‹ La France et ses colonies (volume 2)Chapitre 21 sur 171 · ES E · texte numérisé non relu

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se plaisent sur Targile et qu'on cultive surtout dans le Pas-^le- Calais, le Nord, la Vendée, Tarn- et- Garonne, la Haute- Garonne, le Gers, Y Aisne, Lot-et-Garonne^ la Côte-d^Ch^; les lentilles

(220,000 hectolitres en 1882), qui aiment les terrains secs et sablonneux et qu'on cultive surtout dans VAisne, la Haute-Loire, le Pas-de-Calais, la Somme, dans les environs d'Avignon, etc. ; les haricots (1,622,000 hectolitres en 1882), qui aiment les terres sablonneuses et profondes et que Ton cultive surtout dans la Dordogne, le Gers, la Haute-Garonne, la Vendée, Lot-et-Garonne et dans les environs de Paris, de Soissons, de Lille; les pois (1,090,000 hectolitres en 1882), que Ton cultive surtout dans la

Fig. lis. — Carte de la production des légumes par département (1)

Nièvre, le Pas-de-Calais, la Seine-Inférieure, le Doubs, Seine-et- Oise, Jadis les légumes secs étaient seuls Tobjet d*un commerce important et lointain. 2* Les légumes frais, pois, choux, carottes, oignons, navets, salades, asperges, artichauts, melons, etc., dont la plus grande partie sert à Talimentation de la famille et dont lautre partie, étant destinée au commerce et devant être consommée peu de temps après la récolte, était surtout produite autrefois dans le voisinage du marché et avait donné naissance à la culture maraîchère près des grandes villes (2). Quelques localités avaient et ont encore une renommée particulière ; pois de Cla-

(1) Lft statistique de 1882 ne réunissant pas dans un même total toutes les caitures de légumes, nous avons dressé la carte d'après la statistique de 186^ ; la répartition a d'ailleurs peu changé.

V^) On compte plus de 1,100 maraîchers dans Paris et la banlieue.

LA rRAfiCX. H' — S

mart, navets de Freneuse, carottes de Crécy. Aujourd'hui, les chemins de fer permettent de cultiver les légumes frais au loin. La statistique de 1882 évalue à 900 millions de francs le produit

des 430,000 hectares (dont 340,000 pour la consommation de la famille et 90,000 pour le commerce) consacrés à cette culture (fig. 122). La Flandre, V Artois, la Picardie, avec Roye^ Amiens, etc. ; Vlte-de-

France, avec SoissanSy Senlis, Compiègne^ et surtout Paris; la Tottraine, les environs A' Orléans et de Nantes, la Sarthe, etc., en fournissent beaucoup. Les primeurs de la Vendée {Niort, etc.) et du Midi {Bordeaux, Montauban, Avignon, Vaucluse, Roussillon, etc.), les légumes (choux-fleurs, artichauts, etc.) des maraîchers de V Anjou, de làBretagne {Roscoff, etc.), des environsde Cherbourg, etc., approvisionnent Paris (v. p. 70 et 71, le tabl. du rendement par dép.). 21.3. lia beiterftTe. — Les plantes industrielles, nous Tavons déjà' dit, sont le cachet d'une culture perfectionnée : c'est pour-

Fig. 1S4. — Carte de la production des betterares par départemeut.

«luoi elles se rencontrent surtout dans nos dép. du nord (v. p. 70 et 71).

Les principales sont la betterave, le lin, le chanvre, le colza, Xœil^ lette, le tabac, la navette et le houblon (v. fîg. 123, qui indique la superficie et le rendement en 1885 de la culture industrielle, et la Og. 125 dont il faudrait décupler les surfaces pour les mettre à la même échelle que la fig. 123).

En première ligne, vient la betterave, qui n'est entrée qu'au XIX' siècle dans la pratique agricole. Elle veut une terre riche et une humidité suffisante ; elle nourrit le bétail, et fournil du sucre ou de l'alcool. L'hectare produit 30 à 40,000 quintaux de grosses betteraves valant environ 800 fr. et rendant 5 1/2 p. 100 de leur poids

en sucre (8 è 10 p. 100 avec les espèces employées depuis 1884) ou 24 hectolitres d*alcool et en outre 24 p. 100 de pulpe pour le bétail . On la cultive pour ce triple objet dans les dép. du Nord, de TAisne^ où on en abuse en épuisant certaines terres, du Pas-de-Calais, de la Somme, de l'Oise, des Ardennes, du Loiret, de Seine-et-Marne, de Seine-et'Oise et de Y Yonne (v. fig. 124 et 125). EHe s'est propagée aussi dans la Seine-Inférieure, YEure, Eure-et-Loir. On la trouve aussi, mais presque exclusivement comme plante fourragère, dans certaines parties de la Bretagne, dans l^Càte-d'Or, le Puy-de- Dôme, la Marne, dans Saône-et-Loire et dans la Dordogne. Elle se

