Voir Le Temps, 21 septembre
lés, produits chimiques, céramiques, métallurgiques) rencontrent dans la production anglaise une concurrence insignifiante. Comme, d'autre part, l'Angleterre est par l'abondance de ses disponibilités un acheteur excellent, capable d'apprécier un produit de luxe et d'y mettre le prix, la production française est à un tel degré complémentaire de la production britannique qu'elle pourrait, si elle s'y appliquait, augmenter sensiblement son débouché Outre-Manche ^ Si elle est restée longtemps à peu près stationnaire (46 miUions en 1875, 35 millions en 1885, 47 millions en 1895), la faute n'en est pas aux choses, mais aux hommes. Nos commerçants, obstinés à une regrettable routine, considérant que les mérites de leurs marchandises demeurent égaux, que les besoins du marché anglais restent identiques, croient trop souvent inutile de modifier leur méthode et de tenir compte du fait nouveau que constitue l'intensité plus grande de la concurrence, notamment de la concurrence allemande. 11 y avait place, par conséquent, pour un développement que des relations amicales ne pouvaient que facihter. Ce développement était vu, depuis plusieurs années, d'un œil favorable par les
1. Voir les rapports de M. Jean Périer, attaché commercial à Tambassadc de Fiance à Londres, publiés par l'Office nalional du commerce extérieur.
organismes commerciaux des deux pays. Le 14 septembre 1901, TAssocialion des chambres de commerce britanniques justifiait un vœu en faveur d'un traité d'arbitrage franco-anglais par « les immenses avantages qui en résulteraient pour les relations commerciales des deux pays ». En 1903, lors du voyage à Londres des membres du Parlement français, M. Louis Sinclair, fondateur du Cotnmercial Committee de la Chambre des Communes, souhaitait que le rapprochement aboutît à une entente économique. Sir Edward Sassoon disait à la même occasion : « 11 convient d'arriver à la seule entente vraiment inébranlable, celle qui est basée sur des intérêts matériels. » En France, les chambres de commerce étaient également acquises à cette idée. Toutes, dans des vœux successifs, auxquels s'associèrent plusieurs conseils municipaux, réclamaient le développement des relations commerciales. L'accord était fait sur ce point entre les commerçants des deux pa3'^s *.
Pohtiquemenl, les échecs mêmes que la Grande- Bretagne avait infligés à la France en Afrique, — Niger, Haut Nil, Egypte, — vidaient de sa matière l'antique rivalité. Nous n'avions plus rien à gagner et surtout plus rien à perdre. Une pohtique