‹ La France et le Sacré CœurChapitre 72 sur 148 · SAINT FRANÇOIS DE SALES, LA VISITATION · texte numérisé non relu

SAINT FRANÇOIS DE SALES, LA VISITATION

L’aurore de la révélation suprême va paraître : c’est saint François de Sales et son Ordre de la Visitation.

x. Œuvres spirituelles du P. Nicolas du Sault, S. J. 2 vol. in-40. Paris, Cramoisy, i65i. La vie de M11® de Neuvillars se trouve à la fin du premier volume. — Voir une nouvelle et excellente édition de cette Vie, par M. le marquis de Brémond d’Ars Migré.

1 vol. in-12. Nantes, 188g.

Le io juin 1 6 1 1 , il écrivait à sainte Chantal, sa digne coopératrice : « Bon jour, ma très chère mère. Dieu m’a donné cette nuict la pensée que notre maison de la Visitation est par sa grâce assez noble et assez considérable pour avoir ses armes, son blason, sa devise et son cri d’armes. J’ai donc pensé, si vous en êtes d’accord, qu’il nous faut prendre pour armes un unique Cœur percé de deux flèches, enfermé dans une couronne d’épines, ce pauvre Cœur servant d’enclavure à une croix qui le surmontera, et sera gravé des sacrés noms de Jésus et de Marie. Ma fille, je vous dirai, à notre première entrevue, mille petites pensées qui me sont venues à ce sujet ; car vraiment notre petite congrégation est un ouvrage du Cœur de Jésus et de Marie. Le Sauveur mourant nous a enfantés par l’ouverture de son Sacré Cœur l. »

Voilà ce qu’il écrivait le io juin 1 6 1 1 . Or, sait-on quel était ce io juin ? C’était, en cette année 1 6 r i , le vendredi après l’octave du saint-sacrement, c’est-à-dire le jour même choisi de toute éternité pour être consacré au Cœur de Jésus; le jour dont Notre-Seigneur dira, soixante-quatre ans après, à la bienheureuse Marguerite- Marie : « Je veux qu’il y ait, le vendredi après l’octave du Saint- Sacrement, une fête solennelle dans l’Eglise tout entière, en l’honneur de mon divin Cœur. » N’y a-t-il pas là une coïncidence bien remarquable ?

Mais quelles étaient ces « mille petites pensées » que l’aimable saint avait eues dans cette nuit extatique ? On les découvre sans peine à la lecture attentive des documents contemporains. Il travaillait alors activement au plan de son Institut et cherchait un modèle d’après lequel il pût le dessiner. Il comprit que ce modèle n’était autre que le Cœur même de Jésus, éminent avant tout par la douceur et l’humilité : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur; » et c’est « sur ces deux bases d’or » qu’il entendit l’établir. Aussi, à cette époque particulièrement, sa correspondance revient sans cesse au divin Cœur.

« M’est avis, ma fille, écrit-il à sainte Chantal, que désormais

i. Voir l 'Histoire delà B. Marguerite-Marie, par M. l’abbé Bougaud (mort évêque de Laval), ch. vin.

PRÉCURSEURS DIRECTS DE LA B. MARGUERITE-MARIE zo3

nous ne demeurerons plus en nous-mêmes, mais que, de cœur, d’intention et de confiance, nous nous logerons pour jamais dans le Côté percé du Sauveur. » (24 avril 1610.)

Un ecclésiastique s’inquiétait des tracasseries suscitées aux sœurs à l’occasion de leur première petite maison d’Annecy ; le saint évêque lui répond : « Qui a pu vous dire que nos bonnes sœurs de la Visitation ont été traversées pour leurs places et bâtiments ? O mon cher Père ! Notre-Seigneur est le refuge de leurs esprits : ne sont-

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