‹ La France et le Sacré CœurChapitre 53 sur 148 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

Saint Louis élève cette chapelle pour recevoir la sainte Couronne et plusieurs autres reliques de la Passion, qu’il avait fait venir d'Orient. — « Dieu montra bien en cette rencontre qu’il aimait le roi et le royaume de France quand il voulut souffrir que de si précieux et sacrés trésors fussent apportés en la couronne et au royaume de France. De quoi le roi et le royaume ont été depuis honorés et lèveront toujours, s'il plaît à Dieu et s’ils sont prud’hommes, car le roi de France est le chef des princes chrétiens. » ( Historiens de France , t. XXI, p. 84.)

Deux ans plus tard, le 14 septembre 1241, une notable partie de la croix où Notre-Seigneur fut crucifié, l’éponge dont on se servit pour lui donner à boire, et le fer de la lance dont le soldat lui perça le Côté, acquis à grands frais par la piété de saint Louis, vinrent encore enrichir son incomparable trésor. C’est alors qu’il fit dresser les plans de ce ravissant reliquaire de pierre qu’on appelle la Sainte-Chapelle.

Dans le testament du saint roi, on lit ces belles paroles adressées à sa fille Isabelle, la bienheureuse abbesse de Longchamps : « Chère fille, mettez votre cœur à ce que, si vous étiez certaine de n’avoir jamais récompense de nul bien que vous fissiez, ni châtiment de nul mal, néanmoins vous voudriez vous garder de faire chose qui déplût à Dieu, et entendriez faire tout ce qui lui plairait, selon votre pouvoir, purement par amour de lui. » Telle est la formule du plus parfait amour, et c’est avec cette héroïque générosité que saint Louis voulut servir et servit en effet son Dieu. En faut-il davantage pour comprendre les sentiments de religieux patriotisme, si bien exprimés par le chroniqueur déjà cité, Gauthier de Sens : « Comme Notre-Seigneur Jésus-Christ, dit-il, choisit la Terre Promise pour y donner à contempler les mystères delà douloureuse rédemption du monde, ainsi semble-t-il avoir choisi notre France pour faire honorer avec une dévotion plus ardente les victoires que ses douleurs lui ont conquises, afin que, selon la parole de l’Écriture, de l’Orient à l’Occident, le nom du Seigneur soit béni '. » Ne peut-on pas dire aussi que le don, providentiellement fait à notre pays, de ces insignes monuments de l’amour du divin Roi, était comme un lointain prélude du don beaucoup plus grand encore qu’il nous réservait dans l’avenir : le don en quelque sorte sensible de son propre Cœur?

1. Historiens de France, t. XXII, p. 26. — Voir la belle Vie intime de saint Louis, par le P. Cros, S. J., p. r/b et suiv.

Le Bon Pasteur.

« C’est toujours le cœur qui communique aux pieds du Sauveur la vigueur suffisante pour courir à la recherche de la brebis égarée. » (L'abbé Vallet, la Tête et le Coeur , p. 3o3.) — Gravure tirée de VHisloire sainte du P. N. Talon. Paris, i65q.

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