‹ La France et le Sacré CœurChapitre 101 sur 148 · RENAISSANCE RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

RENAISSANCE RELIGIEUSE

ant qu’une cause a des martyrs, elle n’est pas perdue. Le Cœur de Jésus, pour qui tant de noble sang avait été versé, devait donc sortir un jour victorieux de la crise où la France avait failli périr. Application nouvelle de l’antique parole : « Sang des martyrs, semence de chrétiens! »

Il y eut peut-être, a dit quelque part Joseph de Maistre, au cœur du roi, de la reine, de Madame Élisabeth, à l’heure de leur immolation, un si sublime et si généreux élan d’acceptation, d’amour, même de joie, que ce fut assez pour désarmer Dieu et assurer l’avenir. Et ajoutez encore le témoignage sanglant d’un million d’autres victimes, surtout de la Vendée!

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Le navire agité par la tempête, image de l’Église au milieu du monde.

Tiré des OEuvres du B. François de Sales.

« Vers 1797, en voyant ces campagnes incultes, ces granges brûlées, ces villages veufs de leurs quatre cent mille habitants tombés sous le plomb ou sous le fer, les sages de l’époque déploraient ce sang répandu pour rien : ils ne savaient pas que Dieu le conserve comme un trésor quand il a coulé pour la justice. La Vendée était à terre, mais sa sublime plaidoirie restait sans réponse. Elle avait prouvé que le sol français tremblera toujours sous le pas des oppresseurs de la vérité catholique. Tandis que la main du premier consul semblait ouvrir les églises désertes et les cathédrales dévastées, c’étaient Cathelineau, Bonchamp, Larochejaquelein, Lescure, Charette, d’Elbée, c’étaient ces laboureurs enfouis sous leurs sillons ensanglantés, c’étaient tant de pieuses paysannes, de’pures jeunes filles, d’enfants fusillés, guillotinés ou noyés, dont les ombres'héroïques agitaient sur leurs gonds rouillés les portes de nos temples, les ouvraient à deux battants et y faisaient entrer à flots les populations redevenues chrétiennes *... »

Ainsi parle un des historiens du bienheureux Grignion de Montfort. Adversaire déclaré du jansénisme, ardent ami du Cœur de Jésus et du Cœur de Marie, cet incomparable missionnaire, dès le commencement du dix-huitième siècle, par sa parole de feu et parles deux congrégations religieuses qu’il a fondées, avait préparé ces générations doublement fidèles, qui surent si bien combattre et mourir.

La tourmente révolutionnaire ne fit donc que donner une nouvelle impulsion à la piété française vers le Cœur de Jésus, en qui elle s’accoutuma de plus en plus à voir l’unique espoir de salut.

Au fort même de la Terreur, des prêtres français se constituaient en société sous le nom de Prêtres du Sacré-Cœur, dans l’intention de remplacer la Compagnie de Jésus, alors supprimée, et de préparer les voies à son rétablissement. Le plus connu d’entre eux est le vénérable P. Varin.

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