ACTE DE CONSÉCRATION DE LA FRANCE AU SACRÉ CŒUR DE JÉSUS
O Jésus-Christ ! tous les cœurs de ce royaume, depuis le cœur de notre auguste monarque jusqu’à celui du plus pauvre de ses sujets, nous les réunissons par les désirs de la charité, pour vous les offrir tous ensemble. Oui, Cœur de Jésus, nous
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Mans Antoinette au Trübiinal révolutionnaire.
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D’après une gravure de Duplessis-Bertaux. Dix-huitième siècle. — Louis XVI avait consacré authentiquement au Cœur de Jésus sa personne, sa famille et son royaume. La reine Marie- Antoinette, avant de paraître devant le tribunal révolutionnaire, avait, elle aussi, rédigé un acte de consécration de la France au Sacré Cœur. Parmi les objets trouvés sur elle, les commissaires de la Convention eurent soin d'enregistrer un scapulaire du Sacré-Cœur.
vous offrons notre patrie tout entière et les cœurs de tous ses enfants. O Vierge sainte! ils sont entre vos mains; nous vous les avons remis en nous consacrant à vous comme à notre protectrice et à notre mère. Aujourd’hui, nous vous en supplions, offrez-les au Cœur de Jésus. Présentés par vous, il les recevra, il leur pardonnera, il les bénira, il les sanctifiera, il sauvera la France tout entière et y fera revivre la sainte religion. Ainsi soit-il! Ainsi soit-il!
Marie- Antoinette, Elisabeth-Marie.
26a JÉSUS-CHRIST ET LE DON SPÉCIAL DE SON CŒUR
Est-ce de la même perquisition que parle Madame Royale, la future duchesse d’Angoulême, dans ses Mémoires , dont Sainte- Beuve (le Sainte-Beuve de i85o! ) ne se lasse pas de louer la noble et si chrétienne sincérité1? C’était le 20 avril 1793. Le misérable Hébert, avec quelques municipaux, arriva dans la prison à dix heures du soir; les prisonniers venaient de se coucher :
« Nous nous levâmes précipitamment, dit la sœur du jeune Louis XVII. Ils nous lurent un arrêté de la Commune qui ordonnait de nous fouiller à discrétion, ce qu’ils firent exactement jusque sous les matelas. Mon pauvre frère dormait ; ils l’arrachèrent de son lit avec dureté pour fouiller dedans; ma mère le prit tout transi de froid. Ils ôtèrent à ma mère une adresse de marchand qu’elle avait conservé ; un bâton de cire à cacheter qu’ils trouvèrent chez ma tante ; et à moi un Sacré-Cœur de Jésus et une prière pour la France. Leur visite ne finit qu’à quatre heures du matin. Ils étaient furieux de n’avoir trouvé que des bagatelles. » Et Sainte- Beuve, après avoir reproduit ces lignes, ajoute cette belle réflexion, dont on voudrait qu’il eût saisi toute la portée : « Ce Sacré-Cœur de Jésus et cette prière pour la France se tiennent plus étroitement qu'il ne semble, et il fallait peut-être avoir toute la foi à l’un pour pouvoir à ce moment prier pour l’autre. »
Au cours de l’ignoble procès de la plus infortunée des reines, on n’omit pas de représenter, à titre de pièce de conviction, le scapulaire saisi sur l’auguste prisonnière. Humble petit carré de papier fin aux contours dentelés, colorié à la main. Le Sacré Cœur, surmonté de la croix, ceint de la couronne d’épines et percé d’une flèche, est accompagné de ces mots : « Cœur sacré, ayez pitié de nous. » Depuis longtemps, c’était le cri de cette grande âme, et ce fut aussi l’invocation de son dernier soupir.
Sur le corps mutilé de la princesse de Lamballe, cette fidèle et héroïque amie de la reine de France, les tigres à face humaine qui le dépouillèrent recueillirent aussi le sceau mystérieux : l’image d’un cœur enflammé, entrelacé d’épines, avec la légende : « Cœur de Jésus, nous périssons, sauvez-nous ! »