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point de motif de faire obstacle à un système qui, sans valeur juridique, répond pour le gouvernement de l'Union à une nécessité vitale. Elle est toute disposée d'autre part à reconnaître l'intérêt spécial que les Etats-Ujùs invoquent en Amérique. Car elle invoque le même dans l'Afrique du Nord-Ouest. Jamais du reste le gouvernement de l'Union ne lui a demandé de sacrifices incompatibles avec sa dignité. Et c'est spontanément que, lorsqu'elle est aux prises avec les républiques anarchiques du Sud Amérique, elle a coutume de faire connaître à Washington ses intentions en recourant, dans la plus large mesure, aux bons offices de la diplomatie américaine. Cette attitude est d'autant plus agréable au gouvernement de l'Union qu'il ne l'a pas rencontrée chez toutes les puissances au même degré. Bismarck appelait la doctrine de Monroë « une impertinence internationale ». Et l'Angleterre, qui, depuis, a pris un ton plus conciliant, ne semblait pas, il y a douze ans, éloignée de partager ce sentiment. La France, en répudiant tout dessein contraire aux principes dont s'inspire cette doctrine, a fortifié les dispositions favorables sur lesquelles elle pouvait compter à Washington.

Ce n'est plus d'ailleurs sur le terrain américain seul que les puissances européennes sont aujourd'hui exposées à trouver en face d'elles les États-

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Unis. Si la doctrine de Monroë a évolué à l'égard du Nouveau Monde, elle a évolué aussi à l'égard de l'Ancien. Gomme l'écrivait Boutmy, une nation de 80 millions d'âmes, qui vend à l'univers le blé, le charbon, le fer et le coton, ne peut pas s'isoler. Elle sent que puissance oblige. Sa force lui crée un droit. Le droit se mue en prétention. La prétention se résout en un devoir de se prononcer sur toutes les questions que dénouait naguère l'accord des seules puissances européennes. Ces puissances elles-mêmes, aux heures critiques, se tournent vers les Etats-Unis, anxieuses de connaître leur opinion. Et le gouvernement de l'Union se diminuerait aux yeux du monde, s'il s'enfermait dans une abstention négative. Les États-Unis ont désormais une politique mondiale. « C'est le sens qui manque le plus à notre démocratie » , me disait un jour M. Roosevelt. Ce sens se développe depuis dix ans avec une rapidité singulière. Pour être en bons termes avec les Américains, il ne suffit plus désormais de ne point les inquiéter en Amérique. Il faut encore se mettre d'accord avec eux dans les autres parties du monde'.

C'est de l'Asie d'abord qu'ils se sont préoccupés, lorsqu'ils ont cessé de se concentrer sur eux-

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