‹ La France et le Sacré CœurChapitre 41 sur 148 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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S;AINT MAURICE AU MILIEU D’UN GROUPE DE MARTYRS Peintures murales d’H. Flandrin dans la basilique Saint-Vincent-de-Paul, à Paris. — Dans le groupe on voit saint Longin,

qui ouvrit de sa lance le Côté de Jésus.

peut-être le plus grand évêque de son siècle, ne quitta sans doute qu’à regret la vie érémitique, dont sa chère Léro lui avait fait goûter tous les charmes. Nous avons de lui un admirable Eloge de la solitude , où je recueille cette peinture des temps héroïques de Lcrins : « O bon Jésus! quelle réunion de saints, quelle assemblée de pieux personnages j’ai vue dans cette île! Vases précieux, ils embaumaient cct asile de leurs suaves parfums, et la bonne odeur de leur vie se répandait en tous lieux. Unis parla charité, abaissés par l’humilité, attendris par la piété, affermis dans l’espérance, modestes dans tout leur extérieur, prompts à l’obéissance, la sérénité au front, on dirait, à les voir, un groupe d’esprits angéliques. Ils n’ambitionnent rien, ils ne désirent rien, sinon Celui-là seul qui fait l’objet de tous leurs vœux et de tous leurs désirs. Us aspirent à posséder le Christ! Ils le possèdent dans leur cœur1...»

Veut-on maintenant entendre le Pontife? Dans sa IVe homélie adressée aux moines '', il décrit avec une vive éloquence les terreurs du dernier Jugement, et s’écrie tout à coup : « Qu’il sera terrible, Notre-Seigneur Jésus-Christ, lorsque, montrant au pécheur les précieux stigmates -qu’il garde en témoignage de sa mort et de sa résurrection, il lui dira : « Apporte ta main, place-la dans mon Côté, et reconnais, ô impiété humaine! combien pour toi et par toi j’ai souffert ! » Le Cœur blessé du Sauveur était apparu à sa pensée, et le saint évêque répétait avec force une des meilleures leçons qui s’en échappent.

A la même source il puisa l’admirable éloquence avec laquelle il nous a raconté le martyre de saint Maurice et de ses six mille compagnons de la légion thébéenne 3. Quelque trente ans après saint Eucher, vers 480, Salvien, « l’éloquent prêtre de Marseille », selon le mot de Bossuet, celui qu’on a bien nommé « le Jérémie de son temps », écrivait son beau livre Du gouvernement de Dieu. Contemplant LE STIGMATE SACRÉ DU CÔTÉ OUVERT DU SAUVEUR, il se plaît à y voir « l’aimant d’un merveilleux amour ».

Un autre disciple de saint Honorât, Vincent de Lérins, s’est

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