SAINT JOSEPH, L’AMI DU SACRÉ CŒUR
Et dont le culte s’est développé parallèlement à celui du Sacré Cœur lui-même.
Fresque d’H. Flandrin, à l’église Saint-Vincent-de-Paul, à Paris. xtx« siècle. — La sainte Vierge et saint Joseph, les premiers, sentirent battre sur leur cœur très pur le Cœur adorable de l’Enfant Jésus. Les saints Antoine, Benoit, Cloud, Léonard, Hubert et Fiacre, qui font escorte à saint Joseph, appartiennent ou se rattachent plus ou moins directement à la France.
pensées plus hautes que toute créature, enivré du Saint-Esprit qui scrute les profondeurs mêmes de Dieu, prend pour exorde de son Évangile l’intime et infini principe de toutes choses. Il s’élève plus haut que Moïse, dont la science ne remonte pas au delà des origines du monde visible; et portant son vol bien au-dessus des autres évangélistes..., il pénètre jusque dans les cieux; puis, franchissant l’un après l’autre tous les chœurs des anges, osant fixer le regard de son
esprit sur le Créateur lui-même, il part de l’ineffable génération du Verbe pour annoncer le Fils éternel et consubstantiel au Père, toutpuissant comme lui et son coopérateur dans la création1. »
Une lettre charmante de saint Paulin va nous transporter dans l’île de Lérins, où naissait alors (410), sous les auspices du célèbre saint Honorât, un monastère qui sera longtemps, pour l’esprit, pour l’àme, pour le progrès moral de l’humanité, un foyer aussi pur que fécond : c’est comme un céleste épanouissement de cette belle Église de Provence, qu’animait toujours le souffle d’ardente charité venu de Béthanie. Honorât se vit bientôt entouré de nombreux disciples : Hilaire, Maxime, Salvien, Vincent, accoururent des premiers. Plus tard vinrent Césaire, Virgile, et cent autres, destinés comme eux à l’épiscopat. Ainsi cette retraite, qui, dans la pensée de son fondateur, devait renouveler sur les côtes delà Provence les austérités de la Thcbaïde, ne tarda pas à devenir aussi une école de théologie et de philosophie chrétienne, une citadelle inaccessible aux flots de l’invasion barbare, un asile pour les sciences et les lettres chassées d’Italie par les Goths, enfin une pépinière d’évêques et de saints , qui répandirent sur toute la Gaule la semence de l’Évangile et la gloire de Lérins.
Vers le même temps, un autre illustre habitant de la Gaule méridionale, qui avait occupé de hautes charges administratives, Eucher, également touché du désir de servir Dieu, choisit pour séjour, avec sa femme Galla, la petite île de Le'ro, séparée de Lérins ou Lerina par un très court espace de mer. A cette heureuse nouvelle, Paulin, qui les avait connus dans le siècle, leur envoie les plus vives félicitations, les plus tendres encouragements; et après avoir exprimé le désir de recevoir aussi de leurs lettres, il ajoute en finissant : « Sûr de votre cœur, même quand vous garderiez avec moi le silence, je croirais encore à votre affection. Car n’estce pas la grâce de Dieu qui a formé entre nous ces liens? Ne sommes-nous pas unis dans le Cœur même de Jésus-Christ ? Qu’elle soit donc éternelle une amitié que Jésus-Christ lui-même a cimentée 2. » Eucher, qui montera un jour sur le siège épiscopal de Lyon et sera
1. Sancti Paitlini opéra, epist. xxi; Patr. lat. Migne, t. LXI, p. 25o-25i.