‹ La France et le Sacré CœurChapitre 95 sur 148 · Msr Bougaud, op. cit., ch. xvi · texte numérisé non relu

Msr Bougaud, op. cit., ch. xvi

mœurs. Louis XVI, cœur excellent, mais esprit irrésolu et caractère faible, ne tarda pas à sentir que sa main n’était pas assez ferme pour diriger, par une si effroyable tempête, le gouvernail de l’État. Tout porte à croire que la famille royale était alors pleinement initiée à la demande que le Cœur de Jésus avait formulée, un siècle auparavant, par l’intermédiaire de la visitandine de Paray. Aussi voyons-nous le malheureux roi se tourner à cette époque ver le divin Cœur, et lui consacrer authentiquement sa personne, sa famille et son royaume. Quel fut le jour précis de cette consécration ? Où fut-elle prononcée ? A Notre-Dame, comme on l’a supposé? Ou plutôt, au palais même des Tuileries, devenu, surtout depuis le retour de Varennes, une véritable prison pour lui et pour les siens? Autant de questions qu’il est aujourd’hui difficile d’éclaircir. Ce qui est certain, d’après les Mémoires de Hue, c’est que la formule du vœu royal fut dressée pour servir de témoignage en des temps meilleurs, et qu’elle fut confiée le 21 juin 1792 — qu’on veuille bien remarquer cette date — au supérieur général des Eudistes, le vénérable P. Hébert, confesseur du prince depuis la défection de l’abbé Poupart en 1791. Ce digne fils du P. Eudes eut soin d’en assurer la conservation, avant de périr lui-même dans les massacres du 2 septembre. On a voulu lui faire honneur de cette sublime inspiration du roi-martyr; et assurément, ses vertus, couronnées par la plus belle mort, semblent l’avoir providentiellement désigné pour une telle mission; mais ce n'est là qu’une simple conjecture, dépourvue de tout fondement positif. Faudrait-il faire intervenir ici le célèbre P. Lenfant, autre victime des massacres de septembre, qui prêcha encore à la cour le 2 février 1791, devait y prêcher le carême de cette même année, et n’en fut empêché que par le refus du serment constitutionnel? Nous connaissons par ailleurs sa tendre dévotion pour le Sacré Cœur. Dans sa correspondance avec son frère et sa belle-sœur, résidant à Nancy, des lettres datées de Paris le 3o avril, le Ier juin et le 12 juillet 1791, témoignent en particulier de la prodigieuse diffusion des scapulaires du 'Cœur de Jésus : « Un seul couvent, dit-il, en a distribué cent vingt-cinq mille, et tous en distribuent... Portez-en toujours un sur

LE CULTE DU S. CŒUR AU XVIID SIECLE

vous et placez-en dans votre maison. Il y a des faits récents

LA CONDAMNATION DU PARLEMENT DE PARIS Le n juin 1771, le parlement de Paris rend un arrêt par lequel il proscrit le culte du Sacré Cœur. Un ange, armé d’un fouet et portant sur son bouclier le premier mot de la bulle Unigenitus, lancée en 1713 contre les jansénistes, parle pape Clément XI, apparait et disperse l’assemblée. — Vitrail de M. Claudius Lavergne, dans la collégiale de Saint-Quentin. Dessin communiqué par M. Noël Lavergne.

d’une protection singulière... Un événement miraculeux arrivé à Nantes, et sur lequel j’ai des renseignements authentiques, accré-

dite la confiance... L.v dévotion qui a pour objet le Cœur de jésus

EST REGARDÉE COMME DEVANT ÊTRE LE SALUT DE L’EMPIRE... On ne peut

suffire à distribuer les images que vous savez... Les têtes les plus illustres, même les têtes couronnées, sont munies de ce pieux bouclier1... »

Ces derniers mots nous ramènent à Louis XVI. Voici le texte même de son admirable consécration 2.

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