ConciL, Labbe, t. VII, col
4. Voir Saint Louis, son gouvernement et sa politique , par Lecoy de la Marche. 1 vol. in-8, Tours, Marne.
JÉSUS-CHRIST ET NOS PRIVILÈGES HISTORIQUES
Qu’on lise le Pontifical. On y trouvera que le prince n’est sacré que pour faire régner le droit chrétien : inviolable justice pour tous, mais en particulier, protection aux faibles et aux petits.
« Sachez bien, dit le prélat consécrateur, que vous entrez en participation de notre ministère. Nous sommes pour l’intérieur, vous êtes pour l’extérieur... Vous régnez non dans votre intérêt, mais dans celui de tout votre peuple ; et ce n’est pas à la terre, mais au ciel, que vous devez demander le prix de vos services... Oint du Seigneur, vous êtes regardé avec raison comme le vicaire du Christ lui-même... »
Ce fut, pour une bonne part, la mission de Jeanne d’Arc de raviver cet idéal. Aussi la première chose qu’elle demanda au roi Charles VII en arrivant auprès de lui était « de se démettre de son royaume et de le rendre à Dieu, de qui il le tenait1 ». Le suzerain, le suprême droiturier , exigeait que le roi de France se reconnût publiquement pour son vassal et n’agît que comme son lieutenant.
Une prière liturgique, insérée dans un missel du neuvième siècle, et probablement en usage dès le septième, proclame cette mission de la nation franque et de ses rois : «O Dieu tout-puissant et éternel! qui avez établi l’empire des Francs pour être par le monde l’instrument de votre divine volonté, le glaive et le bouclier de votre sainte Eglise, nous vous en prions, prévenez toujours et en tous lieux de la céleste lumière les fils suppliants de la France, afin qu’ils voient ce qu’il faut faire pour l’établissement de votre règne sur la terre, et que, pour accomplir ce qu’ils auront vu, ils soient remplis de charité, de force et de persévérance. Par Jésus- Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il2. »
En faut-il davantage pour expliquer un phénomène remarquable et trop peu remarqué de notre histoire, à savoir qu’aucune monarchie européenne n’employa pour le bien de l’État un aussi grand nombre de moines, de prêtres, de princes de l’Église. Qu’on remonte par la pensée, depuis le pacifique cardinal Fleury, en