L’ÉPÉE DE LA FRANCE CHRÉTIENNE
on content d’avoir honoré sa France chérie de titres si beaux, le Christ veut encore l’armer d’une épée : épée foudroyante et presque toujours invincible quand elle est portée par de dignes mains et dégainée pour la cause du bon droit : au soldat de Dieu ne fallait-il pas une épée de trempe divine? Aussi nos aïeux des âges de foi, avant de partir pour la bataille, allaient-ils la déposer sur l’autel de la patrie; et c’est là, l’heure venue, qu’ils allaient la reprendre, avec l’oriflamme, après que la main des pontifes l’avait enrichie des plus saintes bénédictions.
La ruche, symbole de l’espérance.
Tiré des OEuvres du B. François de Sales. Paris, Sébastien Huré, 1652.
JÉSUS-CHRIST ET NOS PRIVILÈGES HISTORIQUES
On connaît le mot de Clovis : Un jour que saint Remi lui racontait la Passion et la mort du Dieu rédempteur, le roi chevelu, déjà chrétien par la générosité de ses sentiments nouveaux , mais encore barbare par la fougue de sa nature indomptée, s’écria dans un élan d’indignation et d’enthousiasme : « Que n’étais-je là avec mes Francs! » Et il saisissait son épée frémissante. Ce cri spontané d’un noble cœur caractérisait d’avance nos destinées religieuses, et la France chrétienne devait le répéter d’âge en âge. La France alors se croyait le droit et le devoir, elle se faisait gloire d’intervenir partout où elle voyait la vérité captive, la justice opprimée et l’innocence en détresse. Elle ressemblait à ce chevalier dont le poète a si bien dit :
Il écoute partout où l’on crie au secours.
Et son Dieu se plaisait à la rendre victorieuse ! — Victorieuse pour refouler le Croissant, mortel ennemi et envahisseur impur de la chrétienté : voyez Charles Martel aux plaines de Tours et de Poitiers. — Victorieuse pour défendre le Saint-Siège contre les injustes agressions des Lombards : voyez Pépin et Charlemagne. — Victorieuse pour constituer ou du moins étendre et consolider la souveraineté temporelle des Papes : voyez ce même Pépin donnant à saint Pierre la pentapole et l’exarchat, vingt-trois villes importantes; et ce même Charlemagne confirmant aux Vicaires de Jésus-Christ toutes leurs anciennes ou nouvelles possessions, auxquelles sa magnificence ajoute Spolète, Bénévent et d’autres cités. — Victorieuse enfin pour délivrer la Palestine et combattre jusque dans leurs foyers les profanateurs du Saint-Sépulcre, les spoliateurs et les meurtriers des pieux pèlerins !
Quels exploits que ceux d’un Tancrède, d’un Godefroy, d’un Bohémond, d’un saint Louis, de mille et mille autres ! Quelle terreur inspire au loin le nom Franc, synonyme alors et longtemps après, dans tout l’Orient, du nom chrétien ! Nous avons régné à Antioche, régné à Jérusalem, régné à Constantinople; et quand la fortune des armes tourna contre nous, les revers n’abattirent point notre courage. .Nos chevaliers de Saint-Jean renouvelèrent à Rhodes,