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PREMIER TABLEAU DU SACRE CŒUR

Placé du vivant de la Bienheureuse dans un petit oratoire de la Visitation de Paray-le-Monial. — Le divin Maître « m’assura, dit la Bienheureuse, qu’il prenait un singulier plaisir d’être honoré sous la figure de ce Cœur de chair dont il voulait que l'image fût exposée en public, afin de toucher les cœurs insensibles des hommes ». ( Vie et Œuvres de la B. Marguerite-Marie Alacoque, publication du monastère de Paray, II, 274.)

ment. — Nous donnons ici un spécimen de ces représentations défectueuses. Son réalisme est odieux; il nous déplaît de voir exposé à nos regards, dans une nudité si brutale, ce que la nature leur cache, et encore est-ce dans des

ICONOGRAPHIE

conditions absolument anormales. Nous demandions une image qui nous attire et nous charme, et non un viscère qui semble sortir d’un atelier de dissection. Plus pure, plus idéalisée est la figure qu’avait contemplée la Bienheureuse : « Ce divin Cœur me fut représenté comme sur un trône de feu et de flammes, rayonnant de tous côtés, plus brillant que le soleil, et transparent comme le cristal1 11. » Sans doute ici la forme n’est pas précisée, mais les expressions de l’extatique sont suffisantes pour éveiller dans notre esprit une idée noble et sublime à laquelle notre imagination prête aussitôt la plus divine beauté.

« Les deux types du Sacré Cœur lui attribuent indistinctement pour caractéristiques celles qu’a déterminées Marguerite-Marie et que l’iconographie chrétienne a désormais consacrées par un usage déjà deux fois séculaire.

« La Bienheureuse, après avoir dit que le divin Cœur lui fut représenté au milieu de flammes et rayonnant de tous côtés, poursuit en ces termes : « La plaie qu’il reçut sur la croix y paraissait visiblement. Il y avait une « couronne d’épines autour de ce Sacré Cœur, et une croix au-dessus. »

« Ce qui nous donne les cinq caractéristiques suivantes : les flammes, le rayonnement, la plaie, la couronne d’épines autour du Cœur et la croix qui le surmonte.

« Le passage que nous avons cité indique la signification générale de ces attributs : « Mon divin Sauveur me fit connaître que ces instruments de sa « passion signifiaient que l’amour immense qu’il a eu pour les hommes avait « été la source de toutes les souffrances et de toutes les humiliations qu’il « a voulu souffrir pour nous. »

« Si l’on demandait la signification particulière de chacun d’eux, il ne serait peut-être pas téméraire de dire à la suite d'une pareille autorité : la croix, qui est le signe de la rédemption, en symbolise les mystères de douleur, tandis que le mystère d’amour, qui en fut le principe éternel, est représenté par les flammes ; le rayonnement du Cœur indique non seulement la sainteté, mais la divinité de la victime ; la blessure, la consommation du sacrifice et le sang répandu jusqu’à la dernière goutte; enfin la couronne d’épines, les humiliations et les opprobres de la Passion.

« Les cinq caractéristiques ne sont point nécessaires ; quelques-unes d’entre elles suffisent pour distinguer le Cœur de Jésus de tout autre, celui de la sainte Vierge, par exemple, ceux des saints ou des fidèles. Il faut néanmoins excepter les flammes et le rayonnement qui, pris exclusivement, seraient un emblème de charité et de sainteté, sans désigner la personne

1. Vie et Œuvres de la bienheureuse Marguerite-Marie, publication de Paray-le-Monial, II, p. 324. Cf. I, 1 18. — Cf. Grimouard de Saint-Laurent, Guide de l’art chrétien,

11, 323. — Ces notes et les suivantes sont également tirées de l’ouvrage que nous citons.

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