M. Parenteau, en
HENRI DE LA ROCHEJAQUELEIN A LA TÈTE D'UN CORPS DE VENDEENS D’après le tableau de M. E. Le Blant. xix» siècle. — Tous portent le scapulaire sur la poitrine. Henri de la Rochejaquelein leur dit : « Si j'avance, suivez-moi; si je recule, tuez-moi ; si je meurs, vengez-moi. » Lescure, « le saint du Poitou », et le paysan Cathelineau, « le saint de l’Anjou », qui sera le généralissime de l’armée vendéenne, se faisaient également gloire de porter le même insigne.
Lues, dans la Vendée militaire. Là passait, le vendredi 28 février 1 794, une des bandes infernales commandées par Haxo, et qui chercharent à surprendre Charette dans son quartier général de Legé. Les habitants des Lues s’étaient signalés par leur indomptable énergie à défendre leurs autels et leurs foyers : Pro aris et focis. Les Bleus devaient leur faire cruellement expier tant d’audace, et, le jour même que je viens d’indiquer, ils égorgèrent de sang-froid quatre cent vingtcinq victimes , dont plus d’un tiers étaient des enfants âgés de moins de quinze ans, quelques-uns au berceau. Un mois après, le catalogue en fut dressé avec soin par le curé même de la paroisse.
Or, en 1 863 , leurs ossements précieux ont été découverts, encore enlacés du scapulaire du Sacré-Cœur et du Rosaire, dont ces vaillants chrétiens s’étaient servis pour murmurer les dernières prières. Quelques-unes des balles qui les avaient frappés se trouvaient aussi mêlées à leurs cendres1.
Nous ne pousserons pas plus loin ce martyrologe du devoir et de l’honneur, qu’il serait facile d’étendre. Ce que nous avons dit suffit pour montrer que, si parmi nous la foi ne manqua jamais de martyrs, il y eut une heure, dans l’histoire de notre pays, où, du trône à l’atelier, l’amour eut aussi les siens : cette heure sonnera encore avant la fin de nos récits.
1. Chapelle de Notre-Dame des Lues, par l’abbé Jean Bart, curé des Lues. Nantes, Libaros, 1874. La brochure reproduit les noms des quatre cent vingt-cinq victimes, avec indication précise de leur âge et de leur lieu de naissance.
Monnaie de Louis XIV
Avec cette inscription : « Le Christ règne, il est vainqueur, il commande. »
Jésus reposant au sein de son propre Cœur, avec cette légende : « Je dors et mon Cœur veille. » — Marque de Sébastien Huré, 1646.