‹ La France et le Sacré CœurChapitre 96 sur 148 · PRIÈRE · texte numérisé non relu

PRIÈRE

Vous voyez, ô mon Dieu! toutes les plaies qui déchirent mon cœur, et la profondeur de l’abîme dans lequel je suis tombé. Des maux sans nombre m’environnent de toutes parts. A mes malheurs personnels et à ceux de ma famille, qui sont affreux, se joignent, pour accabler mon âme, ceux qui couvrent la face du royaume. Les cris de tous les infortunés, les gémissements de la religion opprimée retentissent à mes oreilles, et une voix intérieure m’avertit encore que peut-être votre justice me reproche toutes ces calamités, parce que, dans les jours de ma puissance, je n’ai pas réprimé la licence du peuple et l’irréligion, qui en sont les principales sources; parce que j’ai fourni moi-même des armes à l’hérésie qui triomphe, en la favorisant par des lois qui ont doublé ses forces et lui ont donné l’audace de tout oser.

Je n’aurai pas la témérité, ô mon Dieu ! de me justifier devant vous; mais vous savez que mon cœur a toujours été soumis à la foi et aux règles des mœurs; mes fautes sont le fruit de ma faiblesse et semblent dignes de votre grande miséricorde. Vous avez pardonné au roi David, qui avait été cause que vos ennemis avaient blasphémé contre vous; au roi Manassès, qui avait entraîné son peuple dans l’idolâtrie. Désarmé par leur pénitence, vous les avez rétablis Fun et l’autre sur le trône de Juda; vouslesavez fait régner avec paix etgloire. Seriez-vous inexorable aujourd’hui pour un fils de saint Louis, qui prend ces rois pénitents pour modèles, et qui à leur exemple, désire réparer ses fautes et devenir un roi selon votre cœur? O Jésus-Christ! divin Rédempteur de toutes nos iniquités, c’est dans votre Cœur adorable que je veux déposer les effusions de mon âme affligée. J’appelle à mon secours le tendre Cœur de Marie, mon auguste protectrice et ma mère, et l’assistance de saint Louis, mon patron et le plus illustre de mes aïeux.

Ouvrez-vous, Cœur adorable, et par les mains si pures de mes puissants intercesseurs, recevez avec bonté le vœu satisfactoire que la confiance m’inspire et que je vous offre comme l’expression naïve des sentiments de mon cœur.

1. Mémoires et correspondance secrète du P. Lenfant. i vol. in-S°. L. Mame, 1834.

2. Œuvres chrétiennes des familles royales de France, par Paul Viollet. 1 vol. in-8° . Paris, Poussielgue, 1870. Notes et éclaircissements, p. 462.

LE CULTE DU S. CŒUR AU XVIII» SIÈCLE

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