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LE GRAND CONDÉ AERES LA VICTOIRE DE ROCROY

Peinture de M. Magaud, dans la galerie historique du Cercle religieux de Marseille. — Condé est le type du guerrier chrétien dont saint Bernard présentait ainsi l’idéal à la nouvelle milice du Temple : « Ils ne comptent pas sur leur force ; c’est du Dieu des armées qu'ils attendent la victoire, bien persuadés, selon la maxime de Judas Machabée, qu’il Lui est facile de livrer à quelques hommes de puissantes armées, et qu’il ne lui en coûte pas plus de renverser une multitude qu’un petit groupe d’ennemis, puisque la victoire ne dépend pas du nombre des soldats, mais de la bravoure qui vient du ciel. »

JÉSUS-CHRIST ET NOS PRIVILÈGES HISTORIQUES

du 3e escadron des chasseurs d’Afrique, rompait les carrés, jusquelà impénétrables, de l’infanterie autrichienne, et par cette charge légendaire, dont il revint presque seul, décidait de la victoire! Le 2 décembre 1870, nous le retrouverons à Loigny.

Par suite d’un arrangement conclu entre Louis XIV et Charles II, roi d’Angleterre, les Français reprenaient, en 1662, possession de Dunkerque. On raconte qu’un officier anglais dit, en se retirant, aux nôtres qui avançaient : « Messieurs, nous reviendrons. — Non, répondit un Français, vous ne reviendrez pas, tant que Dieu sera plus content de nous que de vous. » On savait alors faire la part de Dieu dans les succès de l’homme.

On gardait encore le souvenir, au moins inconscient, des graves avertissements que saint Remi, d’après son biographe Hincmar, avait adressés à Clovis la veille même du baptême de ce prince, avertissements qui ne le regardaient pas seulement, lui et sa race, mais aussi tout, son peuple. Voici les termes mêmes du vieux chroniqueur, qui, s’ils n’ont pas toute la valeur d’un témoignage strictement historique, sont au moins l’expression des sentiments religieux communément admis au neuvième siècle : « Remi leur prédit (à Clovis et à Clotilde assise auprès de son époux) tout ce qui devait leur arriver, à eux et à leur race; leur descendance leur succéderait, régnerait avec gloire, étendrait les limites du royaume, exalterait la sainte Église, serait élevée à toute la dignité et à toute la puissance de l’ancienne Rome, enfin repousserait victorieusement les attaques des autres nations : à moins toutefois que , venant à dégénérer, elle n abandonnât la voie de la vérité, et ne se laissât entraîner dans les funestes sentiers de ces vices qui offensent gravement Dieu, et bouleversent les Etats en faisant passer le pouvoir d’une race à une autre u, et aussi, pourrait-on ajouter, la prépondérance d’un peuple à un autre peuple.

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