulture chrétienne ne fait pas partie de notre culte "? Est-ce que nous n'avons pas eu de tout temps