Culture de la Betterave à aucre

Suparficio MutUtre- d 'Aociarcs

Superficie

Rendement

Rendement

Valeur

Valeur Xdmêfiùnèàf^earrél

Fig. 125. — Superficie et rendemeat de la callore des betteraves à sucre en t8S5.

plaît mieux dans le nord que dans le midi où elle est moins sucrée. Cette culture a fait de considérables progrès; en 1840, elle n'occupait que 58,000 hectares; elle en couvrait 530,000 en 1886, dont 317,000 pour les betteraves fourragères et 213,000 pour les betteraves à sucre. La production est très variable d'une année à l'autre (en 1885, 73 millions de quintaux de betteraves fourragères et 55 de betteraves èi sucre; en 1886, 81 de betteraves fourragères et 69 de betteraves à sucre). Cette excellente culture nettoie la terre à cause des façons qu'elle exige et permet, & l'aide des pulpes provenant des sucreries et des distilleries et riches en azote, de nourrir un nom-

breux bétail, et, par conséquent, de fumer abondamment les terres à blé.

â{4. Les plantes textiles. — Les plantes textiles, en France, sont le chanvre et le lin. Elles occupaient, d'après Tenquète de 1882, 107,600 hectares et rendaient 450,000 quintaux de filasse de chanvre, 300,000 de filasse de lin, 329,000 hectol. de graines de chanvre et i52,000 de graines de lin. Cette culture a diminué depuis cinquante ans de plus du tiers, parce que le tissage domestique a lui-même beaucoup diminué, et que Timporlation approvisionne en lin et en chanvre le marché qui, à cause de la concurrence du coton, n'a pas gagné en importance.

Le chanvre est une plante d'une hauteur de 2 m. environ qui se sème en général en mai et se récolte trois ou quatre mois après; il vient dans les terrains riches, profonds et frais, bien fumés ; c'est une véritable culture jardinière. Il est cultivé dans presque toutes les contrées, surtout dans l'oiiest de la France; l'Anjou, le Haine, la Touraine, la Bretagne, le Perche et le Cotenlin sont au premier rang ; le Poitou et les Charentes en fournissent beaucoup, ainsi que la Picardie^ dont le chanvre est particulièrement estimé. En première ligne, vient encore le Graisivaudan (Isère); puis, en seconde ligne, la Zorrame, la Bourgogne, le Berri, la Limagne (Puy-de-Dôme), le Rouergue, le Quercy et le bassin de ta Garonne [Aveyron, Lot, Tarn et Lot-^et-Garonne). Le chanvre donne deux produits, la graine ou chènevis, dont on fait de l'huile, et la tige, dont les fibres fournissent la filasse. Ce dernier produit, que Ton obtient par diverses manipulations, rouissage, teillage ou broyage et peignage, est de beaucoup le plus important (v., p. 70 el 71, le tabl. du rendement par dép. et la fig. 126).

Le lin n'atteint guère que 0^^,60 de hauteur; il donne la graine de lin, dont on use en médecine et avec laquelle on fait de l'huile, et une filasse, plus fine que celle du chanvre, qu'on soumet aux mêmes préparations. Il veut une terre riche, bien préparée et préfère les climats humides. Aussi est-il cultivé surtout dans la partie occidentale et septentrionale de la France (fig. 127). C'est dans la région du nord, Flandre (où le lin de la vallée de la Lys jouissait d'une très ancienne renommée)^ Artois, Picardie, que cette culture donne les produits les plus abondants, quoique la quantité en soit bien réduite; on la pratique aussi avec succès dans les environs de Paris (Seine-et-Marne et Seine-et-Oise), où le lin a quelquefois remplacé le colza ; dans VEure (arrondissements d^Bernay etdePon^A//rfewe7•),dans la Bretagne [Finistèrey Côtes-

Production des cultures industrielles par département en 4886 {/).

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