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Fig. 119. — Cftrte de U récolte des pommes de terre par département.
du Massif central la plus arrosée par les pluies (v. p. 56 et 57), dans la Bresse (Saône-et-Loire et Ain) et dans les dép. de Seine-et' Oise et de la Somme, Dans les contrées riches, on le réserve exclusivement aux animaux ou bien on l'enfouit comme engrais en vert; dans les contrées pauvres, on en fait une sorte de pain ou de galettes.
La production est d'environ 10 millions d'hectolitres sur environ 620,000 hectares, soit 16 hectolitres k l'hectare. (Voir, p. 56 et 57, le tabl. du rendement par dép. et la figure 118.)
210. lie prix et la contommatloit da blé. — Gràce à Taccroisse-
ment de la production (voir pages 49 h 51) et aux suppléments que fournit Fimportation, le blé, qui est le fonds principal de la nourriture de la population française, ne coûte pas plus cher aujourd'hui qu'au commencement du xix^ siècle, quoique le loyer de la terre et le salaire des ouvriers aient beaucoup augmenté.
Avant 1789, la superficie cultivée en céréales était moindre que de nos jours, et le froment n'occupait pas relativement une aussi large place parmi les céréales. En outre, les récoltes variaient davantage parce que, cultivant un moins grand nombre d'espèces de blé, on était plus exposé aux intempéries, et parce que le commerce d'une province à Tautre était souvent interdit ; l'effet des mauvaises récoltes était beaucoup moins atténué par l'importation. Dans le Toulousain, que nous citons comme un exemple et non comme une exception, la récolte de 1779 a été de 495,000 setiers (le setier du Toulousain valait environ 93 litres), tandis que celle de 1781 n 'a été que de 110,000. Les variations de prix d'une contrée à l'autre étaient en conséquence plus considérables que de nos jours. Les écarts d'une année à l'autre ont été aussi considérables sous le régime douanier du premier empire et sous celui de 1' « échelle mobile», jusqu'en 1860, que sous le régime de la libre importation (1860-1885), qui a coïncidé avec la facilité des transports.
Voici la moyenne des prix de Thectol. du froment d'après la Btatistique du ministère de l'agriculture :
fr.
Dans les années de bonne récolte, la France exporte; elle im-
(1) L'hectolitre de froment avait valu, de 1756 à 1765, 10 fr. 70 (moyenne de la France entière], de 1766 à 1775, 15 fr. 92, de 1776 & 1785, 14 fr. 13, de 1786 & 1790, 16 fr. 16. (Voir lea Archives statistiques publiées ea 1837 par la Statistique générale de France et V Enquête décennale agricole de J[182jV 63 de Vlntroductian .)
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porte èi la suite des récoltes médiocres ou mauvaises. En somme,
Million»
Quintaux
COMMEWCE SPECIAL
Importation et Exportation
des Craint et Farines <ie Froment.
Epeautre et MâUil<*'
16)7 -less
Figf. ISO.
ImporUtioo et eiportatioa des grains et fariaes de froment, épeautre et méteil (commerce spécial) (1), de 18i7à 1886.
la France consomme, malgré Taccroissemenl de sa production, plus de blé qu'elle n'en produit moyennement. Aussi, depuis 1867,
(l) Voir pour le sens de rexpression commerce spécial le livre VIL
fimporf ation a-t-elle été presque tous les ans supérieure à l'exportation, qui n'a jamais atteint 2 millions de quintaux, tandis que l'importation s'est élevée (en 1879) jusqu'à 22 millions (ûg. 120).
La population a augmenté beaucoup moins vite. On a calculé que dans l'espace de cinquante ans (de 1821-1830 à 1871-1880), la consommation moyenne annuelle du blé par habitant en France avait passé lie 118 kilog. à 193; ce dernier nombre correspond, par habitant, à 2 hectolitres 1/2 par an ou à 500 gr. de pain par jour, déduction faite de 6 p. 100 pour les semences et les emplois industriels (1).
211. lia pomme de terre. ^- Après les céréales, un des premiers produits de l'agriculture à mentionner est la pomme de terre, qui les remplace souvent et que l'on nomme h juste titre « le pain tout fait » des pauvres. Elle est, après le froment, le produit végétal qui occupe la plus grande place dans l'alimentation française. Elle est employée aussi pour la fabrication de la fécule et de l'alcool. La pomme de terre est un tubercule originaire d'Amérique qui, longtemps dédaigné en France, excepté dans les Vosges où il était cultivé dès la fin du xvii* siècle, doit surtout aux efforts du chevalier Mustol et de Parmentier d'avoir été mieux apprécié au commencement du XIX* siècle. Arrêtée quelque temps (1845-1853) dans son progrès par une maladie, elle a pris depuis ce temps, quoique cette maladie n'ait pas entièrement disparu, un grand développement. Elle occupe aujourd'hui plus de 1 ,400,000 hectares. La récolte, très variable d'une année à l'autre, a beaucoup augmenté depuis le commencement du siècle; elle ne s'est élevée au chiffre de 50 millions d'hectolitres qu'en 1823; elle est aujourd'hui, en moyenne, de 125 millions d'hectol. (moyenne de 1875-1884), soit près de 90 hectol. par hectare.
Elle se plaît dans les terres sablonneuses et sous les climats tempérés froids. Elle est cultivée dans tous les dép., mais nulle part autant que dans l'est : Saône-et-Loire^ Vosges, Meurthe-et-Moselle, Haute-Saône; dans le centre de la France : Allier, Puy-de-Dôme, Aveyron, Loire, Creuse, Haute-Vienne, Taim, Nièvre, Corrèze, Haute-Loire; dans certaines parties de la vallée du lihône : Ardèche, fsèrej Drôme. La Dordogne, Seine-et-Oise et YAHège, se placent aussi dans les premiers rangs (voir, p. 56 et 57, le tabl. du rendement par dép., la carte 119 et la figure 121).
212. lie» léffomefl. — Les légumes sont, au point de vue de la vente, de deux genres distincts : 1* les légumes secs, environ 344,000 hec-
(1) L'enquête de 1883 (p. 67 de V Introduction) porte comme consommation moyenne : pomr 1831 à 1841, 1 hectol. 64 par hal^itaut; et pour 1872 À 1881, 2 hectol. 50.
tares et près de 6 millions d'hectol., d'après la statistique de 1882 (mais 3,243,000 seulement d'après le ministère de Tagriculture en 1885, différence qui doit être attribuée non aux récoltes, mais à la statistique) : fèves et fèveroles (2,959,000 hectol. en 1882), qui
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