Ibid., lettre xcvm
HORS DE FRANCE : ORDRES RELIGIEUX
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« vie. La seconde a été le baptême, qui, par les mérites de ce sang, « était donné au genre humain »
Elle tient un langage à peu près pareil à une dame du monde, jeune veuve de ses amies, la comtesse Benedetta : « ... Renonce à toute tendresse humaine, à tout amour de toi-même. Entre dans les plaies de Jésus crucifié où se trouve la vraie et parfaite sûreté. C’est là le doux lieu où l’épouse remplit la lampe de son cœur. Le cœur est vraiment une lampe, et il doit être une lampe étroite du pied et large du sommet : le désir, l’amour doit être étroit pour le monde, et large pour les choses d’En-haut, c’est-à-dire se dilater en Jésus crucifié, l’aimant et le craignant d’un véritable et saint zèle. Alors tu rempliras cette lampe au Côté de Jésus crucifié : ce Côté ouvert te laisse voir le secret du Cœur, ce Cœur qui nous fait tout, qui nous donne tout par amour L »
J’en demande pardon aux bienheureux Albert le Grand, Jourdain de Saxe, Humbert de Romans, Henri Suso, à saint Antonin de Florence, à Jean Tauler, au vénérable Louis de Grenade et à tant d’autres maîtres éminents de la vie spirituelle, dont se glorifie à bon droit l’Ordre des Frères prêcheurs : nul peut-être n’a creusé dans ces régions surnaturelles un sillon plus lumineux, plus profond, et par là même plus fécond en fruits de salut, que l’humble tertiaire de Sienne!
V. — La grande famille franciscaine, qui, avec ses trois Ordres (Moines, Pauvres Dames ou Clarisses et Tertiaires des deux sexes), se présente de bonne heure comme un peuple couvrant la face de la terre, ne pouvait oublier l’ineffable empreinte gravée par le Séraphin mystique sur les pieds, les mains et le cœur de son glorieux patriarche. Durant deux années, on vit François, tout languissant de douleur et d’amour, s’en aller d’un pas chancelant, mais infatigable, à travers les petites villes de l’Ombrie, offrant aux populations émerveillées et conquises l’image la plus parfaite, ce semble, qu’on ait jamais vue du Dieu crucifié. Tel nous le montre son digne biographe, saint Bonaventure : « Crucifié avec Jésus-Christ dans son