‹ La France et le Sacré CœurChapitre 93 sur 148 · LA REINE · texte numérisé non relu

LA REINE

asquies

E JESUS le Cierge afTemblë en 1765.

LA DÉVOTION AU Eiablie en. France par

national, rééditait pompeusement les blasphèmes de ce prélat égaré contre le Sacré Cœur, les donnant comme l’expression des vrais sentiments du clergé français au dix-huitième siècle. En réalité, Caylus ne représentait que ce triste parti, alors surtout dépourvu de toute noblesse et de toute bonne foi, en proie au plus sombre fanatisme, dont les Noiwelles ecclésiastiques étaient le digne organe, et qui, pour principal argument, jetait à la face de ses adversaires les épithètes de cordicolcs et d'alacoquistes. Ajoutons que le jansénisme avait pourtant gagné à sa cause quelques marguilliers, comme ceux de la paroisse Saint-André-des-Arcs à Paris, qui, en 1776, signifièrent bravement à leur curé défense de passer outre la célébration de la fête du Sacré Cœur, et quelques avocats, à la fois incrédules et gallicans, qui préludaient, par d’ineptes tracasseries, à la Constitution civile du clergé. Le jour n’est pas loin où, en 1794, Pie YI, dans la célèbre bulle Auctorem Jîdei , frappera d’une condamnation décisive et le conciliabule schismatique de Pistoie et toute opposition doctrinale ou pratique au culte du Cœur de Jésus.

Ainsi, un siècle environ après la demande faite à la bienheureuse Marguerite-Marie, la fête du Sacré Cœur était canoniquement instituée : son extension à toutes les églises n’est plus qu’une affaire de temps. Mais où en est, aux approches de la Révolution, la seconde partie, la partie politique, de la double mission qui lui fut confiée? Hélas! les vœux du Christ Jésus sont ici bien loin d'être remplis.

Sans doute, à la cour même de Louis XV, la pieuse reine Marie Leczinska n’est pas seule à rendre hommage au Sacré Cœur. A côté des salons où trônent les Pompadour et les du Barry, il y a d’humbles oratoires, où elle se réfugie, en larmes, avec ses quatre filles, dont l’une fut Madame Louise de France, avec le dauphin, qui fut père de Louis XVI, et la jeune et si sainte dauphine, Marie- Josèphe de Saxe: toute une admirable famille royale! Le dauphin va même jusqu’à faire ériger dans l’église du château de Versailles une chapelle et un autel en l’honneur du Sacré Cœur1. De

1. La chapelle en question, qui eut Gabriel pour architecte, ne fut terminée qu’en 1772. On plaça au-dessus du tabernacle un Christ en ivoire, de i m. io, que l’électeur

LE CULTE DU S. CŒUR AU XVIII* SIÈCLE

ce palais, témoin de tant de scandales et de tant d’admirables vertus, sortit un jour, belle et pure, pour aller s’enfermer au Carmel de Saint-Denis, la fille de Louis XV, désormais sœur Thérèse de Saint-Augustin, que l’Église a déjà déclarée Vénérable et qu’elle présentera quelque jour aux hommages publics des fidèles. Certes, si le sacrifice d’une colombe sans tache eût été en proportion avec nos crimes, la France aurait été sauvée; mais l’hommage national, réclamé par l’Homme-Dieu, manquait toujours; il avait été réglé, dans les adorables desseins de la Providence, que l’immolation même du roi ne suffirait pas, et que la France ne serait sauvée que par le Sacré Cœur1!

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