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LES NOUVELLES ENTENTES ET LA PERSISTANCE DES CONFLITS

I. L'Asie et la politique allemande. — La guerre sino-japonaise. — La triple action germano-franco-russe. — Le « break up of China ». — La crise de l'JOO. — La guerre russo-japonaise. — Le bénéfice allemand. — Les trois risques de la France.

II. L'Asie et la politique française. — La réconciliation russojaponaise et les accords de 1907. — La réconciliation franco-japonaise. — La réconciliation anglo-russe. — Perse- Afghanistan, Thibet, golfe Persique. — La France et l'accord anglo-russe. — Le bénéfice français. — Les développements européens. — Les accords anglo-espagnol et francoespagnol. — Les systèmes d'alliance face à face.

III. La persistance des conflits. — Le conflit franco-allemand, — La reconnaissance de Moulaï-Hafid. — L'affaire de Casablanca. — Le conflit anglo-allemand. — L'affaire du Daily Telegraph.— Le conflil oiicn' a!. -- Le baron d'/Erenthal en l'U*8. — L'évolution de l'entente anglo-russe. — ■ La révuliui>,' > turque. — La crise d'octobre 1908. — La mêlée européenne.

Depuis dix ans, la politique asiatique a eu sur la politique européenne une influence constante et considérable. Toutes les puissances, qui ont occupé en Europe la scène politique, ont des possessions

asiatiques. Tous les groupements diplomatiques dont l'Asie a été le théâtre ont eu en Europe une répercussion. Les alliances et ententes asiatiques ne prennent leur véritable sens que dans le cadre de la politique générale.

Le « fait nouveau » de cette période est l'apparition du Japon dans le cercle des grandes puissances. Durant de longues années, le monde avait suivi avec une curiosité sympathique et étonnée les efforts par lesquels l'empire du Soleil levant superposait à son antique et admirable civilisation les conquêtes de la civilisation occidentale, qui apparaissaient à son patriotisme comme un gage de force et un instrument d'avenir. C'est en 1894 que le Japon, conscient de sa puissance, la mit pour la ])remière fois à l'épreuve de l'action. La question coréenne avait été de tout temps entre la Chine et lui l'objet de controverses qui, en durant, s'étaient exaspérées. Le 1" août 1894, le gouvernement du mikado portait la querelle sur les champs de bataille. Le 17 avril 189o, le traité de Shimonasaki enregistrait sa facile victoire \ La Chine reconnaissait d'une façon irrévocable la pleine indépendance de la Corée, qu'elle dispensait de tout tribut et de toute cérémonie de vassalité. Elle abandon-

d. Voir Ed. Driauli, La question d'Extrême-Orient. {F. A\can, éditeux.)

nait à perpétuité au Japon la presqu'île du Liao- Toung, avec Port-Arthur, l'île de Formose et les Pescadores. Elle s'engageait à payer une indemnité de guerre de 200 millions de taëls en huit versements, dans un délai de sept ans au plus, avec un intérêt de 5 p. 100 pour les paiements non effectués ; à nommer des plénipotentiaires pour conclure avec les plénipotentiaires japonais des traités de commerce et de navigation et des conventions relatives aux communications et au commerce par terre. Elle accordait par avance au Japon le traitement de la nation la plus favorisée. Elle ouvrait au commerce japonais les ports de Ghachi, Tchoung-King, Sout-chéou et Hang-tchéou, Elle consentait à la Uberté de la navigation sur le Yang-tsé au delà de I-tchang jusqu'à Tchoung- King et sur la rivière de Wou-soung jusqu'à Hangtchéou, à l'occupation de Wei-hai-Wei par une garnison japonaise jusqu'aux deux premiers versements de l'indemnité.

L'ivresse du triomphe fut pour les Japonais de courte durée. Le 20 avril 1895, trois jours après la signature du traité de Shimonasaki, le groupement de puissances, qui semblait à ce moment d'accord pour agir de concert en Europe et hors d'Europe*,

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