‹ La France et les alliancesChapitre 24 sur 71 · Voir A. Billot, La France cl i'Ualie · texte numérisé non relu

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en la concluant, nous nous sommes exposés à une guerre continentale sans prendre nos sûretés contre une guerre maritime. » A ce jeu, qu'avait-elle gagné? Vis-à-vis de l'Allemagne, une position subalterne; vis-à-vis de la France, une position précaire, avec, pour conséquence, des armements qui grevaient lourdement son budget. Les crédits extraordinaires s'accumulaient : 127 millions en 1882, 212 millions en 1885, 146 millions en 1886, — finalement pour le budget de 1894-1893, un déficit de 180 millions. La dénonciation du traité de commerce avec la France avait été ruineuse pour l'agriculture et l'industrie italiennes. Les exportations à destination de la France avaient baissé en deux ans de 61 p. 100. Plus de 700 millions de francs avaient été retirés en un an par les capitalistes français des affaires itaUennes où ils étaient engagés. Le change montait à 123. Comme l'écrivait le général Corsi « les conséquences économiques de l'alliance allemande étaient désastreuses ». Et bien des gens, à considérer l'état des affaires, s'appropriaient le mot de Robilant : « Décidément, l'Italie est lasse de cette alliance stérile et je n'ai guère envie de l'obliger à y persévérer. Car j'ai trop profondément conscience que, pour nous, elle sera toujours inféconde. » A tout le moins convenait-il de corriger, par un retour à la poli-

tique d'équilibre, ce que la Triplice avait d'exclusif^ d'onéreux et d'écrasante

C'est de cette situation, plus encore que des volontés humaines, qu'est sorti le rapprochement franco-italien. Le 28 septembre 1896, l'Italie donnait à la France un premier gage en souscrivant à la « re vision des traités tunisiens », c'est-à-dire en reconnaissant officiellement notre situation dans la Régence. Le 1'^'' octobre, un traité de navigation franco-italien était substitué à celui qui avait pris fin en 1886. Enfin, le 21 novembre 1898, un traité de commerce, depuis longtemps désiré à Rome, était signé. Le bilan commercial de nos voisins remontait aussitôt de 100 millions à l'importation, de 200 millions à l'exportation. Les banques françaises, Comptoir national d'escompte et Banque de Paris, — intervenant au moment où la crise économique allemande de 1900 mettait un terme au concours financier que l'Italie avait trouvé à Berlin, — sauvaient le marché de Rome d'un véritable désastre. « Sans les 100 millions d'achat de dette publique faite en 1901, par le marché de Paris, l'Italie n'aurait eu aucun moyen d'obtenir cette année-là sa balance économique et le change sur l'étranger, au lieu de disparaître à peu près,

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