DU XIII» AU XVII» SIÈCLE
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cœur, parce que l’amour l’avait uni au Cœur du divin Époux, dans la poitrine de qui il vivait et battait bien plus qu’en celle de Jeanne. Voilà ce qu’elle-même rapporta fidèlement au guide de son âme ’. On peut donc croire que le cœur de la sainte princesse, animé dès ici-bas de la vie même de Jésus, faisait comprendre encore du fond de la tombe quels inénarrables gémissements s’échappent du Cœur de l’Homme- Dieu, si cruellement attristé par les péchés et l’ingratitude du genre humain !
Deux ans après Jeanne de Valois, en r 507, mourait à Tours, le vendredi saint, vers l’heure où Notre-Seigneur expira sur la croix, au moment où l’on venait d’achever la lecture de la Passion selon saint Jean, un des hommes les plus extraordinaires que Dieu ait jamais envoyés à son Église, et, ajoutons-le, à la France : saint François de Paule, l’humble et glorieux fondateur d’un Ordre si longtemps populaire parmi nous sous le nom d’ordre des Minimes. Né au fond de la Calabre, d’une famille obscure, il ne tarda pas à remplir l’Italie et puis la chrétienté du bruit de ses vertus, de son effrayante pénitence, de ses innombrables miracles. Sa puissance thaumaturgique éclata surtout dans la construction de ses premiers couvents; mais on peut dire que, durant tout le cours de sa vie, il se joua en quelque sorte avec les prodiges, et l’histoire n’offre peut-être rien de comparable ni de mieux attesté. Nous n’avons pas à raconter ici comment Louis XI le fit venir à son château de Plessis-lez-Tours, lui prodigua, ainsi que toute la cour et bientôt tout le royaume, les témoignages de confiance et de vénération et obtint de ses prières, non pas la santé qu’il en attendait, mais la grâce, bien meilleure, d’une fin digne d’un roi très chrétien. Nous rappellerons seulement le caractère propre d’une sainteté dont les dehors pouvaient sembler si austères : c’est la charité, Charitas. Avec les noms sacrés de Jésus et de Marie, il en avait sans cesse le nom à la bouche. Embrasé du plus pur amour de Dieu, il ne faisait rien, il n’ordonnait rien que par charité. S’il entreprenait des voyages, s’il commandait de bâtir tel édifice, s’il recevait des religieux en sa compagnie, c'était par charité. S’il dictait la loi au feu, à l’air, à l’eau, à la terre, aux arbres, aux rochers, c’était par charité. S’il rendait effi-