AU NORD-EST
4<» La région du nord-est, réduite par les malheurs de 1870-1871, comprend 4 départements. Les Ardennes (1 dép.) sont un pays dans lequel dominent les plateaux boisés ou tristement nus, entre lesquels s'allongent des plaines et des vallées bien cultivées. La Lorraine (3 dép.), dans la plaine de la Moselle, qui commence à s'élargir dans le département de la Meurthe, offre toute l'ap-
parence de la richesse, avec ses vignes sur les coteaux et ses prairies artificielles dans les fonds, avec ses chevaux et ses nombreux porcs; elle est bornée, à Touest, par l'étroite vallée de la Meuse et par ses plateaux peu propices aux céréales, mais abondants eu bois; à l'est, par la chaîne des Vosges, qui élève ses croupes arrondies, toutes couvertes de pâturages et de magnifiques forêts. Sur le revers oriental de cette chaîne est YAlsace avec sa plantureuse plaine, perdue pour la France en 187i . Nulle part la pomme de terre n*est plus cultivée ; les bois y occupent le tiers du sol; il faut citer, en outre, Vorge, Yavoine^ les prairies natu-relies des Vosges y les vignes des coteaux de la Meuse et de la Moselle y les houblonnières, les porcs et les chevaux au nombre des traits caractéristiques de la région. C'est une de celles où la valeur de la terre a le moins augmenté depuis un demi-siècle (5 à 6 p. 100).
5"" La région du centre-nord comprend 7 départements et le territoire de Belfort. La majeure partie de la Champagne (dép. de la MamCj de VAube et de la Haute-Mame) en dépend; ses plaines crayeuses, désignées sous le nom de « savarts » et formant la Champagne-Pouilleuse y sont arides et rebelles à toute autre grande végétation que celle du pin sylvestre ; mais elles sont aujourd'hui en partie domptées par les amendements et elles ont toujours offert deux abondantes sources de revenu : la laine de leurs mérinos et le vin des coteaux de Reims et d'Épernag. Au contraire, dans le Bassigny et en général sur le bord des rivières, la terre est fertile; sur les plateaux de Y Aube et de la Haute-Marne, le terrain, formé de calcaire jurassique, est couvert de grandes forêts. Cette région comprend aussi une partie de la Bourgogne (dép. de Y Yonne et de la Côte-d'Or) : la Basse-Bourgogne (1) avec ses plateaux boisés ou cultivés, ses longues lignes de coteaux plantés en vignes et, au pied des coteaux, ses riantes vallées ; la Haute-Bourgogne avec la plaine de la Saône couverte de prairies et de moissons et, à l'ouest de la rivière, les vignes qui descendent des coteaux si renommés de la Côie-d'Or jusque dans la plaine; la majeure partie de la Franche-Comté (dép. du Doubs et de la Haute- Saône, auxquels se rattache le territoire de Belfort) avec les coteaux et les plateaux boisés des Faucilles, les vertes prairies des petites vaUées qui débouchent dans la plaine de la Saône, et la région du Jura, dont les terres de labour appartiennent surtout à la petite culture. Le sol labourable y est cultivé avec soin. Le
(1) Le sens géographique des mots Haute- et Basse- Bourgogae n'est pas bien déterminé (v. p. 37).
paysan du Jura, comme celui des Cévennes, soutient sa terre sur les pentes avec des murailles de pierres sèches ; quand les orages ou les neiges Tentrainent dans la vallée, il la charge sur ses épaules et la remet en place. Sur les plateaux, le seigle et les pâturages dominent et se mêlent à de belles forêts de sapins et d'épicéas. Les vaches fournissent le lait dont on fait le fromage de gruyère. Le méteily Yavoinej Vor§€ jouen.t un rôle important dans cette région; les vignobles en sont une des principales richesses; le maU se montre dans la vallée de la Saône ; les forêts^ les prairies naturelles, les bœufs, sont en grand nombre sur les plateaux du Jura, les moutons dans la plaine de Champagne.