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LA NAISSANCE DE L’ÉGLISE

Miniature de VHortus deliciarum, à la Bibliothèque de Strasbourg, xme siècle; d’après les Vit) aux de Bourges, par les PP. Cahier et Martin. — A droite du Christ, l’Eglise, assise sur un animal à quatre têtes représentant les quatre évangélistes, reçoit dans un calice le sang et l’eau qui jaillissent du Côté ouvert de Jésus Christ; à gauche, la Synagogue, les yeux voilés, avec la bête destinée au sacrifice. — « Le Christ est l’époux, l’Église l’épouse, et la croix le lit mystérieux. L’époux s’endormira dans la mort; son Côté sera percé pour en laisser sortir une Église vierge. Comme Ève fut formée du côté d’Adam endormi, l’Église le sera du Côté du Christ suspendu à la Croix. Du Côté de Jésus sont sortis le sang et l’eau, deux choses mystérieuses : l’eau purifie l’épouse et le sang est sa dot sainte. » (S. Augustin, De Anima, cxliii.)

« Au neuvième siée) e, le divin Crucifié est dépouillé de sa robe, et l’idée de la souffrance se substitue peu à peu à celle du triomphe. Le sang jaillit abondamment de la plaie sacrée : l’Eglise le recueille avec amour *. »

«A la Passion et à la mort succède alors la Résurrection, et avec elle commencent les apparitions du Sauveur. Celle dont fut favorisée Marie-

i. L’abbé J. Thomas, curé de Nootre-Dame de Dijon, la Théorie de la dévotion au Sacré Cœur de Jésus, p. 69 et 70 (citation abrégée).

LES DISCIPLES D’EMMAÜ S

A gauche, Jésus, à table au milieu des deux disciples, rompt le pain : « Et ils le reconnurent à la fraction du pain. » A droite, les deux disciples, après la disparition de Notre-Seigneur, se disent leurs impressions : « Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous? » (Mosaïque du xme siècle dans l'église de Monreale. ) — Si le cœur des disciples était brûlant, c'était sans aucun doute parce que le Cœur du divin Maitre les enflammait de ses propres ardeurs.

ICONOGRAPHIE

Madeleine, dite du Noli me tangere, est la mieux déterminée comme portant le caractère de l’amour. Cependant, l’apparition aux disciples d’Emma üs se rattache peut-être encore mieux à notre sujet, à raison de ces mots : Nonne cor nostrum ardens erat in nobis; « Notre cœur n’était-il

LA PLAIE SACRÉE, GLORIFIÉE PAR LE TÉMOIGNAGE DE S. THOMAS Panneau peint par Giotto, à Florence, xiv'siècle.

pas tout brûlant au-dedansde nous?... » Le témoignage de saint Thomas réclame surtout notre attention, la plaie du côté y étant mise en jeu d’une manière toute spéciale. Au quatorzième siècle, quand le règne du sentiment devient général, Giotto, à l’Académie de Florence, sur le panneau de l’ancienne armoire de Santa-Croce, consacré à l’apparition qui nous occupe, introduit dans la plaie sacrée la main du disciple incrédule '. »

i . Les Images du Sacré Cœur, p. 3o (citation abrégée).

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